L'Hypnose pour le Réflexe Nauséeux (Gag Reflex)

Le miroir du dentiste approche, et votre gorge se serre avant même qu'il touche quoi que ce soit. Une prise d'empreinte, une radio, parfois une simple brosse à dents posée un peu loin suffit.

Vous ouvrez la bouche, l'instrument entre, et le corps décide à votre place. La gorge se contracte, les yeux pleurent, vous repoussez la main du dentiste sans l'avoir voulu. Vous vous excusez, un peu honteux, alors que vous n'y êtes pour rien.

Avec le temps, c'est souvent l'attente qui devient le plus difficile. Le rendez-vous est dans trois jours et vous y pensez déjà. Certaines personnes repoussent leurs soins pendant des années, et c'est rarement par négligence.

Ce que vous vivez est fréquent, et ce n'est ni de la mauvaise volonté ni un manque de courage : c'est un réflexe de protection, le réflexe nauséeux ou gag reflex, qui se déclenche trop tôt et trop fort. Et un réflexe, cela se travaille.

Un fauteuil de dentiste vide dans un cabinet blanc et lumineux

Parlez-en d'abord à votre dentiste ou à votre médecin.

Si vos haut-le-cœur sont apparus récemment ou s'aggravent, ils méritent d'être évalués : une irritation de la gorge, un écoulement nasal, des remontées acides ou une prothèse mal ajustée peuvent les favoriser.

Si vous avez du mal à avaler, si vous vous étouffez en mangeant ou si vous perdez du poids, consultez un médecin sans attendre : ces éléments ne relèvent pas de l'hypnose.

Et si un médicament vous paraît impossible à avaler, n'arrêtez pas de le prendre de vous-même : votre pharmacien peut souvent proposer une autre forme. Toute décision concernant un traitement appartient exclusivement au médecin qui vous l'a prescrit.

Qu'est-ce que le Réflexe Nauséeux ?

Le réflexe nauséeux, que l'on appelle souvent gag reflex au Québec, est un mécanisme de défense involontaire qui protège la gorge et les voies respiratoires contre les corps étrangers et prévient l'étouffement. C'est la définition qu'en donne la revue Cochrane consacrée à sa prise en charge chez le dentiste. Le problème n'est donc pas d'avoir ce réflexe, mais qu'il se déclenche de façon exagérée.

Il a deux composantes, et elles s'entremêlent. La première est physique : un contact au fond de la bouche, sur la langue ou le palais déclenche la contraction. La seconde est psychologique : l'idée du contact, l'odeur du cabinet, la vue d'un instrument ou le souvenir d'une mauvaise expérience peuvent suffire à la provoquer, avant tout contact. Chez beaucoup de personnes, la seconde pèse plus lourd que la première.

Il n'a rien de rare. Dans une enquête néerlandaise portant sur 11 771 personnes, environ 8 % déclaraient avoir des haut-le-cœur pendant leurs soins dentaires. Dans une étude américaine menée auprès de 478 personnes, plus de la moitié en avaient déjà eu au moins une fois chez le dentiste, et 7,5 % presque toujours ou toujours.

Les deux études relèvent le même lien : plus les haut-le-cœur sont fréquents, plus la peur des soins dentaires est élevée. L'étude américaine ne permet pas de dire lequel des deux vient en premier, et c'est sans doute qu'ils se nourrissent l'un l'autre.

Ce n'est pas la même chose que la peur de vomir

Le réflexe nauséeux est une réaction de la gorge à un contact ou à son anticipation. L'émétophobie est une peur du vomissement lui-même, qui organise souvent la vie bien au-delà du cabinet dentaire. Si vous vous reconnaissez davantage dans la seconde, notre page L'Hypnose pour l'Émétophobie (Peur de Vomir) lui est consacrée.

Ce n'est pas non plus une phobie du dentiste, même si les deux vont souvent ensemble. On peut n'avoir aucune crainte de la douleur ou de l'aiguille et redouter uniquement la prise d'empreinte. Si c'est le rendez-vous lui-même qui vous fait peur, voyez L'Hypnose pour la Peur du Dentiste. Le sujet général des peurs est traité sur L'Hypnose pour les Peurs et les Phobies.

L'impact du Réflexe Nauséeux au quotidien

Un flacon blanc et trois gélules posés sur un fond beige

Le gag reflex ne s'arrête pas toujours à la porte du cabinet. Il peut se manifester en vous brossant les dents du fond, en avalant un comprimé ou une gélule, en portant un appareil, une gouttière ou une prothèse dentaire, pendant un prélèvement dans la gorge ou un examen chez le médecin. Certaines personnes choisissent leur brosse à dents en fonction de ce qu'elles supportent, coupent leurs comprimés en morceaux ou repoussent un examen. Et il y a la gêne, celle qu'on ne dit pas parce qu'on a peur qu'elle fasse sourire.

Le premier coût reste dentaire, et il est concret. Une prise d'empreinte qui échoue, une radio à recommencer, un soin interrompu, un détartrage écourté. L'enquête néerlandaise citée plus haut associe les haut-le-cœur à davantage de caries non soignées, de saignements des gencives et de port de prothèses complètes. Ce n'est pas que les personnes concernées vont moins chez le dentiste : elles y vont aussi souvent, mais les soins y sont plus difficiles à mener.

Le deuxième coût est l'anticipation. Plus vous redoutez le haut-le-cœur, plus votre attention se fixe sur votre gorge, et plus il se déclenche facilement. Dans la salle d'attente, vous avalez votre salive en surveillant chaque sensation. C'est ce cercle, bien plus que le contact lui-même, qui finit souvent par faire repousser les rendez-vous.

Les approches reconnues en dehors de l'Hypnose

Le point d'entrée est votre dentiste. Dites-lui dès le début que vous êtes sujet aux haut-le-cœur : c'est une situation qu'il connaît, et beaucoup de choses s'adaptent quand on le sait.

  • Des ajustements dans la façon de travailler : position du fauteuil, instruments plus petits, pauses convenues à l'avance, signal de la main pour interrompre, matériaux d'empreinte qui durcissent vite ou empreinte numérique.
  • Une anesthésie locale de surface, en vaporisateur ou en gel, quand le dentiste la juge indiquée.
  • Une sédation, pour des soins plus longs, décidée et encadrée par un professionnel de la santé.
  • L'acupression ou l'acupuncture au point P6, sur l'avant-bras : ce sont les seules approches pour lesquelles la revue Cochrane a trouvé des essais, et leurs résultats restent de très faible certitude.
  • Un accompagnement par un psychologue, notamment en thérapie cognitive et comportementale, quand la peur des soins dentaires domine.

L'hypnose se place en complément de ces approches.

L'Hypnose pour le Réflexe Nauséeux : objectifs et bénéfices

Commençons par ce que l'hypnose ne fait pas.

Elle ne supprime pas le réflexe nauséeux, qui est utile et doit rester : il vous protège de l'étouffement. Elle ne remplace ni un examen dentaire ou médical, ni une anesthésie, ni une sédation quand celles-ci sont indiquées. Elle ne règle pas une cause physique, comme des remontées acides ou une prothèse qui blesse. Et personne ne peut vous garantir qu'un soin se passera sans aucun haut-le-cœur.

Ce qu'un accompagnement vise

  • Réduire l'anticipation. C'est souvent le levier principal : apaiser les jours qui précèdent le rendez-vous et les minutes dans la salle d'attente, là où le réflexe commence déjà à se préparer.
  • Déplacer l'attention. Le réflexe se renforce quand vous surveillez votre gorge. Apprendre à porter votre attention ailleurs, sur la respiration, sur une sensation agréable, sur une image choisie, aide à desserrer cette vigilance.
  • Associer un relâchement à la bouche et à la gorge, par un ancrage : un geste ou un mot associé à un état de calme, que vous pouvez utiliser dans le fauteuil.
  • Répéter le soin en imagination. Parcourir mentalement le rendez-vous, du moment où vous vous asseyez jusqu'à la fin, dans un état détendu, pour que la situation réelle soit déjà familière.
  • Revenir sur une mauvaise expérience, quand le réflexe s'est installé après un soin difficile, souvent dans l'enfance.

L'autohypnose fait partie du travail. Un exercice court, à pratiquer à la maison puis juste avant le rendez-vous, et même pendant le soin si votre dentiste vous laisse quelques secondes.

Ce que dit la recherche

Il faut être clair : les preuves sont minces, pour l'hypnose comme pour presque tout le reste. La revue Cochrane, mise à jour en 2019, a examiné les médicaments, la sédation, l'anesthésie, les thérapies comportementales, l'acupression, l'acupuncture, le laser et les dispositifs prothétiques. Elle n'a retenu que quatre essais, 328 participants au total, tous sur le point P6, avec des preuves de très faible certitude, et aucune donnée exploitable sur les autres approches, hypnose comprise. Ses auteurs concluent qu'il faut des essais mieux conçus.

Sur l'hypnose, la littérature se résume à des cas publiés. Le plus détaillé décrit un homme qui avait évité le dentiste pendant neuf ans à cause de ses haut-le-cœur : après trois séances d'hypnose, il a pu recevoir un traitement de canal. C'est un cas, pas une démonstration, et ses auteurs le présentent comme tel.

Ce que nous en retenons pour notre pratique. L'hypnose n'est pas une réponse prouvée au réflexe nauséeux. Elle peut, au mieux, aider à aborder un soin évité depuis longtemps et à réduire la part d'anticipation qui amplifie le réflexe, à côté de ce que votre dentiste met en place.

Un exemple d'accompagnement

Exemple illustratif. Le prénom est modifié et le cheminement décrit n'engage que la personne qui l'a vécu.

Une femme souriante assise dans le fauteuil, qui discute avec son dentiste avant le soin

Nathalie avait une couronne à faire poser et deux rendez-vous déjà annulés. Elle ne craignait ni la douleur ni l'aiguille : c'était la prise d'empreinte. La dernière fois, elle avait retiré le porte-empreinte de sa bouche au bout de quelques secondes, et elle en gardait un souvenir humiliant. Le travail a d'abord porté sur la semaine qui précédait le rendez-vous, où elle sentait déjà sa gorge se serrer en y pensant, puis sur un ancrage : la main gauche posée à plat sur la cuisse, associée à une respiration lente par le nez.

Elle a répété la séance en imagination, chez elle, plusieurs soirs de suite. Elle avait aussi prévenu son dentiste, qui a convenu avec elle d'un signal pour faire une pause.

« J'ai eu un haut-le-cœur pendant l'empreinte. Un seul, et je l'ai laissé passer. Ce qui avait changé, c'est que je ne me suis pas sentie emportée. »

Nathalie, prénom modifié

Chaque situation est différente, et le cheminement de Nathalie ne préjuge en rien de ce que vous vivrez.

Le déroulement d'une séance d'Hypnose sur ce sujet

L'entretien. Nous commençons par comprendre ce qui déclenche vos haut-le-cœur : le contact, l'anticipation, une situation précise. Nous vérifions aussi que votre dentiste est au courant et qu'aucune cause physique n'a été laissée de côté.

L'objectif, formulé ensemble et volontairement modeste. Par exemple : rester dans le fauteuil pendant une radio, ou aborder une prise d'empreinte avec un geste de calme à portée de main.

L'induction. Un état naturel d'attention focalisée, que vous connaissez déjà sans le nommer. Vous restez conscient, vous entendez tout, vous pouvez parler et vous arrêter quand vous le souhaitez.

Le travail. Sur ce sujet, il porte sur l'anticipation, sur le déplacement de l'attention hors de la gorge, sur un ancrage de relâchement et sur la répétition du soin en imagination.

Le retour et l'exercice. Un échange sur ce que vous avez vécu, et un exercice d'autohypnose court à pratiquer chez vous et avant le rendez-vous. Il est utile de prévoir la séance quelques jours avant le soin, pour avoir le temps de pratiquer.

Le nombre de séances se définit lors du premier entretien.

Prendre rendez-vous

Deux fauteuils face à face dans un bureau clair de Solutions Hypnose

L'hypnose vient en complément du suivi de votre dentiste, jamais à sa place. Si vous avez un soin prévu, dites-le dès le premier contact : la date du rendez-vous aide à organiser le travail, et il vaut mieux se laisser le temps de pratiquer l'exercice avant le jour J. Le premier entretien sert aussi à vérifier qu'aucune cause physique n'a été laissée de côté : si vos haut-le-cœur sont récents ou s'aggravent, nous vous orienterons d'abord vers votre dentiste ou votre médecin.

En visioconférence, où que vous soyez dans le monde : ce travail repose surtout sur l'anticipation et l'autohypnose, qui s'apprennent aussi bien à distance. Le mode d'emploi est ici. En cabinet, nos praticiens reçoivent à Montréal, Québec, Laval, Sherbrooke, Gatineau, Paris, Lille, Montpellier, Strasbourg et Casablanca.

Une question avant de vous décider ? Écrivez-nous en décrivant votre situation.

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L'hypnose telle que pratiquée par les membres de Solutions Hypnose est une approche d'accompagnement complémentaire. Elle ne constitue ni un acte médical, ni un diagnostic, ni une psychothérapie au sens réglementaire, et elle ne remplace en aucun cas une consultation, un suivi ou un traitement prescrit par un professionnel de la santé.

Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles mentaux ou les maladies. Ils ne demandent jamais l'arrêt ou la modification d'un traitement en cours : cette décision relève exclusivement de votre médecin.

Aucun résultat ne peut être garanti. Les témoignages et exemples présentés sur cette page décrivent des expériences individuelles et ne préjugent pas de ce que vous vivrez.

En cas de détresse importante, de symptômes physiques inexpliqués ou de pensées suicidaires, contactez sans délai un médecin, les services d'urgence ou une ligne d'aide.

Nuria Pérez de León

Page rédigée par Nuria Pérez de León
hypnothérapeute et coach PNL
partenaire de Solutions Hypnose.
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