L'Hypnose pour la Ménopause
Trois heures du matin. Vous vous réveillez trempée, vous repoussez la couette, et vingt minutes plus tard vous avez froid. C'est la deuxième fois cette nuit. Demain il y a cette réunion, et vous savez déjà dans quel état vous l'aborderez.
Une étape naturelle peut être difficile à traverser, et le dire n'est pas se plaindre.
Ce que l'on vit quand la ménopause s'installe
Le jour, ce sont les vagues qui montent sans prévenir, souvent au pire moment, et cette gymnastique devenue automatique : le gilet qu'on retire discrètement, la place près de la fenêtre, le verre d'eau glacée.
Il y a aussi l'agacement qui vient plus vite qu'avant, le mot qui manque en pleine phrase, et cette impression de ne pas tout à fait se reconnaître.
Et puis il y a ce que l'on entend : que c'est normal, que ça passera, que toutes les femmes y passent. C'est vrai, et cela ne règle rien.
Qu'est-ce que la ménopause ?
La ménopause est une étape de la vie, pas une maladie. Elle correspond à l'arrêt du fonctionnement ovarien, et elle se constate rétrospectivement : on parle de ménopause après douze mois consécutifs sans règles.
Les termes voisins désignent des moments différents, et la confusion entretient beaucoup de malentendus.
- La périménopause, parfois appelée préménopause, est la phase de transition qui précède. Les cycles deviennent irréguliers, les hormones fluctuent, et les premiers symptômes peuvent apparaître alors que les règles sont toujours présentes. Elle peut durer plusieurs années, et nous lui consacrons une page entière : L'Hypnose pour la Périménopause.
- La ménopause est le point de repère : douze mois sans règles.
- La postménopause est tout ce qui suit. Les symptômes s'atténuent avec le temps chez la plupart des femmes, mais ils persistent longtemps chez certaines.
- La ménopause précoce survient avant quarante-cinq ans, et l'insuffisance ovarienne prématurée avant quarante ans. Ces situations demandent un suivi médical spécifique.
- La ménopause induite fait suite à une chirurgie ou à certains traitements. Elle arrive souvent brutalement, sans phase de transition, ce qui la rend plus difficile à traverser.
Les manifestations les plus fréquentes sont les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, les réveils et les difficultés de sommeil, la fatigue, les variations d'humeur et d'irritabilité, la sécheresse vaginale et les changements du désir, ainsi que des douleurs articulaires. Elles varient énormément d'une femme à l'autre : certaines les remarquent à peine, d'autres en sont profondément affectées pendant des années.
Quand consulter sans attendre.
Un saignement survenant après la ménopause, c'est-à-dire après douze mois d'arrêt des règles, doit toujours être exploré par un médecin. Consultez également en cas de saignements très abondants ou très rapprochés pendant la transition, de symptômes apparaissant avant quarante-cinq ans, ou de douleurs inhabituelles.
Le traitement hormonal de la ménopause et les traitements non hormonaux sur ordonnance relèvent d'une décision médicale prise avec vous : toute décision concernant votre traitement appartient exclusivement au médecin qui vous l'a prescrit.
L'impact de la ménopause au quotidien

Ce qui use, souvent, n'est pas le symptôme isolé : c'est son accumulation et son imprévisibilité. Le sommeil arrive en premier. Des nuits hachées par les sueurs installent une fatigue de fond qui colore tout le reste, et c'est elle, plus que les hormones, qui explique une bonne partie de l'irritabilité et des difficultés de concentration. Le sujet est développé sur notre page L'Hypnose pour les Troubles du Sommeil.
Il y a le travail, où la bouffée arrive pendant l'entretien et où l'on redoute d'être vue en train de rougir et de transpirer. Il y a la vie sociale, avec l'anticipation permanente : quelle tenue, quelle place dans la pièce, quelle sortie on décline. Il y a la vie intime, entre inconfort physique et changements du désir, sujet traité sur notre page L'Hypnose pour la Sexualité Féminine. Et il y a l'entourage, qui minimise sans mauvaise intention, ce qui ajoute le sentiment de ne pas être prise au sérieux.
Les approches reconnues en dehors de l'hypnose
Le point d'entrée, c'est votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme. Beaucoup de femmes n'en parlent pas, faute de savoir que des options existent.
- Le traitement hormonal de la ménopause reste, selon les sociétés savantes, l'option de référence sur les bouffées de chaleur. Il n'est pas adapté à toutes les situations et se discute au cas par cas, avec une réévaluation régulière.
- Les traitements non hormonaux sur ordonnance, utiles notamment lorsque le traitement hormonal est contre-indiqué.
- Les traitements locaux pour la sécheresse et l'inconfort intime, très souvent négligés faute d'oser en parler.
- Les thérapies cognitives et comportementales, qui figurent dans les mêmes recommandations que l'hypnose.
- L'activité physique et le suivi du poids, dont l'apport global sur la santé de cette période est établi, même si leur effet propre sur les bouffées de chaleur est plus discuté.
- Un professionnel du sommeil, quand les nuits sont durablement atteintes.
L'hypnose se place en complément de ces approches, sur le versant de la perception des symptômes et du vécu de cette période.
Ce qu'un accompagnement en hypnose peut viser
Commençons par ce que l'hypnose ne fait pas.
Elle n'agit pas sur vos hormones et ne modifie pas le déroulement de la ménopause. Elle ne remplace ni un avis médical, ni un traitement hormonal, ni un traitement local. Elle n'a aucun effet sur les enjeux de santé à long terme de cette période, comme la santé osseuse ou cardiovasculaire, qui relèvent de votre médecin. Et elle ne garantit aucun résultat, même sur les points où les données sont favorables.
Ce qu'un accompagnement vise :
- Réduire la fréquence et l'intensité ressenties des bouffées de chaleur, par un travail de suggestion et d'imagerie de fraîcheur, complété par un exercice quotidien d'autohypnose. C'est le protocole utilisé dans les essais cliniques.
- Désamorcer la boucle anxiété-bouffée. La crainte de la bouffée en public augmente la tension, qui augmente l'inconfort et le sentiment d'être exposée. Travailler cette anticipation change souvent le vécu avant même de changer la fréquence.
- Améliorer l'installation du sommeil et la façon de se rendormir après un réveil nocturne.
- Apaiser l'irritabilité et les variations d'humeur, en lien avec notre page L'Hypnose pour la Gestion du Stress et de l'Anxiété.
- Accompagner le changement de regard sur soi. Cette période touche l'image du corps, le sentiment de séduction et parfois l'identité. Le sujet recoupe notre page L'Hypnose pour la Confiance en Soi.
Ce que dit la recherche
C'est le sujet du site sur lequel les données sont les plus favorables à l'hypnose, et cela mérite d'être dit précisément.
En 2023, la Menopause Society, alors North American Menopause Society, a publié sa prise de position sur les approches non hormonales. L'hypnose clinique y figure parmi les options recommandées pour les bouffées de chaleur, au niveau de preuve le plus élevé retenu par le panel, aux côtés des thérapies cognitives et comportementales et de plusieurs médicaments. En octobre 2025, la norme de qualité de Santé Ontario retient les deux mêmes approches non pharmacologiques, cette fois en français.
La même revue de la littérature ne retient pas un grand nombre d'approches populaires : l'acupuncture, le yoga, les interventions de pleine conscience et la relaxation, faute de données suffisantes ; la respiration contrôlée ainsi que les compléments et remèdes à base de plantes, pour lesquels les essais disponibles ne montrent pas de bénéfice. Cela ne signifie pas que ces pratiques soient sans intérêt pour votre bien-être général, mais que les études ne montrent pas d'effet propre sur les bouffées de chaleur.
Cette recommandation s'appuie notamment sur un essai randomisé conduit à l'Université Baylor, publié en 2013 dans la revue *Menopause*, auprès de 187 femmes ayant au moins cinquante bouffées de chaleur par semaine. Elles recevaient cinq séances hebdomadaires et pratiquaient l'autohypnose chaque jour. Le groupe témoin n'était pas laissé sans rien : il recevait le même nombre de séances avec un clinicien, sans l'induction hypnotique ni les suggestions de fraîcheur. À douze semaines, soit environ sept semaines après la dernière séance, les femmes du groupe hypnose rapportaient 74 % de bouffées de chaleur en moins, contre 17 % dans le groupe de comparaison. L'essai ne publie pas de suivi au-delà de cette date.
Trois précisions comptent autant que le résultat.
- La recommandation porte sur les bouffées de chaleur, pas sur la ménopause dans son ensemble. Sur l'humeur, la libido ou la fatigue, les données sont beaucoup plus minces.
- Le traitement hormonal reste l'option de référence sur ces symptômes, et la même société savante le rappelle dès son introduction et de nouveau en conclusion. L'hypnose intéresse d'abord les femmes pour qui il est contre-indiqué, notamment après certains cancers, ou qui préfèrent ne pas y recourir.
- Un essai plus récent invite à la mesure. Publié en novembre 2025, il portait sur 250 femmes et comparait une hypnose pratiquée seule, à partir de fichiers audio et sans praticien, à un enregistrement placebo construit pour être aussi crédible. Les deux groupes se sont améliorés. À six semaines, l'avantage allait à l'hypnose, 53 % de réduction contre 41 %, mais à douze semaines l'écart n'était plus démontrable avec certitude. Deux choses le distinguent de l'essai de 2013 : la comparaison est plus exigeante, et l'accompagnement par un praticien y est remplacé par un enregistrement.
Un exemple d'accompagnement : le cas de Valérie

Valérie consultait pour des bouffées de chaleur fréquentes et des nuits hachées qui commençaient à peser sur son travail. Elle avait vu son médecin, discuté des options, et cherchait un appui complémentaire. Le travail a porté sur deux axes : un exercice d'imagerie de fraîcheur, répété chez elle chaque jour, et l'anticipation des situations où la bouffée était le plus redoutée, en réunion notamment.
> « Mes nuits sont redevenues plus paisibles, et j'avais l'impression que mes bouffées de chaleur étaient moins fréquentes. Ou peut-être que j'y étais juste moins sensible. » > Valérie, prénom modifié
Cette dernière phrase est la plus juste de tout ce texte, et nous la laissons telle quelle. Sur ce sujet, la frontière entre ce qui diminue et ce qui dérange moins est mince, et elle n'a pas beaucoup d'importance quand on vit mieux.
*Chaque situation est différente. Le cheminement de Valérie lui appartient et ne préjuge en rien de ce que vous vivrez.*
Le déroulement d'une séance sur ce sujet
L'entretien. Où vous en êtes de cette transition, quels symptômes vous gênent le plus, votre sommeil, votre suivi médical et vos traitements en cours. Nous vous demanderons si vous avez consulté, et nous vous encouragerons à le faire si ce n'est pas encore fait : plusieurs options existent que nous ne remplaçons pas.
L'objectif. Formulé ensemble et hiérarchisé, car tout ne se travaille pas en même temps. Le plus souvent, les nuits d'abord, parce que le reste s'allège quand elles s'améliorent.
L'induction. Un état naturel d'attention focalisée que vous connaissez déjà sans le nommer. Vous restez consciente, vous entendez tout, vous pouvez parler et vous arrêter quand vous le souhaitez.
Le travail. Sur ce sujet, il s'appuie largement sur l'imagerie de fraîcheur utilisée dans les essais cliniques, sur la préparation des situations redoutées, et sur le vécu plus large de cette période lorsque vous souhaitez l'aborder.
Le retour et l'exercice. Un échange sur ce que vous avez vécu, et un exercice d'autohypnose à emporter. Ce point est important ici plus qu'ailleurs : dans les travaux disponibles, la pratique quotidienne à la maison fait partie intégrante du protocole.
Le nombre de séances se définit lors du premier entretien. Les rencontres fonctionnent en cabinet comme en visioconférence.
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Le premier entretien sert à déterminer si l'hypnose est la bonne ressource pour votre situation, et une réponse claire, y compris « voyez d'abord votre médecin », fait partie du travail. Posez-nous une question ou prenez rendez-vous. Toute l'équipe de Solutions Hypnose reçoit à Montréal, Québec, Laval, Sherbrooke, Gatineau, Paris, Lille, Montpellier, Strasbourg et Casablanca, et par vidéo où que vous soyez dans le monde. Le nombre de séances se définit lors du premier entretien.
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Questions fréquentes sur l'Hypnose pour la Ménopause
C'est le point sur lequel les données sont les plus solides. L'hypnose clinique figure parmi les approches non hormonales recommandées par la Menopause Society en 2023, au niveau de preuve le plus élevé retenu par le panel, et la norme de qualité de Santé Ontario d'octobre 2025 la retient également. Cela ne permet de garantir aucun résultat individuel, et le traitement hormonal reste l'option de référence pour celles à qui il convient.
C'est une situation fréquente parmi les personnes qui nous consultent, et elle a fait l'objet de travaux : un essai a porté spécifiquement sur soixante femmes ayant survécu à un cancer du sein, et un essai plus récent en comptait une sur quatre. Parlez-en à l'équipe qui vous suit, qui reste votre interlocutrice principale, et dites-nous où vous en êtes lors du premier entretien.
Non, absolument pas, et nous ne vous le demanderons jamais. Les deux se combinent sans difficulté. Toute décision concernant votre traitement appartient exclusivement au médecin qui vous l'a prescrit.
Non. L'état hypnotique est un état d'attention focalisée, pas un sommeil ni une mise sous influence : les travaux disponibles ne montrent pas de perte de contrôle sur ses propres actes. Vous restez consciente, vous entendez tout, et vous gardez à tout moment la capacité de refuser une suggestion, de parler ou d'interrompre la séance.
La psychothérapie est un cadre réglementé, exercé par des professionnels dont le titre est protégé, et qui peut porter sur l'ensemble du fonctionnement psychique et sur des troubles constitués. L'hypnose telle que nous la pratiquons est un accompagnement plus circonscrit, centré sur un objectif précis. Sur les bouffées de chaleur, les recommandations nord-américaines de 2023 classent les thérapies cognitives et comportementales et l'hypnose clinique au même échelon de preuve. Ce sont deux démarches distinctes, exercées dans des cadres différents, et rien n'empêche de faire les deux.
En partie. Les symptômes se recoupent, et le travail sur le sommeil, l'anticipation et l'humeur est le même. Mais votre situation a ses propres questions, à commencer par le suivi des cycles irréguliers et la contraception, qui restent d'actualité. Nous lui consacrons une page entière, L'Hypnose pour la Périménopause. Parlez-en à votre médecin, et dites-nous où vous en êtes.
C'est préférable, et cela ne pose aucun problème. L'hypnose n'interfère avec aucun traitement, et un médecin informé de l'ensemble de ce que vous faites vous suit mieux.
Le nombre de séances se définit lors du premier entretien. À titre indicatif, les protocoles étudiés en recherche comportaient un petit nombre de séances hebdomadaires accompagnées d'une pratique quotidienne à la maison, mais votre situation se précise lors de la première rencontre.
Sources et références
- Santé Ontario, *Ménopause : soins aux femmes et aux personnes de genres divers*, norme de qualité, octobre 2025 : la référence francophone la plus récente, qui retient l'hypnose clinique et les thérapies cognitives et comportementales parmi les options non pharmacologiques.
- Santé Ontario, *Ménopause : un guide pour les femmes et les personnes de genres divers*, octobre 2025 : la version destinée aux patientes.
- Shufelt C. L. et coll., *The 2023 nonhormone therapy position statement of The North American Menopause Society*, Menopause, 2023, 30(6), 573-590.
- Elkins G. R., Fisher W. I., Johnson A. K., Carpenter J. S., Keith T. Z., *Clinical hypnosis in the treatment of post-menopausal hot flashes: a randomized controlled trial*, Menopause, 2013, 20(3), 291-298.
- Elkins G. et coll., *Self-Administered Hypnosis vs Sham Hypnosis for Hot Flashes: A Randomized Clinical Trial*, JAMA Network Open, novembre 2025.
- Elkins G. et coll., *Randomized Trial of a Hypnosis Intervention for Treatment of Hot Flashes Among Breast Cancer Survivors*, Journal of Clinical Oncology, 2008, 26(31), 5022-5026.
L'hypnose telle que pratiquée par les membres de Solutions Hypnose est une approche d'accompagnement complémentaire. Elle ne constitue ni un acte médical, ni un diagnostic, ni une psychothérapie au sens réglementaire, et elle ne remplace en aucun cas une consultation, un suivi ou un traitement prescrit par un professionnel de la santé.
Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles mentaux ou les maladies. Ils ne demandent jamais l'arrêt ou la modification d'un traitement en cours : cette décision relève exclusivement de votre médecin.
Aucun résultat ne peut être garanti. Les témoignages et exemples présentés sur cette page décrivent des expériences individuelles et ne préjugent pas de ce que vous vivrez.
En cas de détresse importante, de symptômes physiques inexpliqués ou de pensées suicidaires, contactez sans délai un médecin, les services d'urgence ou une ligne d'aide.
Page rédigée par Sabine Chapuis
hypnothérapeute
partenaire de Solutions Hypnose.