L'Hypnose et la Peur de l'Eau chez l'Adulte

C'est l'été, et vous avez encore trouvé une raison. Il fait un peu frais, vous surveillez les affaires, vous venez de manger.

En réalité, vous êtes le seul adulte assis au bord — et vous avez développé, avec les années, un art consommé de l'excuse. Ce qui pèse le plus n'est pas l'eau : c'est ce qu'il faut déployer pour l'éviter sans que ça se voie, et la gêne d'avouer à quarante ans qu'on ne sait pas nager. Or c'est beaucoup plus fréquent qu'on ne l'imagine : en France, 16,3 % des 15-75 ans déclaraient ne pas savoir nager en 2016 — plus d'une personne sur sept.

Avant tout le reste, une règle de sécurité. Si vous ne savez pas nager, votre peur vous protège. Le travail sur l'appréhension n'a de sens que s'il vous conduit à apprendre à nager, jamais à la place.

C'est votre enfant qui a peur de l'eau ? Voyez plutôt la page qui lui est consacrée.

Bouée de sauvetage rouge flottant à la surface d'une piscine

La règle qui prime sur tout le reste

Si vous ne savez pas nager, votre peur vous protège. Perdre cette peur sans acquérir la compétence vous met en plus grand danger qu'aujourd'hui, pas moins.

Et le danger est plus grand chez l'adulte que chez l'enfant, pour une raison simple : personne ne vous surveille. On se baigne en vacances, dans un lac, depuis un bateau, parfois après un verre, sans maître-nageur à dix mètres. Les chiffres le disent sans ambiguïté : au Québec, moins de 1 % des noyades surviennent dans un lieu supervisé par un surveillant-sauveteur. Presque toutes les autres ont lieu là où il n'y a personne.

C'est pourquoi le bon objectif d'un accompagnement est souvent ailleurs que là où on l'attend : non pas être à l'aise dans l'eau, mais réussir à pousser la porte d'un cours de natation pour adultes. C'est un objectif atteignable, mesurable, et c'est ce que l'hypnose fait réellement bien.

Les règles de base, qui valent pour tout le monde et pas seulement pour vous. Se baigner en zone surveillée. Prévenir un proche, et ne jamais s'aventurer seul dans un secteur isolé — chez les adultes de 35 à 64 ans morts noyés au Québec, la personne était seule dans 57 % des cas. Pas d'alcool avant ni pendant la baignade : il était en cause dans 36 % des noyades de cette même tranche d'âge. Entrer progressivement dans l'eau, surtout si elle est froide ou si vous vous êtes exposé au soleil. Et connaître ses limites : la fatigue, le courant et la distance à la berge se sous-estiment très facilement. Si vous ne savez pas nager, ces règles ne sont pas des conseils, ce sont vos seules protections.

De quoi parle-t-on

L'aquaphobie regroupe des craintes assez différentes, et les distinguer aide à savoir sur quoi porter le travail.

Ne pas avoir pied. La plus fréquente. Certaines personnes nagent très bien tant qu'elles voient le fond.

Mettre la tête sous l'eau, ou l'eau dans le nez et les oreilles. Souvent une sensation plus qu'une peur.

La mer, avec le fond qu'on ne voit pas, les vagues qui poussent, les courants, et l'imagination qui fait le reste. Beaucoup de bons nageurs en piscine sont concernés, et ce n'est pas contradictoire : ce ne sont pas les mêmes repères.

Et la peur de se noyer, qui peut exister même à faible profondeur.

D'où ça vient

Parfois d'un événement précis : une chute, une immersion involontaire, une vague qui surprend.

Souvent d'une construction progressive, et le mécanisme s'auto-entretient : peur, évitement, soulagement immédiat, et confirmation envoyée au cerveau que l'eau était bien dangereuse. Plus on évite, plus la peur grandit — c'est le cercle qui fait de toute phobie une chose qui s'installe.

Parfois d'un héritage. Un parent mal à l'aise, des récits de famille, et le film qu'on a vu trop tôt : *Les Dents de la mer* revient très souvent en consultation.

Et souvent d'une sensation de perte de contrôle du corps : flotter ou couler, ne plus maîtriser sa respiration. On se crispe, ce qui aggrave tout, y compris la flottaison.

Deux situations qui relèvent d'ailleurs. Après un événement grave — quasi-noyade, noyade d'un proche, accident —, ce n'est plus seulement une phobie : il peut s'agir d'un trouble de stress post-traumatique, et il relève d'un psychologue. Les thérapies focalisées sur le traumatisme y sont recommandées en première intention : la thérapie cognitivo-comportementale centrée sur le traumatisme dispose des preuves les plus solides, et l'EMDR, reconnue par l'OMS depuis 2013, en est une autre forme. Ce sont des approches plus adaptées que la nôtre — dites-le-nous et nous vous orienterons. Et si vous faites des crises de panique dans l'eau ou à son approche, ou si la peur s'étend à d'autres situations, parlez-en à votre médecin. Nos hypnothérapeutes ne posent aucun diagnostic et n'évaluent aucun trouble.

Ce que ça coûte

Femme assise au bord d'une piscine, en sweat à capuche, sans se mettre à l'eau

Les vacances, choisies autrement, et les activités déclinées : bateau, plongée, canoë, parc aquatique avec les enfants. Le sport : la natation est l'une des rares activités sans impact articulaire, souvent recommandée, et elle reste inaccessible. Le rôle de parent, surtout — ne pas pouvoir accompagner son enfant dans l'eau, et parfois lui transmettre sa propre appréhension sans le vouloir. C'est le motif de consultation le plus fréquent chez les adultes, et le plus mobilisateur.

La honte, ensuite, et c'est ce dont on parle le moins. Beaucoup d'adultes n'ont jamais dit à personne qu'ils ne savent pas nager, et l'idée de s'inscrire à un cours leur paraît humiliante.

Et la sécurité, qui est l'essentiel. Ne pas savoir nager est un risque réel, et il ne diminue pas avec l'âge.

Ce qui existe, et qu'il faut connaître

Femme qui nage calmement dans un bassin peu profond

Les cours de natation pour adultes débutants sont la chose la plus utile de cette page. Ils existent presque partout, dans les piscines municipales, et ils sont remplis d'adultes exactement dans votre situation — c'est d'ailleurs la première surprise de ceux qui s'inscrivent. À Montréal, le premier niveau de natation adulte s'adresse d'ailleurs explicitement « aux personnes qui désirent vaincre leur peur de l'eau et s'initier à la natation ». S'y ajoutent les programmes dits d'aquaphobie, assumés comme tels par de nombreux centres nautiques : la piscine d'Angers, par exemple, inscrit à son catalogue un « cours Aqua Phobie adultes », décrit comme une approche douce et progressive dans un bassin adapté. Petit groupe, eau peu profonde, progression très lente, encadrants formés à cela précisément. Demandez à votre piscine : le mot « aquaphobie » ne surprend personne au guichet.

Et en France, il existe un dispositif gratuit, mais lisez bien la condition. « J'apprends à nager », porté par la Fédération française de natation, propose des stages d'au moins dix heures — aux enfants de 4 à 12 ans et aux adultes de plus de 45 ans seulement, en priorité dans les quartiers prioritaires et les zones de revitalisation rurale. Si vous avez trente ans, ce n'est pas pour vous : passez par la piscine municipale ou un club.

  • Un psychologue, notamment après un événement grave.
  • La thérapie d'exposition, approche de référence pour les phobies spécifiques : on remonte pas à pas une échelle qui part de ce qui angoisse le moins.
  • Et les règles de base rappelées plus haut, qui ne se négocient pas.

L'hypnose s'ajoute à cette liste, et le plus souvent en amont de ces démarches. Pas à leur place.

Ce que l'Hypnose peut apporter

Elle ne vous apprendra pas à nager. Elle ne remplace ni un maître-nageur, ni un psychologue quand la situation le demande. Elle ne garantit aucun résultat.

Ce qu'un accompagnement vise, très concrètement :

  • Vous permettre de vous inscrire. C'est souvent l'objectif réel, et il est loin d'être modeste : la marche la plus haute n'est pas l'eau, c'est la porte de la piscine, le vestiaire, le regard supposé des autres.
  • Casser le cercle de l'évitement, qui renforce la peur à chaque contournement.
  • Installer un ancrage de calme, utilisable au bord et dans l'eau.
  • Désamorcer un souvenir précis, quand il y en a un.
  • Travailler la crispation, qui est un vrai sujet physique : un corps tendu flotte moins bien, ce qui confirme la peur.
  • Préparer les étapes en imagination avant de les vivre : le vestiaire, les pieds, la taille, les épaules.
  • Tenir le programme jusqu'au bout, ce qui est probablement l'apport le plus sous-estimé. Beaucoup de gens s'inscrivent et abandonnent à la troisième séance.

La bonne façon de combiner

L'hypnose est utile avant un programme d'exposition en réel, puis pendant. La préparation mentale lève l'obstacle de l'inscription, et le suivi aide à ne pas abandonner.

Autrement dit, la séquence raisonnable est simple : l'hypnose pour oser, les cours de natation pour apprendre, l'hypnose pour tenir.

Ce que dit la recherche

Il n'existe pas d'étude portant spécifiquement sur l'hypnose et l'aquaphobie. L'approche la mieux documentée pour les phobies spécifiques reste l'exposition progressive — ce que fait précisément un bon programme en piscine.

Et il faut être clair sur le reste, parce que les deux sources ne disent pas la même chose. Une revue publiée dans *La Presse Médicale* en 2016 conclut que les données sont négatives ou insuffisantes pour établir l'efficacité de l'hypnose dans les troubles anxieux chroniques, phobies comprises. Une méta-analyse de 2019 réunissant dix-sept essais rapporte de son côté un effet moyen important sur l'anxiété — mais sur l'anxiété en général, pas sur les phobies spécifiques, et meilleur en complément d'autres approches qu'utilisée seule.

Ce que nous en retenons, et c'est la position de cette page : l'hypnose s'inscrit à côté d'un apprentissage, jamais à sa place. Nous faisons le point sur notre page que dit la science sur l'hypnose.

Un exemple d'accompagnement : le cas de Sophie

Femme souriante assise au bord d'un bassin, les pieds dans l'eau

Sophie (prénom modifié) raconte elle-même. « Rien que le bruit de l'eau dans la piscine chez des amis déclenchait un grand stress. J'avais honte de ne pas me baigner, je trouvais des excuses. Et quand mes enfants jouaient autour, ça tournait à la panique. En hypnose, j'ai travaillé surtout la détente et des images positives, pour arriver à rester calme quand mes enfants étaient autour d'une piscine, d'autant qu'eux savent nager. Puis à me tremper là où j'avais pied, ce qui a été une vraie victoire, et finalement du plaisir. Je n'en suis pas encore à apprendre vraiment à nager. On verra. »

Ce témoignage décrit une expérience individuelle. Il ne prédit celle de personne. Le rythme et les résultats varient, et aucun accompagnement ne peut garantir un résultat. *Publié avec l'accord écrit de Sophie, conservé au dossier.*

Le déroulement d'un accompagnement

L'entretien. Ce qui vous gêne exactement, savez-vous nager, avez-vous déjà essayé d'apprendre, et ce que vous voulez pouvoir faire. Cette dernière question oriente tout le reste.

Un objectif concret et prudent. Pas « ne plus avoir peur de l'eau », mais : m'inscrire au cours du mardi, entrer dans le petit bassin, tenir le programme jusqu'en juin, rester calme au bord pendant que mes enfants nagent.

L'induction, puis le travail lui-même : ancrage, préparation des étapes en imagination, travail sur la crispation, parfois sur un souvenir précis.

Le prolongement. Un exercice d'auto-hypnose, utilisable au bord du bassin le jour du cours — c'est souvent là qu'il sert le plus.

Combien de séances ? Cela se discute au premier entretien. Personne ne peut le savoir à l'avance.

Prendre rendez-vous

Deux fauteuils face à face dans un bureau clair de Solutions Hypnose

Dites-nous si vous savez nager ou non : cela change complètement la façon d'organiser le travail. Posez-nous votre question ou prenez rendez-vous. Où que vous soyez dans le monde, la consultation par vidéo convient particulièrement bien à ce sujet, puisque tout se passe en imagination et qu'aucune séance n'a lieu au bord d'un bassin — le mode d'emploi est ici. Et si c'est votre enfant qui a peur de l'eau, voyez notre page qui lui est consacrée : l'hypnose et la peur de l'eau chez l'enfant.

Où souhaitez-vous consulter ?

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Questions fréquentes sur l'Hypnose et la Peur de l'Eau chez l'Adulte

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Sources et références

Sur la capacité à nager des adultes

  • Pédrono, G., Richard, J.-B., & Thélot, B. (2017). *Capacité à nager des 15-75 ans de France métropolitaine. Analyse des données des Baromètres santé 2010 et 2016*. Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 18 — 16,3 % des 15-75 ans déclarent ne pas savoir nager, et 35,3 % chez les 65-75 ans.

Sur les noyades d'adultes

Sur les règles de baignade et l'apprentissage

Sur les phobies, le traumatisme et l'Hypnose

  • Phobies spécifiques et Trouble de stress post-traumatique — Manuel MSD, édition professionnelle. Sur le cycle anxiété-évitement et sur la place de la TCC centrée sur le traumatisme.
  • L'EMDR pour traiter le stress post-traumatique, vraiment ? — Inserm, Canal Détox, 2023.
  • Pelissolo, A. (2016). *Hypnosis for anxiety and phobic disorders: A review of clinical studies*. La Presse Médicale, 45(3), 284-290. Données négatives ou insuffisantes dans les troubles anxieux chroniques, phobies comprises.
  • Valentine, K. E., Milling, L. S., Clark, L. J., & Moriarty, C. L. (2019). *The Efficacy of Hypnosis as a Treatment for Anxiety: A Meta-Analysis*. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 67(3), 336-363. doi.org/10.1080/00207144.2019.1613863 — dix-sept essais, effet plus marqué en complément d'autres approches.

L'hypnose telle que pratiquée par les membres de Solutions Hypnose est une approche d'accompagnement complémentaire. Elle ne constitue ni un acte médical, ni un diagnostic, ni une psychothérapie au sens réglementaire, et elle ne remplace en aucun cas une consultation, un suivi ou un traitement prescrit par un professionnel de la santé.

Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles mentaux ou les maladies. Ils ne demandent jamais l'arrêt ou la modification d'un traitement en cours : cette décision relève exclusivement de votre médecin.

Aucun résultat ne peut être garanti. Les témoignages et exemples présentés sur cette page décrivent des expériences individuelles et ne préjugent pas de ce que vous vivrez.

En cas de détresse importante, de symptômes physiques inexpliqués ou de pensées suicidaires, contactez sans délai un médecin, les services d'urgence ou une ligne d'aide.

Ghislain Lepage

Page rédigée par Ghislain Lepage
hypnothérapeute
partenaire de Solutions Hypnose.

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