L'Hypnose pour le Dry January (Défi de Janvier)

Fin décembre. Les fêtes ont été ce qu'elles sont, et une phrase revient dans votre tête depuis quelques jours : un mois sans, pour voir.

Vous n'avez pas de problème avec l'alcool. Vous vous le dites, et c'est probablement vrai. Mais il y a ce verre du vendredi devenu celui du jeudi, puis celui du mardi. Le réflexe en rentrant. La bouteille finie à deux quand il était prévu d'en boire la moitié.

Le Dry January n'est pas un examen de moralité. C'est une expérience, et elle vaut surtout par ce qu'elle vous apprend, y compris si elle ne se déroule pas comme prévu.

Calendrier du mois de janvier posé sur une table

Ce que l'on vit à l'approche du Défi de Janvier

À lire avant de vous lancer.

Un mois sans alcool n'est pas anodin pour tout le monde. Si vous buvez tous les jours, ne vous arrêtez pas brutalement seul : parlez-en d'abord à votre médecin, qui vous dira comment procéder.

Un avis médical est nécessaire avant d'arrêter ou de réduire fortement si vous vous reconnaissez dans l'un de ces points : vous buvez quotidiennement depuis longtemps, vous ressentez des tremblements, des sueurs, des nausées ou une forte anxiété quand vous ne buvez pas, vous buvez le matin ou pour faire passer ces sensations, vous avez déjà fait une crise convulsive ou vécu une confusion lors d'un arrêt, vous prenez des benzodiazépines ou des somnifères, vous êtes enceinte, ou vous suivez un traitement.

Ce n'est pas une formalité juridique : chez une personne dépendante, un arrêt non encadré peut provoquer des complications graves.

Vous n'êtes pas sûr de vouloir arrêter. Vous êtes surtout curieux de savoir si vous pouvez, et un peu agacé de vous poser la question.

C'est exactement le bon état d'esprit pour ce défi. Une expérience se mène pour voir ce qu'elle apprend, pas pour être réussie.

Qu'est-ce que le Dry January ?

Le Dry January, ou Défi de Janvier, est une campagne de santé publique née au Royaume-Uni au début des années 2010 et reprise depuis dans de nombreux pays francophones. Le principe : s'abstenir d'alcool pendant le mois de janvier, puis observer ce que cela change.

Quelques distinctions utiles, parce qu'elles décident de ce qui vous concerne.

  • Le défi d'un mois est une pause volontaire et temporaire, chez une personne qui n'est pas dépendante. C'est le sujet de cette page.
  • La réduction durable vise un changement d'habitude qui s'inscrit dans le temps, sans viser l'abstinence. C'est le sujet de la page L'Hypnose pour Réduire sa Consommation d'Alcool.
  • Le sevrage est l'arrêt chez une personne dépendante. C'est une démarche médicale, encadrée, parfois hospitalière. Voir L'Hypnose pour le Sevrage Alcoolique.

Ce que le mois ne fait pas

Le terme « détox » circule beaucoup autour du Défi de Janvier ; il ne décrit pas ce qui se passe. Le foie travaille en continu, il n'attend pas janvier pour le faire et ne se « nettoie » pas sur commande.

Des travaux ont observé, chez des groupes de participants, des évolutions de certains marqueurs biologiques et des améliorations de sommeil ou d'énergie rapportées par les participants eux-mêmes. Ce sont des observations de groupe, variables d'une personne à l'autre, et personne ne peut vous dire à l'avance ce que vous ressentirez.

Pendant le mois, un signe doit vous faire consulter.

Si vous ressentez, en arrêtant, des tremblements, des sueurs, des nausées, une accélération du cœur, une anxiété inhabituelle, des troubles du sommeil marqués ou une confusion, reprenez contact avec un médecin sans attendre, ou appelez les services d'urgence si les signes s'aggravent. Ces manifestations méritent d'être évaluées médicalement et ne doivent pas être traversées seul.

L'impact du Défi de Janvier au quotidien

Calendrier du mois de janvier photographié de près, dans une lumière rasante

La difficulté d'un mois sans alcool est rarement celle qu'on anticipe. Ce n'est presque jamais le manque physique, chez une personne qui n'est pas dépendante. C'est le social : l'apéro entre collègues où il faut se justifier trois fois, l'ami qui insiste « pour une fois », le repas de famille où votre verre d'eau devient un sujet de conversation. C'est aussi le vide du geste : les mains qui ne savent pas quoi faire en début de soirée, le rituel qui marquait la fin de la journée et qui n'est remplacé par rien. Et c'est la fatigue de la deuxième quinzaine, quand la nouveauté est passée et que janvier est encore long.

Beaucoup de personnes qui « échouent » au Défi le font sur l'un de ces trois points, pas sur l'envie d'alcool elle-même.

Les approches reconnues en dehors de l'hypnose

Le point d'entrée, c'est votre médecin, en particulier si vous buvez régulièrement. C'est lui qui dira si un arrêt d'un mois est adapté à votre situation, et comment le mener.

  • Les campagnes officielles et leurs outils : en France, Alcool info service propose information, autoévaluation et entretiens avec des professionnels ; au Québec, Info-Social (811, option 2) et Drogue : aide et référence orientent gratuitement.
  • Les applications de suivi, utiles surtout parce qu'elles rendent visible une habitude qu'on sous-estime toujours.
  • L'entourage, qui change tout : faire le défi à deux ou l'annoncer au groupe retire une bonne partie de la difficulté sociale.
  • Les groupes de soutien et forums, y compris ceux organisés autour du défi lui-même.
  • La psychothérapie, notamment les thérapies cognitives et comportementales, si la consommation est liée à de l'anxiété ou à un épisode difficile.
  • Un professionnel de l'addictologie, si la question dépasse le cadre d'un mois d'essai.

L'hypnose se place en complément de ces approches, sur le versant des automatismes et des situations.

Ce qu'un accompagnement en hypnose peut viser

Commençons par ce que l'hypnose ne fait pas.

Elle ne supprime pas l'envie d'alcool. Elle ne remplace aucun suivi médical, et elle n'a pas sa place dans un sevrage chez une personne dépendante. Elle ne vous dégoûtera pas de l'alcool : nous n'utilisons pas de suggestion d'aversion, ni sur ce sujet ni sur un autre. Elle ne vous endort pas et ne vous fait rien faire contre votre gré. Et elle ne garantit pas que vous tiendrez le mois.

Ce qu'un accompagnement vise :

  • Préparer les situations à l'avance plutôt que de les affronter au moment où elles arrivent : le premier apéro, le repas de famille, le vendredi soir. Ce qui est anticipé en séance se traverse autrement.
  • Remplacer le geste, pas seulement le retirer. Un rituel de fin de journée qui disparaît sans être remplacé laisse un vide, et le vide se remplit tout seul, rarement comme on voudrait.
  • Dire non sans se justifier, ce qui est une compétence sociale beaucoup plus qu'une affaire de volonté.
  • Trouver ailleurs ce que le verre apportait : la décompression, la transition entre le travail et le soir, la détente en groupe.
  • Traverser un écart sans tout abandonner. Un verre le 12 janvier ne met pas fin à l'expérience ; c'est la culpabilité qui y met fin, pas le verre.

Si, au fil du mois, vous vous apercevez que la question dépasse le cadre du défi, la suite se lit ici : L'Hypnose pour Réduire sa Consommation d'Alcool.

Ce que le 1er février révèle

C'est la partie du défi dont personne ne parle, et c'est pourtant la plus instructive.

Un mois sans alcool vous apprend peu de choses en soi. Ce qui vous apprend beaucoup, c'est la manière dont vous reprenez. Est-ce que la reprise était datée depuis le 3 janvier ? Est-ce que le premier verre a eu le goût d'une récompense méritée ? Est-ce que la semaine suivante ressemble déjà à celle de décembre ? Ou est-ce que quelque chose a bougé, sans que vous ayez décidé quoi que ce soit ?

Il n'y a pas de bonne réponse, et aucune d'elles ne vous classe. Mais ces observations valent mieux que n'importe quel questionnaire, et elles ne sont disponibles qu'une fois par an. Notez-les.

Ce que dit la recherche

Il faut être direct : la recherche sur l'hypnose et l'alcool est rare et ne permet pas de conclure.

Un essai randomisé norvégien publié en 2019 a comparé des séances d'hypnose ericksonienne à l'entretien motivationnel chez des personnes hospitalisées pour un trouble de l'usage d'alcool. Trente et une personnes y ont participé, ce qui est beaucoup trop peu pour trancher. Les deux groupes ont réduit leur consommation, et l'écart en faveur de l'hypnose à un an n'a pas atteint le seuil de signification statistique. Les auteurs relèvent eux-mêmes que seuls deux essais contrôlés randomisés existaient alors sur cette question.

Par comparaison, une revue Cochrane consacrée à l'hypnothérapie pour l'arrêt du tabac conclut que les données ne permettent pas d'établir une supériorité sur d'autres approches comportementales, et que si un bénéfice existe, il est au mieux modeste.

Autrement dit : ce qui est documenté dans le domaine de l'alcool, ce sont les approches d'addictologie, pas l'hypnose. Nous la proposons comme un appui complémentaire, et nous préférons vous le dire plutôt que de citer des études qui ne disent pas ce qu'on leur fait dire.

Un exemple d'accompagnement : le cas de Caroline

Personne tenant une tasse près d'une fenêtre, dans la lumière du matin

Caroline est venue à la mi-décembre. Amatrice de vin, elle ne se considérait pas en difficulté, mais elle avait remarqué que les occasions de boire s'étaient multipliées sans qu'elle l'ait décidé, et que le budget suivait. Le premier entretien a servi à vérifier qu'un mois d'arrêt ne posait pas de risque dans sa situation, puis à repérer les moments précis où le verre arrivait sans décision : le retour du travail, et les soirées où elle recevait. Le travail a porté sur ces deux moments, et non sur le vin, qui n'a jamais été désigné comme un ennemi.

> « Le plus dur n'a pas été de ne pas boire. Ça a été d'expliquer pourquoi, les six premières fois. » > Caroline, prénom modifié

Elle a terminé le mois avec un écart, un samedi, qu'elle a décrit sans dramatiser. Ce qui l'a le plus intéressée, dit-elle, c'est ce qu'elle a observé en février.

*Chaque situation est différente. Le cheminement de Caroline lui appartient et ne préjuge en rien de ce que vous vivrez.*

Le déroulement d'une séance sur ce sujet

L'entretien. Vos habitudes réelles, pas celles que vous supposez : quand, avec qui, combien de fois par semaine. Vos traitements et votre contexte médical. Et les questions de repérage figurant en haut de cette page. Si vos réponses indiquent une dépendance physique, nous vous orienterons vers un médecin avant toute chose, et nous vous le dirons clairement.

L'objectif. Formulé ensemble, et toujours lié à des situations plutôt qu'à un décompte. Par exemple : traverser l'apéro du vendredi sans que ce soit une épreuve, ou retrouver une fin de journée qui ne passe pas par un verre.

L'induction. Un état naturel d'attention focalisée, que vous connaissez déjà sans le nommer. Vous restez conscient, vous entendez tout, vous pouvez parler et vous arrêter quand vous le souhaitez.

Le travail. Sur ce sujet, il porte surtout sur l'anticipation des situations à venir, sur les ressources qui peuvent rendre le service que le verre rendait, et sur la façon de refuser un verre avec aisance. Aucune suggestion d'aversion n'est utilisée.

Le retour et l'exercice. Un échange sur ce que vous avez vécu, et un exercice d'autohypnose à emporter, souvent destiné aux vingt minutes qui précèdent une soirée. Janvier se joue dans la vraie vie, pas en cabinet.

Le nombre de séances se définit lors du premier entretien. Les rencontres fonctionnent en cabinet comme en visioconférence.

Prendre rendez-vous

Deux fauteuils face à face dans un bureau lumineux de Solutions Hypnose

Idéalement en décembre, pour préparer le mois plutôt que le rattraper. Une question avant de vous décider ? Écrivez-nous : une réponse claire, y compris « voyez d'abord votre médecin », fait partie du travail. Vous pouvez aussi prendre rendez-vous directement. Toute l'équipe de Solutions Hypnose reçoit à Montréal, Québec, Laval, Sherbrooke, Gatineau, Paris, Lille, Montpellier, Strasbourg et Casablanca, et par vidéo où que vous soyez dans le monde. Le nombre de séances se définit lors du premier entretien.

Si votre question dépasse le mois de janvier, notre page L'Hypnose pour l'Alcool et la Réduction de la Consommation pose le cadre commun : ce que l'hypnose peut et ne peut pas, et quand la première étape est un médecin.

Où souhaitez-vous consulter ?

Île-de-FranceCentre-Val de LoireBourgogne-Franche-ComtéNormandieHauts-de-FranceGrand EstPays de la LoireBretagneNouvelle-AquitaineOccitanieAuvergne-Rhône-AlpesProvence-Alpes-Côte d'AzurCorse

Questions fréquentes sur l'Hypnose pour le Dry January (Défi de Janvier)

Prendre RV

Sources et références

Lignes d'aide

  • Québec : Drogue : aide et référence, 1 800 265-2626 (ou 514 527-2626 dans la région de Montréal), gratuit, confidentiel, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7.
  • Québec : Info-Social : 811, option 2.
  • France : Alcool info service, 0 980 980 930, appel anonyme et non surtaxé, de 8 h à 2 h, 7 jours sur 7.
  • Urgences : 911 au Québec, 15 ou 112 en France.
  • En cas de détresse ou de pensées suicidaires : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) au Québec, 24 h sur 24 ; 3114 en France, gratuit et confidentiel, 24 h sur 24.

Sources

  • Gouvernement du Québec, *Consommation d'alcool et d'autres drogues* : information officielle sur les effets, la dépendance et les ressources.
  • National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism, *Rethinking Drinking* : outil d'autoévaluation du NIAAA (en anglais).
  • Barnes J., McRobbie H., Dong C. Y., Walker N., Hartmann-Boyce J., *Hypnotherapy for smoking cessation*, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2019, CD001008.
  • Shestopal I., Bramness J. G., *Effect of Hypnotherapy in Alcohol Use Disorder Compared with Motivational Interviewing: A Randomized Controlled Trial*, Addictive Disorders & Their Treatment, 2019, 18(3), 169-175 (doi 10.1097/ADT.0000000000000170). Essai sur trente et une personnes, résultat non significatif.

L'hypnose telle que pratiquée par les membres de Solutions Hypnose est une approche d'accompagnement complémentaire. Elle ne constitue ni un acte médical, ni un diagnostic, ni une psychothérapie au sens réglementaire, et elle ne remplace en aucun cas une consultation, un suivi ou un traitement prescrit par un professionnel de la santé.

Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles mentaux ou les maladies. Ils ne demandent jamais l'arrêt ou la modification d'un traitement en cours : cette décision relève exclusivement de votre médecin.

Aucun résultat ne peut être garanti. Les témoignages et exemples présentés sur cette page décrivent des expériences individuelles et ne préjugent pas de ce que vous vivrez.

En cas de détresse importante, de symptômes physiques inexpliqués ou de pensées suicidaires, contactez sans délai un médecin, les services d'urgence ou une ligne d'aide.

Sandra Djina Ravalia

Page rédigée par Sandra Djina Ravalia
hypnothérapeute et art-thérapeute
partenaire de Solutions Hypnose.

Prendre RV