L'Hypnose et la Peur de la Prise de Sang et des Aiguilles

Le courrier arrive avec l'ordonnance, et ça commence là. Pas le jour J : trois semaines avant.

Vous repoussez. Vous prenez rendez-vous, vous annulez. Vous finissez par y aller à jeun, mal dormi, et vous cherchez une chaise dès l'entrée parce que vous savez ce qui peut arriver.

Et il y a ce que les autres ne comprennent pas : ce n'est pas la douleur. Vous le savez très bien que ça ne fait presque rien. Ça ne change strictement rien.

Jeune femme assise, le menton appuyé sur la main, le regard dans le vide

Une phobie qui n'est pas comme les autres

La peur du sang, des aiguilles et des gestes médicaux réunit souvent l'hématophobie, la peur du sang, et la bélonéphobie, la peur des aiguilles.

Elle se distingue de toutes les autres phobies par un point essentiel, et c'est ce qui change tout dans la façon de l'aborder.

Dans une phobie ordinaire — l'avion, les araignées, la foule —, le corps s'active : le cœur accélère, la tension monte, et ça reste comme ça.

Ici, la réaction se fait en deux temps. Le corps s'active d'abord, comme ailleurs. Puis, brutalement, le rythme cardiaque et la tension artérielle chutent. C'est le malaise vagal, et c'est pour cela que cette phobie est la seule où l'on s'évanouit fréquemment. Une part importante des personnes concernées rapporte au moins un épisode de ce type.

Et il y a un cercle : avoir perdu connaissance une fois installe la crainte de recommencer, ce qui augmente l'anticipation, ce qui rend l'épisode suivant plus probable.

La conséquence pratique, et c'est le point le plus important de cette page. Se détendre profondément n'est pas la bonne consigne pour cette phobie-là. Sur toutes les autres, faire baisser l'activation est exactement ce qu'il faut. Ici, la tension artérielle chute déjà toute seule, et l'accompagner peut favoriser le malaise plutôt que l'éviter. L'approche de référence s'appelle la tension appliquée, formalisée par le psychologue suédois Lars-Göran Öst à la fin des années 1980. Le principe : contracter volontairement les grands groupes musculaires pour faire remonter la tension artérielle dès les premiers signes de malaise. En pratique, tel qu'il est décrit dans les protocoles : contracter les muscles des bras, du torse et des jambes pendant 15 à 20 secondes, jusqu'à sentir une légère chaleur monter au visage, puis relâcher 20 à 30 secondes sans chercher la détente, et répéter le cycle environ cinq fois. On le pratique avant le rendez-vous, puis pendant le geste. C'est simple, ça s'apprend vite, et c'est le contraire de ce qu'on lit partout ailleurs. Demandez-la à votre médecin ou à votre praticien. Elle se combine très bien avec un travail sur l'anticipation.

Ce que ça coûte vraiment

Femme de dos, manteau clair et sac à l'épaule, devant un mur blanc et rouge

Et ce n'est pas seulement un mauvais quart d'heure. Les examens repoussés, c'est le vrai enjeu. Un bilan reporté six mois, un suivi de diabète irrégulier, un dépistage jamais fait. La phobie finit par coûter en santé. Les vaccins évités. La grossesse, avec ses prélèvements répétés, parfois une péridurale redoutée des mois à l'avance. Le don du sang, auquel beaucoup renonceraient volontiers autrement.

Les soins courants : dentiste, anesthésie locale, pose de perfusion, IRM avec injection. Et pour les personnes suivies pour une maladie chronique, les prises de sang de contrôle, par exemple dans le suivi d'une MICI.

Et la honte. Beaucoup d'adultes n'en parlent pas, parce qu'ils trouvent ça ridicule à leur âge. Les soignants, eux, voient ça tous les jours.

Ce qui existe, et ce que vous pouvez demander

Une bonne partie relève du soignant qui vous prélève, et il suffit souvent de le dire.

  • La tension appliquée, décrite plus haut.
  • S'allonger pendant le prélèvement. C'est la mesure la plus simple et la plus efficace contre le malaise, et elle ne se refuse pratiquement jamais.
  • Prévenir la personne qui prélève, dès l'arrivée. Ce n'est ni gênant ni exceptionnel, et cela change concrètement la façon dont le geste sera fait.
  • Une crème anesthésiante, à appliquer avant le rendez-vous, particulièrement utile chez l'enfant. Elle se prescrit ou s'achète selon les pays : demandez conseil.
  • Bien s'hydrater avant, sauf consigne contraire de jeûne.
  • Détourner le regard, et se faire accompagner.
  • La thérapie d'exposition, approche de référence pour les phobies spécifiques, souvent très efficace ici.

Le jour J

  • Prévenez dès l'arrivée que vous avez tendance au malaise. C'est la chose la plus utile de cette liste.
  • Demandez à être allongé.
  • Pratiquez la tension appliquée avant et pendant, si elle vous a été expliquée.
  • Hydratez-vous bien avant, sauf consigne de jeûne.
  • Détournez le regard et emportez de quoi occuper votre attention.
  • Prévoyez de rester assis quelques minutes après, sans vous relever d'un coup.
  • Ne conduisez pas immédiatement si vous avez déjà fait un malaise.

Ces conseils ne remplacent pas l'avis du soignant qui vous prélève. Si vous avez déjà perdu connaissance lors d'un prélèvement, dites-le à votre médecin : c'est une information utile pour lui.

Ce que l'Hypnose peut apporter

Elle ne rend pas le geste indolore et ne remplace ni la tension appliquée, ni le fait de s'allonger. Elle ne garantit aucun résultat.

Ce qu'un accompagnement vise :

  • Les trois semaines d'avant. C'est souvent le pire, et c'est là que l'hypnose est la plus utile : l'anticipation qui démarre à l'ordonnance et qui fait repousser le rendez-vous.
  • Désamorcer un souvenir précis. Presque toujours, il y a un épisode fondateur : un prélèvement raté dans l'enfance, un malaise en public, une contention. C'est souvent le cœur du travail.
  • Travailler en imagination. Rien de réel n'entre dans la pièce. On peut reprendre la scène à distance, en atténuant tout ce qu'il faut, et revenir progressivement.
  • Installer un ancrage utilisable sur le fauteuil, combiné à la tension appliquée plutôt qu'à sa place.
  • Détourner l'attention pendant le geste, ce que l'hypnose fait particulièrement bien — c'est aussi ce qui se pratique en gestion de la douleur.
  • Reprendre les examens abandonnés, en commençant par le plus simple.

Ce que dit la recherche

Sur la tension appliquée, les données sont claires. Une revue publiée dans le *Journal of Psychiatric Research* la décrit comme la technique généralement reconnue comme efficace pour cette phobie. Dans l'essai de référence d'Öst et de ses collègues, après cinq séances, 90 % des personnes traitées par tension appliquée allaient cliniquement mieux, et l'amélioration se maintenait un an plus tard. Un essai ultérieur a comparé une séance unique à cinq séances : les deux formats laissent des bénéfices à un an, l'écart se voyant surtout juste après le traitement.

Et sur le point qui nous occupe, deux cliniciennes publiant dans *Clinical Case Studies* l'écrivent sans détour : les personnes souffrant de cette phobie répondent généralement moins bien aux techniques de relaxation, qui peuvent même se révéler contre-productives. C'est exactement ce que nous expliquons plus haut.

Une nuance d'honnêteté : la réaction en deux temps n'est pas observée chez tout le monde, et une revue de 2010 a réexaminé de façon critique la base empirique du modèle. Le mécanisme est solide, il n'est pas absolu.

Sur l'hypnose, il n'existe pas d'étude portant spécifiquement sur la peur des prises de sang. Ce qui est documenté, c'est son effet sur l'anxiété et son utilisation en milieu de soins pour accompagner des gestes désagréables, terrain sur lequel elle est solide — nous faisons le point sur notre page que dit la science sur l'hypnose. C'est cohérent, et ce n'est pas une démonstration.

Un exemple d'accompagnement : le cas d'Isabelle

Jeune femme en extérieur, foulard sur la tête, le regard posé et détendu

Isabelle (prénom modifié) avait une peur paralysante des prises de sang. Entrer dans un laboratoire suffisait à déclencher des sueurs froides et un vertige intense, et elle avait repoussé des bilans importants à cause de cela. Le travail a commencé par un épisode précis, un prélèvement mal vécu des années plus tôt, dont elle n'avait jamais parlé. Puis sur les jours qui précèdent, et sur l'arrivée dans le laboratoire, préparée en imagination avant d'être vécue. Elle a appris à combiner un ancrage de calme avec la tension appliquée, qui maintient la tension artérielle et que son médecin lui avait expliquée.

Ce cas décrit un cheminement possible. Il ne prédit celui de personne. Le rythme et les résultats varient d'une personne à l'autre, et aucun accompagnement ne peut garantir un résultat.

Le cas des enfants

Petite fille souriante assise sur une table d'examen, un adulte posant un pansement coloré sur son bras

C'est là que se joue l'essentiel, parce qu'une peur installée tôt devient souvent une phobie d'adulte. Ce qui aide vraiment relève surtout des adultes présents, et tient en quelques gestes simples, listés ci-dessous. Ce que l'hypnose apporte à cet âge : les enfants entrent facilement dans l'imaginaire, et détourner l'attention par une histoire pendant le geste fonctionne très bien. Une préparation avant le rendez-vous change souvent le déroulement, comme le décrit notre page sur l'hypnose pour les enfants.

  • Ne pas mentir. « Tu ne sentiras rien » détruit la confiance à la première piqûre. On peut dire que ça pique un peu et que c'est court.
  • Ne pas prévenir trois jours à l'avance pour un jeune enfant : cela ne fait que prolonger l'anticipation.
  • Éviter la contention par la force autant que possible. Un enfant tenu de force garde de cet épisode une trace durable.
  • La crème anesthésiante, très utile et sous-utilisée.
  • Tenir l'enfant sur les genoux plutôt que de l'allonger seul, quand c'est possible.
  • Laisser un choix, même minime : quel bras, quand on commence.

Au-delà des prises de sang, cela s'applique à tout l'environnement de soins : IRM, radiographie, consultation redoutée.

Prendre rendez-vous

Deux fauteuils face à face dans un bureau clair de Solutions Hypnose

Vous avez un examen à une date précise ? Dites-le-nous, cela change la façon dont on organise l'accompagnement. Posez-nous votre question ou prenez rendez-vous. Où que vous soyez dans le monde, la consultation par vidéo offre le même entretien et la même séance qu'en cabinet. Nous recevons ainsi des personnes depuis la France, le Québec, le Maroc et bien au-delà. Le mode d'emploi est ici. Dites-nous aussi si vous avez déjà fait un malaise lors d'un prélèvement : c'est une information utile pour préparer le travail.

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Questions fréquentes sur l'Hypnose et la Peur de la Prise de Sang et des Aiguilles

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Sources et références

En français

Sur la tension appliquée

  • Öst, L.-G., & Sterner, U. (1987). *Applied tension: A specific behavioral method for treatment of blood phobia*. Behaviour Research and Therapy. L'article fondateur.
  • Öst, L.-G., Fellenius, J., & Sterner, U. (1991). *Applied tension, exposure in vivo, and tension-only in the treatment of blood phobia*. Behaviour Research and Therapy, 29, 561-574.
  • Hellström, K., Fellenius, J., & Öst, L.-G. (1996). *One versus five sessions of applied tension in the treatment of blood phobia*. Behaviour Research and Therapy, 34, 101-112. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8741718
  • Ayala, E. S., Meuret, A. E., & Ritz, T. (2009). *Treatments for blood-injury-injection phobia: A critical review of current evidence*. Journal of Psychiatric Research. sciencedirect.com
  • Wannemueller, A. et al. (2018). *Large-Group One-Session Treatment: Exposure Combined With Applied Tension or Diaphragmatic Breathing in Highly Blood-Injury-Injection Fearful Individuals*. Frontiers in Psychology. frontiersin.org — protocole détaillé, en libre accès.

Sur la relaxation et sur les limites du modèle

  • Mednick, L. M., & Claar, R. L. (2012). *Treatment of Severe Blood-Injection-Injury Phobia With the Applied-Tension Method*. Clinical Case Studies. journals.sagepub.com
  • Ritz, T., Meuret, A. E., & Ayala, E. S. (2010). *The psychophysiology of blood-injection-injury phobia: Looking beyond the diphasic response paradigm*. International Journal of Psychophysiology. sciencedirect.com

L'hypnose telle que pratiquée par les membres de Solutions Hypnose est une approche d'accompagnement complémentaire. Elle ne constitue ni un acte médical, ni un diagnostic, ni une psychothérapie au sens réglementaire, et elle ne remplace en aucun cas une consultation, un suivi ou un traitement prescrit par un professionnel de la santé.

Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles mentaux ou les maladies. Ils ne demandent jamais l'arrêt ou la modification d'un traitement en cours : cette décision relève exclusivement de votre médecin.

Aucun résultat ne peut être garanti. Les témoignages et exemples présentés sur cette page décrivent des expériences individuelles et ne préjugent pas de ce que vous vivrez.

En cas de détresse importante, de symptômes physiques inexpliqués ou de pensées suicidaires, contactez sans délai un médecin, les services d'urgence ou une ligne d'aide.

Sabine Chapuis

Page rédigée par Sabine Chapuis
hypnothérapeute
partenaire de Solutions Hypnose.

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