L'Hypnose pour la Peur de Conduire (Amaxophobie)
Vous avez le permis. Il est dans votre portefeuille depuis des années, et la voiture est devant la maison. Le trajet vous occupe pourtant la veille : vous vérifiez l'itinéraire, vous cherchez comment éviter l'autoroute, vous calculez l'heure de départ. Le matin venu, vous trouvez une raison de reporter, ou vous demandez à quelqu'un de vous accompagner.
Quand vous conduisez quand même, ce sont les mains serrées sur le volant, la respiration courte, le cœur qui s'emballe à l'entrée du tunnel ou du pont, et une seule pensée qui compte : où est la prochaine sortie.
Peut-être aussi que ce n'est pas vous qui conduisez. Vous êtes du côté passager, vous freinez du pied droit sur un tapis de sol, vous fermez les yeux dans les virages, et vous n'osez rien dire à la personne qui conduit.
Autour de vous, on trouve ça exagéré, on vous dit qu'il suffit de s'y remettre. Ce n'est pas si simple, et vous le savez déjà : ce n'est pas l'envie qui manque.
Deux précautions propres à ce sujet.
N'écoutez jamais un enregistrement d'hypnose ou de relaxation en conduisant, ni en tant que passager si vous devez prendre le volant ensuite. Ces enregistrements sont faits pour détourner l'attention du monde extérieur, ce qui est exactement ce qu'il ne faut pas au volant. En France, le port à l'oreille de tout dispositif émettant du son est d'ailleurs interdit au conducteur par le code de la route, quel que soit ce qu'on écoute. Les exercices d'autohypnose se pratiquent à l'arrêt, moteur éteint, ou chez vous.
Si votre peur est nourrie par des malaises réels, des vertiges, des troubles de la vision, une somnolence au volant ou un problème de santé connu, la première démarche est un avis médical. Au Québec, c'est à vous, titulaire du permis, que le Code de la sécurité routière impose de déclarer à la SAAQ tout changement de votre état de santé susceptible de nuire à votre conduite, dans les trente jours ; l'évaluation, elle, revient à un professionnel habilité à la faire.
Qu'est-ce que l'Amaxophobie ?
L'amaxophobie est la peur de conduire ou de se trouver dans un véhicule. Le mot appartient au vocabulaire courant plutôt qu'à la littérature scientifique, qui parle de phobie de conduite ou de phobie spécifique de type situationnel. C'est à cette famille qu'elle appartient : des peurs intenses, déclenchées par une situation précise, hors de proportion avec le danger réel de cette situation, et qui conduisent à l'éviter activement ou à la subir avec une détresse importante.
Nous évitons volontairement le mot « irrationnelle », très employé sur ce sujet. Il juge la personne, et il est souvent inexact : après un accident, ou quand on n'a pas conduit depuis dix ans, la peur a une origine parfaitement compréhensible. Ce n'est d'ailleurs pas une coquetterie de notre part, les classifications ont fait le même chemin : le critère qui demandait à la personne de reconnaître elle-même sa peur comme excessive ou déraisonnable a été retiré, au profit d'une formulation qui décrit la peur et non celui qui l'éprouve.
Plusieurs situations se présentent sous ce nom, et elles ne se travaillent pas pareil
- La phobie de conduire, centrée sur l'acte lui-même, parfois limitée à certains contextes : l'autoroute, la nuit, l'hiver, les tunnels, les ponts, la conduite seul.
- La peur d'être passager, souvent liée au fait de ne pas maîtriser ce qui se passe, et dont il est rarement question. C'est le cas décrit plus bas.
- La peur d'être coincé plutôt que de conduire. Ce qui distingue les deux n'est pas le décor mais le contenu de la crainte : le danger de la route d'un côté, la peur du malaise lui-même de l'autre. Et la question se pose surtout lorsque la crainte s'étend à d'autres situations où l'on se sent coincé, transports en commun, files d'attente, lieux fermés. La prise en charge n'est alors pas la même, et c'est un point à identifier tôt. Voir L'Hypnose pour la Gestion du Stress et de l'Anxiété.
- Les suites d'un accident. Reviviscences, images qui s'imposent, sursauts, évitement : ces signes-là, un psychologue saura les situer, et ce n'est pas à nous de le faire. Ce qu'on peut dire, c'est que l'évitement après un accident est la règle plutôt que l'exception, une revue de 2025 relevant qu'un quart des personnes accidentées évitent tout véhicule pendant plusieurs mois. Les prises en charge du stress post-traumatique sont spécifiques et bien documentées, et l'hypnose ne les remplace pas.
- Le manque de pratique. Toutes les appréhensions au volant ne relèvent pas de la peur. Quelqu'un qui n'a pas conduit depuis quinze ans, ou qui n'a jamais pris l'autoroute, manque peut-être surtout d'expérience. Quelques heures avec un moniteur le diront vite.
Cette page est le satellite de notre page générale sur les peurs et les phobies : elle garde le contexte automobile, la peur d'être passager et la question de l'aptitude à conduire.
Consultez un médecin si votre peur est associée à des sensations physiques réelles et répétées : vertiges, malaises, troubles de la vision, somnolence, palpitations. Ces éléments méritent d'être évalués, d'autant qu'ils peuvent eux-mêmes affecter la conduite.
Signalez également les traitements que vous prenez : certains ont un effet sur la vigilance, et cette évaluation appartient exclusivement au médecin qui vous les a prescrits.
Et une peur proportionnée n'est pas une phobie. Si vous appréhendez de conduire parce que votre vue a baissé, parce que vous luttez contre le sommeil au volant ou parce qu'un médicament vous rend somnolent, votre peur est un signal juste. La travailler comme une phobie reviendrait à débrancher une alarme qui fonctionne. C'est exactement pour cela qu'on commence par écarter les causes médicales.
L'impact de la Peur de Conduire au quotidien

Ce qui coûte le plus, dans cette peur, c'est le rétrécissement progressif. Le territoire se réduit : d'abord l'autoroute, puis la nuit, puis les trajets inconnus, puis tout ce qui dépasse le quartier. Chaque évitement soulage sur le moment et rend le suivant plus probable, ce qui est le mécanisme central des phobies. La bonne nouvelle est qu'il fonctionne dans les deux sens, et c'est sur cette réversibilité que repose tout le reste de cette page.
Le travail est touché, quand un poste suppose des déplacements, quand une occasion se refuse, ou quand il faut inventer une raison pour ne pas prendre la voiture de service.
La logistique familiale repose sur les autres, avec la dépendance et la culpabilité qui vont avec. En zone rurale ou en banlieue, sans transport en commun, l'effet sur l'autonomie est considérable.
La vie sociale se restreint : l'invitation trop loin, le week-end décliné, les vacances organisées autour du trajet.
Et il y a la honte, très présente sur ce sujet. On n'en parle pas, parce qu'on suppose que personne ne comprendra, et parce qu'avoir un permis rend la chose difficile à expliquer.
Il y a enfin ce dont on parle encore moins : l'automédication. Un verre avant de partir, un comprimé pris pour la route, un peu de cannabis pour se détendre. C'est compréhensible et c'est le pire des arrangements, parce qu'on ajoute au volant le seul facteur qui aggrave réellement le risque. Si vous en êtes là, dites-le à un médecin : c'est une situation qui se prend en charge, et qui se prend en charge mieux que la peur elle-même.
Les approches reconnues en dehors de l'Hypnose
Le point d'entrée est votre médecin si des sensations physiques sont en jeu, ou si l'anxiété déborde largement du volant.
- La thérapie d'exposition graduelle, généralement dans le cadre des thérapies cognitives et comportementales. C'est l'approche de référence pour les phobies spécifiques, et son principe est simple : s'approcher progressivement de la situation redoutée, par étapes choisies avec vous, jusqu'à ce que la réaction diminue.
- Un moniteur d'auto-école, en particulier ceux qui proposent des cours de perfectionnement pour conducteurs anxieux. C'est la ressource la plus concrète, et la plus sous-utilisée. Précision honnête : ces formations améliorent la performance au volant et le sentiment de compétence, mais aucune revue systématique ne montre qu'elles réduisent le nombre d'accidents, et elles ne dispensent donc d'aucune prudence.
- Les simulateurs de conduite, disponibles dans certaines écoles. Ils permettent de travailler l'autoroute, le pont, la nuit ou le verglas sans mettre personne en danger, y compris quand on n'a pas de voiture.
- Un accompagnement psychologique spécialisé, indispensable si la peur fait suite à un accident.
- Un accompagnement du trouble panique, quand la peur porte sur le malaise plutôt que sur la conduite.
- Un avis médical sur les traitements en cours, quand la vigilance est en cause.
L'hypnose se place en complément de ces approches, en particulier en préparation et en soutien de l'exposition réelle.
L'Hypnose pour la Peur de Conduire : objectifs et bénéfices
Commençons par ce que l'hypnose ne fait pas.
Elle ne vous apprend pas à conduire et ne remplace aucune heure de volant. Elle ne prend pas en charge un état de stress post-traumatique. Et elle ne se substitue pas à un avis médical si des malaises sont en jeu.
Ce qu'un accompagnement vise
- Préparer l'exposition et la rendre possible. C'est l'apport le plus utile : parcourir en imagination les étapes à venir, de façon détaillée et répétée, de sorte que la première fois dans la vraie vie ne soit pas tout à fait la première fois.
- Réduire l'anticipation, qui est souvent pire que le trajet lui-même et qui consomme la veille entière.
- Installer une ressource mobilisable, un ancrage utilisable à l'arrêt avant de démarrer, ou sur une aire d'autoroute.
- Travailler les sensations physiques et la peur de la panique, quand c'est elle qui alimente la boucle.
- Déposer un souvenir pénible lié à la route, lorsqu'il existe et qu'il ne relève pas d'un accompagnement spécialisé.
- Restaurer la confiance, y compris celle qui s'est abîmée à force d'éviter. Voir L'Hypnose pour la Confiance en Soi.
Si la panique monte pendant que vous roulez, la priorité n'est plus la peur, c'est la sécurité.
Levez le pied progressivement, sans freiner brusquement, et gardez votre file : un geste vif est plus dangereux que la sensation que vous éprouvez.
Allumez vos feux de détresse, prenez la première sortie ou la première aire de service, et arrêtez-vous là. Sur autoroute, la bande d'arrêt d'urgence est un dernier recours, pas une solution de confort.
Attendez que ça redescende avant de repartir, et n'hésitez pas à appeler quelqu'un. Une crise de panique passe toujours, même quand on a l'impression du contraire.
Pourquoi il faudra quand même reprendre le volant
Une phobie se maintient par l'évitement. Chaque fois que vous renoncez à un trajet, le soulagement immédiat confirme au système d'alarme qu'il avait raison de se déclencher. À l'inverse, chaque fois que vous traversez la situation et que la catastrophe attendue ne se produit pas, votre cerveau enregistre une seconde information, concurrente de la première.
L'ancienne association ne s'efface pas pour autant, et c'est utile à savoir : c'est la raison pour laquelle la peur peut remonter après une longue interruption. Elle cesse simplement d'être la seule information disponible. Une appréhension qui revient après six mois sans conduire n'est donc pas un échec, c'est le fonctionnement normal de la mémoire.
Tant que la situation reste évitée, la peur a peu d'occasions de se démentir. C'est pourquoi une reprise progressive de la conduite fait partie de l'objectif, et sert à mesurer le résultat. Le travail préparatoire, lui, peut très bien se faire en imagination ou en simulateur.
Autrement dit, l'objectif d'une séance n'est jamais « ne plus avoir peur ». C'est : quelle est la prochaine marche, et qu'est-ce qui vous permettrait de la monter cette semaine.
Ce que dit la recherche
Sur les phobies spécifiques, l'exposition graduelle est le traitement de référence. Les lignes directrices canadiennes sur les troubles anxieux, publiées en 2014, la décrivent comme le traitement de choix et comme le socle de la prise en charge, et elles nomment d'ailleurs la phobie de conduite parmi les phobies dites situationnelles. Une précision que peu de pages font : l'exposition en situation réelle fait mieux que l'exposition en imagination ou en réalité virtuelle juste après le travail, mais cet écart ne se retrouve plus lors des évaluations de suivi. C'est ce qui rend le simulateur défendable comme étape intermédiaire.
Sur l'hypnose, il faut être précis. Aucun essai contrôlé ne porte sur la peur de conduire : au 20 septembre 2026, le registre ClinicalTrials.gov ne recense aucune étude enregistrée sur ce sujet, et la seule publication indexée croisant hypnose et phobie de conduite est un rapport de cas unique, paru en 2013, portant sur une seule personne. Détail qui a son importance : dans ce cas, l'hypnose accompagnait quatorze séances de conduite réelle.
Ce qui est documenté se situe ailleurs. Sur l'anxiété en général, une méta-analyse publiée en 2019 dans l'*International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis*, portant sur quinze études et dix-sept essais, rapporte une baisse plus marquée chez les personnes accompagnées en hypnose que dans les groupes témoins. Le point le plus intéressant pour vous est le suivant : les auteurs observent de meilleurs résultats lorsque l'hypnose accompagne d'autres interventions que lorsqu'elle est employée seule. Deux réserves à garder en tête : il s'agit de l'anxiété en général et non des phobies, et sept essais seulement sur dix-sept comportent un suivi.
C'est très exactement la place que nous revendiquons sur ce sujet : un appui à l'exposition, pas une alternative.
Un exemple d'accompagnement
*Exemple illustratif. Le prénom est modifié et le cheminement décrit n'engage que la personne qui l'a vécu.*

Monique est venue pour sa peur de conduire. L'entretien a fait apparaître autre chose : conduire elle-même l'angoissait, mais ce qu'elle ne supportait plus, c'était d'être passagère, et en particulier d'être conduite par son mari, depuis des décennies. À chaque trajet, elle fermait les yeux, se contractait de tous ses muscles, et arrivait épuisée. Elle n'avait jamais osé lui demander de ralentir ou d'augmenter les distances, par crainte de le vexer, et lui pensait bien faire en prenant le volant à sa place.
Le travail a donc porté sur deux choses. Sur les sensations en voiture, avec un exercice à utiliser avant de monter. Et sur la façon de formuler une demande à son mari, ce qui n'avait rien à voir avec la conduite et beaucoup à voir avec quarante ans d'habitude. Ce second volet rejoint ce que décrit notre page L'Hypnose pour l'Affirmation de Soi.
> « J'ai fini par lui dire. Il ne s'était jamais rendu compte de rien, et il a trouvé ça normal. J'aurais pu le dire il y a vingt ans. » > Monique, prénom modifié
Elle conduit toujours peu, et décrit des trajets en passagère nettement moins éprouvants. Chaque situation est différente, et le cheminement de Monique ne préjuge en rien de ce que vous vivrez.
Le déroulement d'une séance d'Hypnose sur ce sujet
L'entretien. Ce qui déclenche exactement la peur, dans quelles situations, depuis quand, et ce que vous évitez aujourd'hui. Nous chercherons aussi à savoir s'il y a eu un accident, si des malaises physiques sont en jeu, et si vous conduisez suffisamment pour que la question soit celle de la peur et non de la pratique. Selon les réponses, nous vous orienterons vers un médecin, un psychologue ou un moniteur avant de commencer.
L'objectif. Formulé ensemble, sous forme d'étapes concrètes plutôt que d'un état à atteindre. Par exemple : faire le trajet de la maison au supermarché seule samedi, ou prendre l'autoroute sur une sortie.
L'induction. Un état naturel d'attention focalisée que vous connaissez déjà sans le nommer. Vous restez conscient, vous entendez tout, vous pouvez parler et vous arrêter quand vous le souhaitez.
Le travail. Sur ce sujet, il consiste surtout à parcourir mentalement la prochaine étape, dans le détail et à votre rythme, jusqu'à ce qu'elle devienne familière. S'y ajoutent un ancrage utilisable avant de démarrer, un travail sur les sensations physiques, et parfois la reprise d'un souvenir de route resté encombrant.
Le retour et l'exercice. Un échange sur ce que vous avez vécu, un exercice d'autohypnose à emporter, et surtout une étape à réaliser d'ici la prochaine séance. C'est cette étape qui fait le travail ; la séance la prépare.
Plusieurs praticiens du réseau sont également formés à la PNL, dont certains outils s'utilisent bien sur ce type de peur. Le nombre de séances se définit lors du premier entretien.
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Le premier entretien sert à déterminer si l'hypnose est la bonne ressource pour votre situation, et il arrive qu'elle ne le soit pas encore : si vous n'avez pas conduit depuis quinze ans, quelques heures avec un moniteur feront plus que n'importe quelle séance, et nous vous le dirons. Si des malaises physiques sont en jeu, c'est un médecin qu'il faut voir d'abord. Et si votre peur remonte à un accident, un psychologue formé à ces approches passe avant nous.
En cabinet, nos praticiens reçoivent à Montréal, Québec, Laval, Sherbrooke, Gatineau, Paris, Lille, Montpellier, Strasbourg et Casablanca. En visioconférence, où que vous soyez dans le monde : sur ce sujet, le travail repose largement sur un exercice à refaire chez vous et sur une étape à franchir entre deux rencontres, ce qui s'accompagne aussi bien à distance. Le mode d'emploi est ici.
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Questions fréquentes sur l'Hypnose pour la Peur de Conduire (Amaxophobie)
Oui, et c'est la partie qui compte. Tant que la situation reste évitée, la peur a peu d'occasions de se démentir. L'hypnose sert à préparer les étapes et à les rendre praticables, pas à vous en dispenser. En revanche, vous choisissez le rythme et la taille des marches, et le travail préparatoire peut se faire en imagination ou en simulateur.
Toutes les appréhensions au volant ne relèvent pas de la peur. Conduire est une compétence qui s'entretient, et quinze ans sans pratique expliquent une grande partie de l'appréhension. Commencez par quelques heures avec un moniteur : cela le dira vite. Si la peur persiste malgré la pratique, l'hypnose a alors du sens.
Non, jamais, et c'est important. Les enregistrements d'hypnose et de relaxation sont faits pour détourner l'attention du monde extérieur, ce qui est exactement ce qu'il ne faut pas au volant. En France, le port à l'oreille de tout dispositif émettant du son est de toute façon interdit au conducteur par l'article R412-6-1 du code de la route. Ces exercices s'écoutent chez vous, ou à l'arrêt, moteur éteint. Cela vaut aussi si vous êtes passager et que vous devez prendre le volant ensuite.
Non, et la confusion est fréquente parce que l'expression hypnose de la route circule beaucoup. Ce phénomène, c'est la conduite devenue automatique sur un long trajet monotone, avec une vigilance qui baisse. Cela relève de la fatigue au volant et cela se combat par les pauses. Cela n'a aucun rapport avec l'état d'attention focalisée d'une séance, qui se pratique assis, en sécurité, et jamais en conduisant.
Non. L'état hypnotique est un état d'attention focalisée, pas un sommeil ni une mise sous influence. Vous restez conscient, vous entendez tout, vous gardez la capacité de refuser une suggestion, de parler ou d'interrompre la séance.
L'hypnose telle que nous la pratiquons est un accompagnement non médicamenteux qui s'ajoute à votre suivi sans interférer avec lui : dites-nous simplement ce que vous prenez. En revanche, l'effet d'un traitement sur la vigilance et sur l'aptitude à conduire est une question strictement médicale. En France, les médicaments concernés portent sur leur boîte un pictogramme à trois niveaux, dont le plus élevé porte la mention « Attention, danger : ne pas conduire ». Toute décision concernant votre traitement appartient exclusivement au médecin qui vous l'a prescrit.
La psychothérapie est un cadre réglementé, exercé par des professionnels dont le titre est protégé, et qui peut porter sur l'ensemble du fonctionnement psychique et sur des troubles constitués. Pour une phobie spécifique, la thérapie d'exposition menée par un psychologue est l'approche de référence. L'hypnose est un accompagnement plus circonscrit, qui se combine bien avec elle.
En partie seulement. Après un accident, certaines personnes gardent des images qui s'imposent, des sursauts, des cauchemars, et évitent tout ce qui rappelle l'événement. Les classifications regroupent ces manifestations sous le nom d'état de stress post-traumatique, et il existe pour cela des prises en charge documentées. Si vous vous reconnaissez dans cette description, c'est un médecin ou un psychologue qui peut le déterminer, et c'est vers eux qu'il faut aller d'abord. Un accompagnement en hypnose peut venir ensuite, en lien avec eux.
Cette nuance change la piste. Ce qui distingue les deux n'est pas le décor mais le contenu de la crainte : le danger de la route d'un côté, la peur du malaise lui-même de l'autre. Et la question se pose surtout quand la crainte s'étend à d'autres situations où l'on se sent coincé, comme les transports en commun, les files d'attente ou les lieux fermés. Dites-le au premier entretien : le travail ne sera pas le même, et un avis médical ou psychologique est souvent indiqué.
C'est fréquent et cela s'améliore souvent avec la pratique encadrée. Notre page Hypnose et Coaching pour Adolescents et Jeunes Adultes décrit ce que nous pouvons proposer aux plus jeunes.
Le nombre de séances se définit lors du premier entretien. Sur ce sujet, il dépend surtout du rythme auquel vous franchissez les étapes entre les rencontres, plus que du nombre de rendez-vous.
Sources et références
Les phobies spécifiques et leur prise en charge
- Canadian clinical practice guidelines for the management of anxiety, posttraumatic stress and obsessive-compulsive disorders. Katzman, M. A. et coll. (2014). BMC Psychiatry, 14(Suppl 1), S1. Les lignes directrices canadiennes, en accès libre. Elles posent l'exposition comme le traitement de choix, nomment la phobie de conduite parmi les phobies situationnelles, et documentent le retrait du critère « excessive ou déraisonnable ».
- Phobie spécifique. Gouvernement du Québec : « Les experts en troubles anxieux recommandent généralement la thérapie cognitivo-comportementale. »
- Maximizing exposure therapy: an inhibitory learning approach. Craske, M. G. et coll. (2014). Behaviour Research and Therapy, 58, 10-23. C'est le texte qui établit que l'association apprise ne s'efface pas, mais se double d'un apprentissage concurrent.
Après un accident
- Post-traumatic stress disorder. NICE, recommandation NG116, publiée en 2018 et réexaminée en 2026.
- Post-Traumatic Stress Disorder Resulting from Road Traffic Accidents: A Systematic Literature Review. Trajchevska, M., & Jones, C. M. (2025). International Journal of Environmental Research and Public Health, 22(7), 985 : « 25% of survivors avoiding vehicle use for up to four months ».
Conduite, santé et médicaments
- Code de la sécurité routière, RLRQ c. C-24.2. Article 95 : le titulaire du permis doit informer la SAAQ de tout changement dans les trente jours.
- Arrêté du 8 août 2008 relatif à l'apposition d'un pictogramme sur le conditionnement de certains médicaments. Les trois niveaux et leurs mentions exactes.
- Article R412-6-1 du code de la route. Interdiction du port à l'oreille de tout dispositif susceptible d'émettre du son.
Sur l'hypnose
- The Efficacy of Hypnosis as a Treatment for Anxiety: A Meta-Analysis. Valentine, K. E., Milling, L. S., Clark, L. J., & Moriarty, C. L. (2019). International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 67(3), 336-363. Quinze études, dix-sept essais.
Et les articles voisins
- Si la crainte porte sur le malaise plutôt que sur la conduite, voir L'Hypnose pour la Gestion du Stress et de l'Anxiété.
- Si c'est votre adolescent qui vient d'avoir son permis, voir Hypnose et Coaching pour Adolescents et Jeunes Adultes.
L'hypnose telle que pratiquée par les membres de Solutions Hypnose est une approche d'accompagnement complémentaire. Elle ne constitue ni un acte médical, ni un diagnostic, ni une psychothérapie au sens réglementaire, et elle ne remplace en aucun cas une consultation, un suivi ou un traitement prescrit par un professionnel de la santé.
Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles mentaux ou les maladies. Ils ne demandent jamais l'arrêt ou la modification d'un traitement en cours : cette décision relève exclusivement de votre médecin.
Aucun résultat ne peut être garanti. Les témoignages et exemples présentés sur cette page décrivent des expériences individuelles et ne préjugent pas de ce que vous vivrez.
En cas de détresse importante, de symptômes physiques inexpliqués ou de pensées suicidaires, contactez sans délai un médecin, les services d'urgence ou une ligne d'aide.
Page rédigée par Patricia Jouannet
hypnothérapeute et coach PNL
partenaire de Solutions Hypnose.