L'Hypnose pour les Effets Secondaires de la Chimiothérapie et de la Radiothérapie
Le rendez-vous est lundi. On est jeudi, et vous y pensez déjà.
Ce n'est pas seulement la perfusion. C'est le trajet, le stationnement, l'odeur du couloir au deuxième étage. Certaines personnes disent que le cœur se serre en voyant le bâtiment, d'autres que la nausée commence dans la voiture, avant que quoi que ce soit n'ait été injecté.
Et puis il y a le reste. La fatigue qui ne ressemble à aucune autre, celle qu'une nuit de sommeil n'entame pas. Les aliments qui n'ont plus le même goût. Le corps qu'on ne reconnaît pas dans le miroir. Les nuits où l'on se réveille à trois heures avec des questions auxquelles personne ne peut répondre.
Autour de vous, les gens veulent bien faire. On vous dit que vous êtes courageuse, qu'il faut garder le moral, qu'une amie d'amie s'en est sortie. Vous souriez, et vous gardez pour vous ce que vous pensez vraiment.
Cette page ne vous demandera pas d'être positive. Elle explique ce qu'un accompagnement complémentaire peut faire, ce qu'il ne peut pas, et ce qui doit toujours passer par votre équipe soignante.
Signalez toujours vos symptômes à votre équipe d'oncologie.
La fièvre est une urgence pendant une chimiothérapie. Le seuil qui impose d'appeler figure dans votre carnet de suivi, et c'est lui qui fait foi, car il n'est pas le même partout. Au Québec, la Fondation québécoise du cancer demande de se présenter à l'urgence à 38,3 °C, ou à 38 °C depuis une heure. En France, l'Institut national du cancer retient une fièvre de 38,5 °C ou plus, ou de 38 °C depuis 24 heures, ou au contraire une température sous 36,5 °C. Prenez votre température par la bouche, et ne prenez ni acétaminophène ni anti-inflammatoire avant d'avoir appelé : cela masque la fièvre.
Appelez aussi sans attendre en cas de frissons, de vomissements ou de diarrhée que vous ne parvenez pas à contrôler, si vous ne pouvez plus boire, en cas de saignements, d'essoufflement, de douleur inhabituelle, ou devant une rougeur, un écoulement ou une douleur au niveau de votre cathéter.
Signalez les fourmillements et les engourdissements dans les mains ou les pieds, même légers. Votre équipe s'en sert pour décider d'adapter ou non votre traitement, et elle ne peut le faire que si elle est informée.
Si vous êtes en radiothérapie, montrez toute réaction de la peau à l'équipe. Sur la zone traitée, n'appliquez ni crème grasse, ni produit parfumé ou alcoolisé avant une séance : les soins hydratants se posent entre les séances, et seulement ceux que votre équipe vous a indiqués.
Ne modifiez jamais vos médicaments contre la nausée de vous-même. L'hypnose ne les remplace pas.
Enfin, dites à votre équipe que vous consultez en hypnose, et demandez-lui ce que propose votre établissement.
Les effets secondaires de la chimiothérapie
La chimiothérapie agit sur les cellules qui se divisent rapidement, ce qui explique que ses effets touchent aussi des tissus sains. Ces effets varient énormément selon les protocoles et selon les personnes, et votre équipe est la seule à pouvoir vous dire ce qui vous concerne.
Les plus fréquemment rapportés sont la fatigue, les nausées et vomissements, les modifications du goût et de l'appétit, les troubles digestifs, les atteintes des muqueuses, la chute des cheveux, les fourmillements dans les mains et les pieds, les troubles du sommeil, les difficultés de concentration et de mémoire, et une détresse émotionnelle importante.
Trois formes de nausées, et une seule concerne vraiment l'hypnose
La médecine distingue plusieurs formes de nausées sous chimiothérapie. Trois d'entre elles concernent directement ce que vous vivez au quotidien, et la distinction change tout, parce qu'elles ne se traitent pas de la même façon.
- Les nausées aiguës surviennent dans les heures qui suivent la perfusion. Elles sont provoquées par le traitement et relèvent des antiémétiques prescrits, dont les protocoles se sont beaucoup améliorés ces dernières années.
- Les nausées retardées apparaissent les jours suivants. Même logique : elles se préviennent et se traitent médicalement.
- Les nausées anticipatoires surviennent avant la perfusion, parfois dès le trajet, à la vue du bâtiment ou à l'odeur d'un produit. Elles ne sont pas provoquées par le médicament, puisqu'il n'a pas encore été administré : ce sont des réactions apprises, par association entre un contexte et un malaise vécu lors des cures précédentes. C'est le même mécanisme qui fait saliver devant une odeur de cuisine.
Les antiémétiques prescrits visent les deux premières formes, celles que provoque le médicament. Ils ne préviennent pas les nausées anticipatoires, qui n'ont pas d'origine pharmacologique. Cela ne veut pas dire qu'aucun traitement n'existe pour elles : les recommandations internationales proposent, pour cette forme précise, à la fois un médicament prescrit et des approches comportementales, parmi lesquelles la relaxation musculaire progressive, la désensibilisation systématique et l'hypnose. C'est donc une conversation à avoir avec votre équipe, pas une chose à régler seule.
Et il y a un point sur lequel les recommandations sont unanimes : le meilleur moyen d'éviter que les nausées anticipatoires s'installent, c'est que les cures précédentes aient été bien couvertes sur le plan médicamenteux. Ce qui est une raison de plus de ne jamais alléger ses antiémétiques de sa propre initiative.
Si la peur de vomir est ancienne et dépasse le contexte des traitements, voir aussi L'Hypnose pour l'Émétophobie.
La radiothérapie pose des difficultés différentes
Les deux traitements sont souvent associés, et les pages qui les confondent rendent mal service. La radiothérapie a ses effets propres, et ils ne se travaillent pas de la même façon.
Ses effets secondaires sont d'abord locaux, c'est-à-dire limités à la zone traitée : réactions de la peau, irritation des muqueuses, difficultés à avaler pour la sphère ORL, troubles digestifs ou urinaires selon la région. Les nausées ne concernent que certaines localisations. Votre équipe vous a indiqué ce qui vous concerne.
La fatigue, elle, est générale et cumulative. Elle s'installe au fil des semaines, souvent avec un maximum en fin de traitement, et elle se prolonge parfois longtemps après la dernière séance. C'est l'effet le plus rapporté, et le plus sous-estimé de l'entourage, qui considère volontiers qu'une séance de quelques minutes ne peut pas fatiguer.
Le rythme est très particulier. La séance dure quelques minutes, mais elle se répète chaque jour, cinq jours par semaine, pendant plusieurs semaines. Ce n'est pas l'intensité qui use, c'est la répétition, les trajets quotidiens et l'organisation de toute une vie autour d'un créneau horaire.
Et il y a la séance elle-même. Vous êtes seule dans la salle, immobile, avec le bruit de la machine et l'obligation de ne pas bouger. C'est court, et cela peut paraître très long. Beaucoup de personnes trouvent ce moment plus difficile qu'elles ne l'avaient anticipé, et peu osent le dire.
Tout symptôme nouveau ou qui s'aggrave doit être signalé à votre équipe, y compris ceux que vous jugez mineurs ou honteux, et y compris les aphtes qui vous empêchent de boire.
Toute décision concernant votre traitement, y compris vos médicaments contre la nausée ou la douleur, appartient exclusivement à l'équipe qui vous suit.
L'impact des traitements au quotidien

La fatigue est l'effet le plus rapporté, et le plus mal compris de l'entourage. Ce n'est pas une fatigue que le repos répare : elle s'installe, elle rend chaque geste coûteux, et elle est souvent ce qui pèse le plus longtemps, bien après la dernière cure. Beaucoup de personnes décrivent le décalage entre ce qu'elles ressentent et ce que les autres imaginent, et l'énergie qu'il faut dépenser pour l'expliquer. Voir L'Hypnose pour les Troubles du Sommeil.
Le rythme de la vie se cale sur les traitements. En chimiothérapie, on apprend à connaître les bons jours et les mauvais, à placer ce qui compte dans une fenêtre, à annuler sans prévenir. En radiothérapie, c'est l'inverse : le créneau quotidien devient le point fixe autour duquel tout le reste s'organise, pendant des semaines, y compris le travail et la garde des enfants.
Le corps change et le regard sur soi avec lui : les cheveux, le poids, les cicatrices, la peau. Cette dimension est rarement abordée avec l'équipe médicale, alors qu'elle occupe beaucoup de place.
Les proches s'inquiètent, et cela aussi demande de l'énergie. Beaucoup de personnes en traitement décrivent le travail invisible qui consiste à rassurer les autres.
Les douleurs et les sensations inhabituelles ponctuent le parcours. Voir L'Hypnose pour la Gestion de la Douleur, en rappelant que toute douleur nouvelle se signale d'abord.
Et il y a la peur. Celle du résultat du prochain examen, celle de la récidive, parfois celle de mourir. Elle n'est pas un défaut de moral, c'est une réaction ajustée à la situation. Voir L'Hypnose pour la Gestion du Stress et de l'Anxiété.
Les ressources qui existent autour de vous
Commencez par ce que votre établissement propose déjà. C'est la partie la plus sous-utilisée du parcours.
- Les soins de support, prévus dans le parcours de soins : prise en charge de la douleur, diététique, soutien psychologique, accompagnement social, activité physique adaptée, socio-esthétique. En France, neuf d'entre eux composent un « panier de soins de support » validé au niveau national et remboursé en totalité ou en partie par l'Assurance maladie. Au Québec, ces services existent au sein de l'équipe d'oncologie du réseau public et ne vous coûtent rien au point de service.
- L'hypnose en établissement existe dans certains hôpitaux, pratiquée par des soignants formés, mais l'offre varie beaucoup d'un établissement à l'autre et d'un pays à l'autre. Posez la question à votre équipe : si elle en propose, c'est la première porte à pousser, et elle est déjà dans votre parcours.
- Votre infirmière de coordination ou pivot, qui est l'interlocutrice la plus rapide pour tout ce qui concerne les symptômes.
- Le soutien psychologique, et en particulier la psycho-oncologie, qui est le champ consacré au vécu psychologique du cancer. C'est l'interlocuteur de référence quand la détresse occupe le premier plan.
- Les associations de patients, dont l'apport sur l'isolement est considérable, et les lignes d'information nationales, dont les numéros figurent en bas de cette page.
- Un accompagnement du deuil si la maladie touche un proche, ou pour les pertes que la maladie elle-même occasionne. Voir L'Hypnose pour la Tristesse et le Deuil.
L'hypnose en cabinet vient en complément de ce dispositif, et jamais à sa place. Un point de transparence, puisque personne ne le dit : elle n'est remboursée par aucun régime public, ni au Québec, ni en France, ni au Maroc.
L'Hypnose pendant les traitements : objectifs et bénéfices
Commençons par ce que l'hypnose ne fait pas, et cette liste est la plus importante de la page.
Elle n'a aucun effet sur la maladie. Elle ne ralentit rien, ne renforce aucune défense, et n'influence pas l'issue de votre traitement. Elle ne remplace ni la chimiothérapie, ni les antiémétiques, ni les antalgiques. Elle ne doit jamais retarder un appel à votre équipe ni masquer un symptôme. Et elle ne vous demandera pas d'être positive.
Ce qu'un accompagnement vise
- L'appréhension des gestes, notamment la pose de la voie veineuse, le port-à-cath, les examens d'imagerie et les prises de sang. C'est l'indication la mieux appuyée : les recommandations conjointes de la Society for Integrative Oncology et de l'American Society of Clinical Oncology citent nommément l'hypnose pour la douleur liée aux gestes.
- Les nausées anticipatoires, en défaisant l'association apprise entre le contexte des soins et le malaise. L'hypnose figure parmi les approches comportementales que les recommandations internationales citent pour cette forme précise, aux côtés de la relaxation et de la désensibilisation, sans qu'aucune ne soit placée devant les autres.
- Les séances de radiothérapie, en particulier l'immobilité et le fait d'être seule dans la salle.
- Le vécu de la douleur, en complément des traitements prescrits et une fois le symptôme signalé.
- Le sommeil, souvent le premier changement remarqué.
- L'anxiété et la rumination, en particulier dans les jours qui précèdent un examen de contrôle.
- Le rapport au corps, pendant et après.
- Les bouffées de chaleur, fréquentes après un cancer du sein et sous hormonothérapie. Nous en détaillons l'état sur L'Hypnose pour la Ménopause.
Se préparer aux séances de radiothérapie
C'est la demande la plus précise que nous recevons sur ce sujet, et celle où un accompagnement court a le plus de sens : la situation est connue, brève, et elle se répète à l'identique.
Le premier réflexe est d'en parler à l'équipe de radiothérapie. Les manipulateurs connaissent bien l'appréhension des séances et disposent de solutions : parler par l'interphone, annoncer la durée et les étapes, mettre de la musique, adapter l'installation. Ce n'est pas une faveur, cela fait partie de leur métier.
La préparation est notre part. Elle consiste à parcourir mentalement la séance, du couloir à la table, jusqu'à ce qu'elle devienne familière ; à travailler le rapport à la durée, puisque le temps semble s'étirer quand on ne bouge pas ; et à apprendre un exercice d'autohypnose utilisable allongée, immobile et les yeux fermés, ce qui correspond exactement à la position du traitement. Un enregistrement écouté avant d'entrer dans la salle aide beaucoup de personnes.
Si la peur des espaces clos est ancienne et ne se limite pas aux soins, voir L'Hypnose pour la Claustrophobie.
Vous n'avez pas à être positive
Il faut le dire clairement, parce que c'est ce que les personnes en traitement entendent le plus et supportent le moins.
L'idée que le moral, la combativité ou la pensée positive influeraient sur l'évolution d'un cancer est très répandue. Elle n'est pas soutenue par les données. La synthèse la plus complète sur la question, publiée dans le *British Medical Journal*, a repris vingt-six études sur la survie et onze sur la récidive : dans leur grande majorité, celles qui ont examiné l'esprit combatif ou le sentiment d'impuissance n'ont trouvé aucune association. Ses auteurs concluent que les personnes atteintes de cancer ne devraient pas se sentir obligées d'adopter une attitude particulière pour améliorer leur survie ou réduire leur risque de récidive.
Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, c'est un soulagement. Cela signifie que vous n'avez pas à ajouter, au traitement, la tâche épuisante d'être combative en permanence. Vous avez le droit d'avoir peur, d'être en colère, d'être découragée certains jours. Rien de tout cela n'aggrave votre maladie, et personne ne devrait vous laisser croire le contraire.
Une précision, parce que les deux questions se confondent souvent. Dire que votre attitude n'influence pas la maladie ne veut pas dire que le soutien ne sert à rien. La détresse et la dépression se repèrent, se prennent en charge, et méritent qu'on s'en occupe pour elles-mêmes. C'est simplement une autre question que celle du pronostic, et c'est là, et seulement là, qu'un accompagnement a du sens.
Ce que dit la recherche
C'est l'un des domaines où l'hypnose a été le plus étudiée, et les résultats sont réels tout en restant circonscrits.
Sur la douleur liée aux gestes, les recommandations conjointes de la Society for Integrative Oncology et de l'American Society of Clinical Oncology, publiées en 2022, citent l'hypnose parmi les approches à envisager, avec un niveau de preuve qualifié d'intermédiaire. Cette recommandation vise précisément la douleur des ponctions, des poses de voie et des examens, pas la douleur cancéreuse en général.
Sur la chirurgie, un essai randomisé publié en 2007 dans le *Journal of the National Cancer Institute* a évalué une séance d'hypnose de quinze minutes avant l'intervention, chez deux cents femmes devant subir une biopsie-exérèse ou une tumorectomie du sein. Le groupe accompagné a rapporté moins de douleur, moins de nausées, moins de fatigue, moins d'inconfort et moins de détresse émotionnelle à la sortie, et a reçu moins de propofol et de lidocaïne pendant l'intervention. Le coût par personne pour l'établissement était inférieur de 773 dollars. Les participantes savaient dans quel groupe elles se trouvaient, ce qui est la limite habituelle de ce type d'essai.
Sur les nausées anticipatoires, une revue systématique a rassemblé les essais disponibles : cinq des six portaient sur des enfants, et c'est chez eux que la conclusion est favorable. Ses auteurs demandaient que la question soit étudiée chez l'adulte. Il faut ajouter que beaucoup de ces travaux sont antérieurs aux protocoles antiémétiques actuels, ce qui rend leur portée aujourd'hui difficile à évaluer.
Sur la fatigue en radiothérapie, un essai randomisé publié en 2014 dans le *Journal of Clinical Oncology*, portant sur deux cents femmes traitées pour un cancer du sein, a évalué une intervention associant thérapie cognitive et comportementale et hypnose. Le groupe accompagné rapportait une fatigue moindre à la fin du traitement et jusqu'à six mois après. Précision qui compte : c'est la combinaison qui a été évaluée, et l'essai ne permet pas d'attribuer l'effet à l'hypnose seule.
Sur l'évolution de la maladie, rien. Aucune donnée ne permet d'affirmer qu'un accompagnement psychologique, hypnose comprise, modifie le pronostic. Toute page qui le suggère, même à demi-mot, vous trompe.
Un exemple d'accompagnement
*Exemple illustratif. Le prénom est modifié et le cheminement décrit n'engage que la personne qui l'a vécu.*

Martine en était à sa troisième cure quand elle a consulté. Ses antiémétiques fonctionnaient correctement après la perfusion, mais depuis la deuxième cure, la nausée commençait sur le trajet, dès qu'elle apercevait le bâtiment. Elle avait cessé de déjeuner les jours de traitement, et elle n'en avait parlé à personne, persuadée que c'était un détail dont on ne dérange pas une équipe d'oncologie. Elle est arrivée en s'excusant presque, en disant qu'elle savait bien que d'autres avaient des problèmes plus graves que les siens.
Nous lui avons d'abord demandé d'en parler à son infirmière de coordination, parce que ce type de nausée se signale et qu'une adaptation médicale est parfois possible. Elle l'a fait, et le travail a commencé en parallèle de son suivi.
Il a porté sur deux choses. D'abord le trajet lui-même, parcouru mentalement en séance, jusqu'au fauteuil. Ensuite un exercice court qu'elle pouvait utiliser dans la voiture, puis en salle d'attente.
> « La nausée n'a pas disparu. Mais elle ne commence plus en sortant de chez moi, et j'arrive à manger le matin. » > Martine, prénom modifié
Elle a terminé son protocole comme prévu. C'est son équipe qui l'y a menée, et c'était le seul objectif qui comptait. Chaque situation est différente, et le cheminement de Martine ne préjuge en rien de ce que vous vivrez.
Le déroulement d'une séance d'Hypnose sur ce sujet
L'entretien. Où vous en êtes de votre protocole, ce qui vous gêne le plus, ce que votre équipe a déjà mis en place, et vos traitements en cours. Nous vous demanderons systématiquement si vos symptômes ont été signalés. Si ce n'est pas le cas, cela passe avant tout le reste.
L'objectif. Formulé ensemble, modeste et daté. Par exemple : arriver à la cure de mardi sans que la nausée commence dans la voiture, ou dormir la nuit précédant le scanner.
L'induction. Un état naturel d'attention focalisée que vous connaissez déjà sans le nommer. Vous restez consciente, vous entendez tout, vous pouvez parler et vous arrêter quand vous le souhaitez. Les séances sont raccourcies si la fatigue le demande.
Le travail. Il porte le plus souvent sur l'association apprise entre le contexte des soins et le malaise, sur la préparation d'un geste à venir, sur le confort et sur le sommeil.
Le retour et l'exercice. Un échange, et un exercice d'autohypnose à emporter, souvent enregistré pour que vous puissiez l'écouter à l'hôpital, avec des écouteurs, pendant la perfusion.
En pratique. Les séances se font par vidéo aussi bien qu'en cabinet, et c'est souvent préférable pendant un protocole : pas de trajet, pas de salle d'attente, et la possibilité d'annuler sans difficulté un jour de fatigue.
Le nombre de séances se définit lors du premier entretien, en fonction du calendrier de vos cures, qui passe avant le nôtre.
Prendre rendez-vous

Avant de prendre rendez-vous, vérifiez ce que propose votre établissement. S'il offre de l'hypnose en soins de support, c'est la première porte à pousser : elle est dans votre parcours, elle est assurée par des soignants qui connaissent votre protocole, et elle ne vous coûtera rien. Nous vous le dirons de toute façon au premier entretien, parce que c'est le conseil qui vous sert le mieux, même s'il ne nous sert pas. Ce n'est qu'ensuite, si cette porte n'existe pas chez vous ou si les délais sont longs, qu'un accompagnement en cabinet prend son sens.
En cabinet, nos praticiens reçoivent à Montréal, Québec, Laval, Sherbrooke, Gatineau, Paris, Lille, Montpellier, Strasbourg et Casablanca. En visioconférence, où que vous soyez dans le monde, et c'est souvent le format qui convient le mieux pendant un protocole. Le mode d'emploi est ici.
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Questions fréquentes sur l'Hypnose pour les Effets Secondaires de la Chimiothérapie et de la Radiothérapie
Non. Elle n'a aucun effet sur la maladie, sur les cellules ou sur le pronostic, et aucune donnée ne permet de prétendre le contraire. Ce qu'elle peut accompagner, c'est la façon dont vous traversez les traitements. Si quelqu'un vous propose autre chose, éloignez-vous.
Non, jamais de vous-même. Ces médicaments préviennent des nausées d'origine pharmacologique que l'hypnose ne couvre pas, et ils fonctionnent d'autant mieux qu'ils sont pris comme prévu. Les recommandations internationales insistent même sur ce point : le meilleur moyen d'éviter que les nausées anticipatoires s'installent, c'est que les cures précédentes aient été bien couvertes. Si vous pensez que votre protocole peut être allégé, c'est une conversation à avoir avec votre oncologue.
La première réponse n'est pas l'hypnose : signalez-les à votre équipe, dès maintenant, même s'ils vous paraissent légers. Ces symptômes sont surveillés de près, et les recommandations internationales prévoient qu'ils puissent conduire à adapter une dose ou un protocole. Votre équipe ne peut en tenir compte que si elle en est informée. Une fois ce signalement fait et votre suivi en place, un accompagnement peut porter sur la façon dont vous vivez ces sensations au quotidien, jamais sur le fait de moins les remarquer.
Non. L'état hypnotique est un état d'attention focalisée, pas un sommeil ni une mise sous influence. Vous restez consciente, vous entendez tout, vous gardez la capacité de refuser une suggestion, de parler ou d'interrompre la séance.
Une séance d'hypnose n'est pas un médicament : elle ne s'administre pas, elle ne se dose pas, et elle ne s'ajoute pas à votre ordonnance. Cela dit, la compatibilité de toute démarche avec votre protocole appartient à votre équipe, et à elle seule. Dites-lui que vous consultez en hypnose, comme pour toute démarche complémentaire. Et signalez-lui aussi tout complément alimentaire ou produit naturel que vous prendriez : ceux-là peuvent réellement interagir avec un traitement anticancéreux.
La psychothérapie est un acte encadré par la loi, réservé à des professionnels autorisés dont le titre est protégé. En oncologie, un champ lui est consacré, la psycho-oncologie, accessible dans votre parcours de soins. C'est l'interlocuteur de référence quand la souffrance psychologique occupe le premier plan. L'hypnose telle que nous la pratiquons est un accompagnement plus circonscrit, qui vient à côté et jamais à la place.
C'est fréquent et rarement exprimé. Parlez-en à l'équipe avant votre prochaine séance : elle dispose de solutions concrètes, et dans certains cas votre médecin peut prescrire un traitement pour les séances. Une préparation en hypnose peut s'y ajouter, centrée sur l'immobilité et sur la durée. Ce qu'il ne faut surtout pas faire, c'est manquer des séances sans le dire.
La fatigue est l'effet le plus rapporté, elle s'accumule au fil des semaines et se prolonge souvent après la dernière séance. Votre entourage aura du mal à le comprendre, puisqu'une séance ne dure que quelques minutes. Ce n'est pas dans votre tête, c'est documenté.
Les séances se font par vidéo, depuis votre lit si nécessaire, et elles peuvent être raccourcies. Sur ce sujet, s'adapter à votre état du jour fait partie du travail.
C'est souvent le moment le plus déroutant : le protocole s'arrête, l'entourage considère que c'est terminé, et vous restez avec la fatigue, les séquelles et la peur de la récidive, qui a un pic avant chaque examen de contrôle. Cette période se travaille bien, et elle est trop souvent laissée sans accompagnement.
Le nombre de séances se définit lors du premier entretien, en fonction du calendrier de vos cures. Il est souvent volontairement réduit : votre énergie est comptée.
Où trouver de l'aide.
Au Québec : votre infirmière pivot en oncologie d'abord · Info-Santé 811, option 1, jour et nuit, pour un symptôme physique · Info-Social 811, option 2, pour un soutien psychosocial · Société canadienne du cancer, 1 888 939-3333, sans frais, avec clavardage.
En France : votre infirmière de coordination et les soins de support de votre établissement · Cancer info, Institut national du cancer, 0 805 123 124, gratuit et confidentiel · Ligue contre le cancer, 0 800 940 939.
Au Maroc : le centre d'oncologie qui assure votre suivi reste le point d'entrée ; la Fondation Lalla Salma tient l'annuaire des centres du pays.
En cas de détresse ou de pensées suicidaires : au Québec, 1 866 277-3553 ou un texto au 535353, jour et nuit ; en France, 3114, gratuit, jour et nuit.
Sources et références
Ressources institutionnelles
- Chimiothérapie : quels effets indésirables possibles ? et les effets sur le sang. Institut national du cancer. C'est la seconde page qui porte les seuils de fièvre français.
- Les effets indésirables possibles de la radiothérapie. Institut national du cancer. Source de la consigne sur les crèmes.
- Que sont les soins oncologiques de support ? Institut national du cancer.
- Neutropénie fébrile. Fondation québécoise du cancer. Source du seuil québécois.
- Effets secondaires de la chimiothérapie. Société canadienne du cancer.
Références scientifiques
- Integrative Medicine for Pain Management in Oncology: Society for Integrative Oncology-ASCO Guideline. Mao, J. J. et coll. (2022). Journal of Clinical Oncology, 40(34), 3998-4024. En anglais. C'est la recommandation qui cite l'hypnose pour la douleur liée aux gestes.
- 2016 updated MASCC/ESMO consensus recommendations: Anticipatory nausea and vomiting. Dupuis, L. L. et coll. (2017). Supportive Care in Cancer, 25(1), 317-321. En anglais.
- A randomized clinical trial of a brief hypnosis intervention to control side effects in breast surgery patients. Montgomery, G. H. et coll. (2007). Journal of the National Cancer Institute, 99(17), 1304-1312. En anglais.
- Randomized controlled trial of a cognitive-behavioral therapy plus hypnosis intervention to control fatigue in patients undergoing radiotherapy for breast cancer. Montgomery, G. H. et coll. (2014). Journal of Clinical Oncology, 32(6), 557-563. En anglais.
- Hypnosis for nausea and vomiting in cancer chemotherapy: a systematic review. Richardson, J. et coll. (2007). European Journal of Cancer Care, 16(5), 402-412. En anglais.
- Prevention and Management of Chemotherapy-Induced Peripheral Neuropathy: ASCO Guideline Update. Loprinzi, C. L. et coll. (2020). Journal of Clinical Oncology, 38(28), 3325-3348. En anglais. C'est la recommandation qui prévoit d'adapter le traitement selon la neuropathie.
- Influence of psychological coping on survival and recurrence in people with cancer: systematic review. Petticrew, M., Bell, R., & Hunter, D. (2002). BMJ, 325(7372), 1066. En anglais, texte intégral en accès libre. C'est la source de la section « Vous n'avez pas à être positive ».
Et les articles voisins
- Si la peur de vomir est ancienne et dépasse le contexte des soins, voir L'Hypnose pour l'Émétophobie.
- Si l'immobilité et l'enfermement sont le point difficile, voir L'Hypnose pour la Claustrophobie.
- Pour la douleur, voir L'Hypnose pour la Gestion de la Douleur, et pour la fatigue et le sommeil, L'Hypnose pour les Troubles du Sommeil.
- Pour l'anxiété des examens de contrôle, voir L'Hypnose pour la Gestion du Stress et de l'Anxiété.
L'hypnose telle que pratiquée par les membres de Solutions Hypnose est une approche d'accompagnement complémentaire. Elle ne constitue ni un acte médical, ni un diagnostic, ni une psychothérapie au sens réglementaire, et elle ne remplace en aucun cas une consultation, un suivi ou un traitement prescrit par un professionnel de la santé.
Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles mentaux ou les maladies. Ils ne demandent jamais l'arrêt ou la modification d'un traitement en cours : cette décision relève exclusivement de votre médecin.
Aucun résultat ne peut être garanti. Les témoignages et exemples présentés sur cette page décrivent des expériences individuelles et ne préjugent pas de ce que vous vivrez.
En cas de détresse importante, de symptômes physiques inexpliqués ou de pensées suicidaires, contactez sans délai un médecin, les services d'urgence ou une ligne d'aide.
Page rédigée par Patricia Jouannet
hypnothérapeute et coach PNL
partenaire de Solutions Hypnose.