Que dit la Science sur l'Hypnose ?

Nous vivons de l'hypnose. Nous avons donc un intérêt évident à vous dire qu'elle marche.

C'est précisément pour ça que cette page existe : pour vous donner de quoi juger par vous-même, y compris là où les résultats ne nous arrangent pas.

Vous y trouverez ce qui est solidement établi, ce qui est encourageant sans être démontré, ce qui a été étudié avec des résultats décevants, et ce qui n'a jamais été étudié sérieusement. Cette dernière catégorie est la plus grande, et c'est rarement dit.

Point d'interrogation blanc dans un cercle bleu

La référence francophone : le rapport de l'Inserm

En juin 2015, à la demande de la Direction générale de la Santé, en France, une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale dirigée par Bruno Falissard a publié une évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose. Les chercheurs y ont analysé 52 essais cliniques.

C'est le document de référence en français. Il fait plus de deux cents pages, il est public et gratuit, et sa conclusion tient en deux phrases.

Ce que le rapport retient comme établi : un intérêt thérapeutique en anesthésie peropératoire et dans le syndrome du côlon irritable.

Ce qu'il juge insuffisant, voire décevant : le sevrage tabagique et la prise en charge de la douleur pendant l'accouchement.

Le rapport souligne également que les risques liés à l'hypnose sont particulièrement limités, et pointe l'hétérogénéité des formations en France ainsi que le fait que le statut d'hypnothérapeute n'est pas réglementé.

Le rapport date de 2015 et la recherche a continué depuis, mais aucune évaluation institutionnelle francophone de cette ampleur ne l'a remplacé.

Ce qui est le mieux documenté

La douleur et l'hypnosédation

C'est le domaine le plus solide, et de loin.

L'hypnosédation réduit la consommation d'antalgiques et de sédatifs pendant des gestes médicaux : extractions dentaires, biopsies, coloscopies, interventions par cathéter, et jusqu'à certaines opérations lourdes. Les bénéfices mesurés portent aussi sur l'anxiété des patients, la durée et le coût des interventions.

Deux précisions importantes. Cela se pratique dans un cadre de soins, par des professionnels de santé : ce n'est pas ce que nous faisons, et cela ne se substitue jamais à une prise en charge médicale conventionnelle. Et c'est aussi le seul domaine où le degré de réceptivité individuelle à l'hypnose semble compter nettement.

Le syndrome du côlon irritable

Deuxième domaine retenu par l'Inserm. Des séances régulières d'hypnothérapie limitent les symptômes digestifs : douleurs abdominales, ballonnements, alternance diarrhée-constipation.

C'est le seul motif relevant de l'hypnothérapie au sens courant du terme pour lequel les données sont considérées comme suffisantes, et il est souvent ignoré par les personnes concernées. Nous y consacrons une page : l'hypnose pour le syndrome du côlon irritable.

Ce qui est encourageant sans être démontré

L'anxiété. Une méta-analyse publiée en 2019 dans l'*International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis* a réuni quinze études comparant l'hypnose à des conditions contrôles. Les auteurs rapportent un effet moyen important en fin d'accompagnement. Un résultat mérite d'être souligné : l'hypnose obtenait de meilleurs résultats en complément d'autres interventions psychologiques qu'utilisée seule. C'est la référence que nous citons sur la plupart de nos pages, et c'est aussi pourquoi nous nous présentons comme une approche complémentaire.

L'anxiété d'examen chez les étudiants. Une revue systématique de 2023 conclut que l'hypnose aide à la diminuer, tout en relevant que les douze études retenues sont très hétérogènes et que des recherches plus rigoureuses restent nécessaires.

Les bouffées de chaleur, notamment après un cancer du sein, font l'objet de travaux plutôt favorables.

Dans ces domaines, il existe un faisceau d'indications. Ce n'est pas la même chose qu'une démonstration, et nous ne l'écrirons pas comme si ça l'était.

Ce qui a été étudié avec des résultats décevants

Il faut le dire, y compris quand cela concerne des motifs pour lesquels des gens nous consultent.

Le sevrage tabagique. L'Inserm range les données dans la catégorie « insuffisantes, voire décevantes ». D'autres synthèses, dont une revue Cochrane de 2019, concluent que rien ne permet d'affirmer que l'hypnose fasse mieux que les autres approches d'aide à l'arrêt.

Cela ne veut pas dire que ça ne fonctionne pour personne : des gens arrêtent de fumer après une séance, et c'est réel. Cela veut dire qu'on ne peut pas affirmer que c'est l'hypnose qui en est la cause, plutôt que la décision déjà prise, le moment choisi ou le fait d'avoir mis de l'argent sur la table.

La douleur de l'accouchement. Même verdict dans le rapport, ce qui peut surprendre vu la popularité de la préparation par hypnose. Les bénéfices rapportés portent davantage sur le vécu de la naissance que sur l'intensité douloureuse mesurée.

Ce qui n'a pas été étudié sérieusement

Et c'est la catégorie la plus vaste.

Confiance en soi, perte de sens au travail, procrastination, jalousie, deuil, blocages créatifs, éco-anxiété, intuition, relation à l'alimentation : la quasi-totalité des motifs de consultation courants n'a fait l'objet d'aucun essai contrôlé de qualité.

Ce n'est pas un aveu d'inefficacité. C'est un constat de terrain : ces sujets sont difficiles à découper en variables mesurables, ils intéressent peu les financeurs de recherche, et les critères de jugement y sont beaucoup moins nets qu'un score de douleur.

Ce que nous en tirons, et c'est ce que vous lirez sur nos pages : nous décrivons ce que nous observons en cabinet, nous expliquons le raisonnement quand il en existe un, et nous précisons que ce n'est pas une démonstration. Quand nous citons une étude portant sur l'anxiété pour parler d'autre chose, nous le disons.

Pourquoi l'hypnose est difficile à évaluer

Le rapport de l'Inserm pointe lui-même une difficulté de fond, et il vaut la peine de la comprendre plutôt que de s'en servir comme excuse.

Il n'y a pas de placebo d'hypnose. On peut donner un comprimé sans principe actif. On ne peut pas donner une séance d'hypnose sans hypnose : la relation, l'attention portée, la voix, le temps passé font partie de l'intervention.

L'intervention n'est pas standardisée. Deux praticiens ne font pas la même chose, et un bon praticien ne fait pas la même chose avec deux personnes différentes. C'est une force en cabinet et un problème méthodologique en recherche.

Les critères de jugement. Comment mesure-t-on « aller mieux » ? Un score de douleur se mesure. Une relation apaisée à son propre corps, beaucoup moins.

Les auteurs relèvent d'ailleurs que des études qualitatives conduisent à relativiser la portée des conclusions négatives : les bénéfices décrits par les patients ne sont pas toujours ceux que les protocoles mesurent.

Ce que cet argument ne permet pas de faire, c'est d'écarter tout résultat défavorable. Si la difficulté d'évaluation servait à ne jamais rien conclure, elle ne serait plus un argument mais une échappatoire.

Ce que montre l'imagerie cérébrale

L'état hypnotique n'est ni le sommeil, ni la simple vigilance. Les techniques d'imagerie modernes ont confirmé qu'il correspond à une organisation particulière de l'activité cérébrale, différente de celle de l'éveil ordinaire.

C'est un point important : il se passe réellement quelque chose, et l'hypnose n'est pas une simple complaisance sociale.

En revanche, cela ne dit rien de son efficacité sur tel ou tel problème. Qu'un état existe et soit mesurable ne prouve pas qu'il soigne quoi que ce soit. C'est un raccourci fréquent sur les sites d'hypnose, et il ne tient pas.

Hypnose et souvenirs : la question la plus sérieuse

C'est la critique la plus solide adressée à l'hypnose, et nous préférons la traiter plutôt que de l'éviter.

Le problème

L'état hypnotique augmente la disponibilité de l'imaginaire et la réceptivité aux suggestions. Ces deux caractéristiques, qui font son intérêt, produisent un effet secondaire documenté : des contenus peuvent émerger avec un sentiment de réalité totale sans correspondre à ce qui s'est réellement passé.

Le problème n'est pas que la personne mente. C'est qu'elle n'a aucun moyen, de l'intérieur, de distinguer un souvenir d'une reconstruction. Et un détail évoqué sous hypnose tend ensuite à être mémorisé avec plus de certitude qu'avant, y compris quand il est faux.

La question a donné lieu à des controverses majeures, en particulier autour des « souvenirs retrouvés » d'abus, avec des conséquences judiciaires et familiales considérables. De nombreuses juridictions encadrent ou écartent aujourd'hui les témoignages obtenus sous hypnose. Au Canada, depuis l'arrêt R. c. Trochym de 2007, la Cour suprême présume inadmissible le témoignage recueilli après une séance d'hypnose.

Ce que cela implique en pratique

  • Un praticien sérieux ne part pas à la recherche de souvenirs oubliés. Ce n'est pas une méthode d'investigation du passé.
  • Ce qui émerge en séance n'est jamais présenté comme une vérité établie. Cela a de la valeur pour ce que ça dit de vous aujourd'hui, pas comme pièce à conviction.
  • Les questions suggestives sont évitées, et c'est une compétence qui s'apprend.
  • Si on vous propose une « régression » censée révéler ce qui vous est arrivé, ou des vies antérieures présentées comme des faits, posez des questions. Notre page quel type d'hypnose choisir aide à s'y retrouver entre les approches.

Et si des souvenirs remontent quand même ?

Cela arrive, et ce n'est pas anormal. Le travail consiste alors à accompagner ce que vous ressentez maintenant, sans transformer la séance en enquête, et sans qu'aucune conclusion ne soit tirée sur votre histoire.

Si ce qui remonte concerne des faits graves, cela relève d'un accompagnement spécialisé et, le cas échéant, d'une démarche judiciaire qui passera par d'autres voies que l'hypnose.

Comment lire les promesses que vous trouverez ailleurs

Quelques repères, applicables à n'importe quel site, y compris le nôtre.

« Des études scientifiques ont prouvé que… » Lesquelles ? Un site sérieux donne l'auteur, l'année et la revue, et le lien mène à la publication, pas à un blogue.

« Efficace à 95 % ». Sur quoi, mesuré comment, sur combien de personnes, avec quel groupe de comparaison ?

Une méta-analyse citée pour un autre sujet. Une étude sur l'anxiété ne démontre rien sur la fertilité, la concentration ou le TDAH. Si le lien est un raisonnement, il doit être présenté comme tel.

Une seule étude, ancienne, jamais reproduite. C'est une piste, pas une preuve.

Une neuro-image en illustration. Une belle image de cerveau ne démontre aucune efficacité clinique.

Alors, faut-il essayer ?

Ce que la science permet de dire honnêtement : l'état hypnotique existe et se mesure. Les risques sont limités. L'effet sur la douleur et sur le syndrome du côlon irritable est établi. L'effet sur l'anxiété est bien étayé, surtout en complément d'autres approches. Sur la plupart des autres motifs, il n'y a pas de données solides, ni dans un sens ni dans l'autre.

Ce qui reste vrai dans tous les cas : l'hypnose ne remplace aucun diagnostic ni aucun traitement, elle se conçoit en complément, et si votre situation relève d'abord d'un médecin, c'est par là qu'il faut commencer. Les données présentées ici portent sur des populations étudiées : elles ne préjugent en rien de ce que vous vivrez.

Deux fauteuils face à face dans un bureau clair de Solutions Hypnose

Une question sur ce qui est documenté pour votre situation ? Écrivez-nous, nous vous répondrons sans enjoliver : posez-nous votre question. Si vous êtes prêt, prenez rendez-vous ; nous en reparlerons à l'entretien préalable, avant toute séance. Où que vous soyez dans le monde, la consultation par vidéo offre le même entretien préalable et la même séance qu'en cabinet. Nous recevons ainsi des personnes depuis la France, le Québec, le Maroc et bien au-delà. Le mode d'emploi est ici.

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Questions fréquentes sur la science et l'hypnose

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Sources

Le rapport de référence

Études citées

  • Valentine, K. E., Milling, L. S., Clark, L. J., & Moriarty, C. L. (2019). *The Efficacy of Hypnosis as a Treatment for Anxiety: A Meta-Analysis*. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 67(3), 336-363. doi.org/10.1080/00207144.2019.1613863
  • Pachaiappan, S., Tee, M. Y., & Low, W. Y. (2023). *Hypnosis interventions for reducing test anxiety among students: A systematic review*. Cogent Psychology, 10(1). doi.org/10.1080/23311908.2023.2281745
  • Elkins, G., Marcus, J., Stearns, V., et al. (2008). *Randomized Trial of a Hypnosis Intervention for Treatment of Hot Flashes Among Breast Cancer Survivors*. Journal of Clinical Oncology, 26(31), 5022-5026. doi.org/10.1200/JCO.2008.16.6389
  • Barnes, J., McRobbie, H., Dong, C. Y., Walker, N., & Hartmann-Boyce, J. (2019). *Hypnotherapy for smoking cessation*. Cochrane Database of Systematic Reviews. résumé en français

Hypnose et souvenirs

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Christian Rocher

Page rédigée par Christian Rocher
hypnothérapeute et coach PNL
partenaire de Solutions Hypnose.

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