L'Hypnose et les MICI : Maladie de Crohn, Rectocolite Hémorragique
Ce n'est pas seulement la douleur. C'est de ne jamais savoir de quoi demain sera fait.
C'est la fatigue que personne ne voit et que tout le monde sous-estime, y compris vous, parce qu'elle ne se mesure nulle part. C'est la perfusion à caler entre deux réunions. C'est la coloscopie qui approche et à laquelle vous pensez depuis trois semaines.
C'est aussi ce que la maladie a pris sans prévenir : un voyage annulé, un poste refusé, une soirée écourtée, et l'habitude de vérifier où sont les toilettes partout où vous allez.
Et il y a ce que vous n'avez sans doute dit à personne : la peur de la prochaine poussée, celle qui s'installe justement quand tout va bien.
Disons-le avant tout le reste. L'hypnose ne traite pas une maladie inflammatoire chronique de l'intestin, ne la guérit pas, n'espace pas les poussées et ne remplace aucun traitement. Votre gastro-entérologue est votre seule référence sur la maladie, les traitements et leur suivi. Ne réduisez et n'interrompez jamais un traitement de fond sur la foi d'une amélioration ressentie : les conséquences d'un arrêt inapproprié peuvent être graves, y compris chirurgicales. Ce que l'hypnose peut accompagner, c'est ce que la maladie vous fait vivre. C'est autre chose, et ce n'est pas rien.
De quoi parle-t-on
Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, ou MICI, regroupent principalement la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.
Ce sont des maladies organiques : il existe une inflammation réelle, des lésions visibles, un mécanisme immunitaire. Elles évoluent par poussées et rémissions, elles se suivent en gastro-entérologie, et elles se traitent.
C'est exactement ce qui les distingue du syndrome de l'intestin irritable, où l'organe est sain. Cette distinction n'est pas une subtilité de vocabulaire : elle détermine ce que l'hypnose peut et ne peut pas faire. Elle est expliquée sur notre page système digestif.
Contactez votre équipe soignante sans attendre en cas de douleur abdominale inhabituelle ou qui s'intensifie, de fièvre, d'arrêt du transit, de vomissements répétés, de saignements importants, ou de tout changement marqué par rapport à ce que vous connaissez de votre maladie. Chez une personne suivie pour une MICI, ces signes peuvent annoncer une poussée ou une complication qui se prennent en charge d'autant mieux qu'on s'en occupe tôt.
Ce que la maladie prend, au-delà des symptômes

La fatigue. C'est le symptôme le plus fréquemment cité par les personnes atteintes, et le moins pris au sérieux par l'entourage. Elle persiste souvent en rémission, elle n'est pas proportionnelle à l'inflammation, et elle limite la vie plus que la douleur. L'imprévisibilité. Une MICI ne prévient pas. On finit par ne plus rien projeter à trois mois, et c'est une fatigue supplémentaire. Les examens et les traitements. Coloscopies, perfusions, injections, prises de sang régulières. Beaucoup de personnes développent une appréhension réelle, parfois une phobie des aiguilles, et ce n'est presque jamais abordé.
Le corps. Les effets de la corticothérapie sur le visage et le poids, les cicatrices, parfois une stomie. Le rapport à l'image de soi et à l'intimité en prend un coup, et le sujet reste tabou.
Le travail et les études, avec les absences à justifier et la difficulté d'expliquer une maladie invisible.
Et la peur de la poussée, qui occupe souvent les périodes d'accalmie et empêche d'en profiter.
Ce qui existe en dehors de l'hypnose
- Votre gastro-entérologue et votre équipe soignante, qui pilotent. Tout le reste vient en plus.
- Un suivi psychologique. L'anxiété et la dépression sont fréquentes dans les MICI, et elles se traitent. Beaucoup de centres disposent d'un psychologue.
- Les associations de patients, qui font un travail remarquable d'information et de soutien. En France, l'afa Crohn RCH France. Au Québec et au Canada, Crohn et Colite Canada.
- Un accompagnement diététique, avec un diététicien ou un nutritionniste. Nous ne donnons aucun conseil alimentaire, et les régimes d'éviction mal conduits sont particulièrement risqués dans une maladie où la dénutrition guette.
- L'adaptation du travail, avec la médecine du travail.
- Les dispositifs de reconnaissance et de prise en charge, qui existent et sont sous-utilisés.
Ce que l'Hypnose peut accompagner, et ce qu'elle ne peut pas
Ce qu'elle ne fait pas, et ce que nous refusons d'écrire
Elle n'agit pas sur l'inflammation. Aucune donnée ne permet de l'affirmer.
Elle n'espace pas les poussées. C'est écrit sur beaucoup de sites, y compris jusqu'ici sur celui-ci, et rien ne le démontre.
Elle ne justifie jamais de modifier un traitement. Jamais, dans aucune circonstance.
Il y a une raison supplémentaire de refuser ces formulations, et elle est humaine : si l'on vous dit que gérer votre stress espace les poussées, alors chaque poussée devient votre faute. C'est faux, et c'est cruel.
Ce qu'elle peut accompagner
- La douleur. C'est le domaine où l'hypnose est la mieux documentée, toutes indications confondues. Les techniques de gestion de la douleur s'appliquent ici comme ailleurs, en complément de ce que prescrit votre médecin.
- La fatigue, en travaillant le sommeil et la récupération, et en aidant à composer avec une énergie qui n'est plus celle d'avant.
- L'appréhension des examens et des traitements : la coloscopie, la perfusion, l'injection, la prise de sang. C'est un motif de consultation très concret, avec des résultats souvent rapides, et c'est rarement proposé.
- La peur de la poussée, celle qui gâche les périodes d'accalmie — c'est le terrain de notre accompagnement du stress et de l'anxiété.
- L'anxiété d'être loin des toilettes, et l'évitement qui en découle.
- Le rapport au corps, après une chirurgie, sous corticoïdes, ou avec une stomie.
- L'observance. C'est un point important : l'appréhension des traitements conduit certaines personnes à les espacer ou à les interrompre. Un accompagnement qui apaise cette appréhension soutient le suivi médical au lieu de le concurrencer.
Le cas particulier de la rémission
Beaucoup de personnes en rémission gardent des symptômes digestifs alors que l'inflammation est contrôlée : douleurs, ballonnements, transit irrégulier. Ce tableau ressemble beaucoup à un syndrome de l'intestin irritable, et il est fréquent dans les MICI.
Là, le terrain change. C'est précisément le domaine où l'hypnose dirigée vers l'intestin dispose des données les plus solides. Si votre gastro-entérologue confirme que votre inflammation est contrôlée et que des symptômes persistent, parlez-lui de cette piste, et voyez notre page sur le syndrome de l'intestin irritable.
Une précaution sur la douleur, importante et rarement dite. Dans une MICI, une douleur nouvelle ou différente peut signaler une complication. Les techniques hypnotiques de gestion de la douleur ne doivent jamais servir à masquer un signal que votre corps vous envoie. Un praticien sérieux vous le dira explicitement : on travaille la douleur connue, suivie et expliquée, pas une douleur inhabituelle. Devant celle-ci, on appelle l'équipe soignante.
Ce que dit la recherche, sans l'enjoliver
Une revue de la littérature conclut à une efficacité durable de l'hypnothérapie dans le syndrome de l'intestin irritable, et « possiblement » dans la rectocolite hémorragique. Pour la maladie de Crohn, les preuves sont jugées insuffisantes. En France, les résultats préliminaires de l'étude HypnoCrohn, menée chez des personnes en rémission, ne montrent pas d'amélioration de la qualité de vie à six mois, avec un effet possible à court terme.
C'est peu, et nous préférons l'écrire plutôt que de laisser croire autre chose. Ce qui est documenté et transposable ici, c'est l'effet de l'hypnose sur la douleur et sur l'anxiété, pas sur la maladie. Nous en faisons le point sur notre page que dit la science sur l'hypnose.
Un exemple d'accompagnement : le cas d'Isabelle

Isabelle (prénom modifié) vit avec une maladie de Crohn depuis une dizaine d'années. Son traitement et son suivi sont en place. Ce qui l'a décidée à consulter, ce n'était pas la maladie elle-même : c'était les perfusions, qu'elle redoutait plusieurs jours à l'avance, et la fatigue qui ne cédait pas malgré des nuits longues. Le travail a porté sur trois choses. Le sommeil d'abord. Puis l'appréhension de la perfusion, préparée en séance jusqu'au détail du fauteuil et de la pose.
Enfin, l'anxiété qui l'empêchait de prévoir quoi que ce soit à plus d'un mois, alors même qu'elle était en période calme. Son traitement et son suivi n'ont à aucun moment été discutés en séance.
Ce cas décrit un cheminement possible. Il ne prédit celui de personne. Le rythme et les résultats varient d'une personne à l'autre, et aucun accompagnement ne peut garantir un résultat ni influer sur le cours de la maladie.
Le déroulement d'un accompagnement
Le point sur votre suivi, d'abord. Diagnostic, traitements en cours, équipe qui vous suit, et où vous en êtes aujourd'hui : poussée, accalmie, période d'examens. Le praticien ne vous demandera pas votre dossier et n'a pas à connaître vos protocoles dans le détail.
Un objectif concret. Pas « aller mieux », mais : dormir, traverser la perfusion du 12, pouvoir réserver des vacances, reprendre la natation.
L'induction, puis un travail adapté : gestion de la douleur, préparation d'un examen, sommeil, ancrage utilisable sur place, ou travail sur le rapport au corps.
L'auto-hypnose, enseignée dès que possible. C'est ce qui vous sert le jour de l'examen, quand personne n'est là.
Le rythme suit votre maladie, pas un programme. En poussée, l'objectif se limite souvent au confort et au sommeil.
En vidéo. Format adapté à une maladie fatigante et à un agenda déjà saturé de rendez-vous médicaux.
Combien de séances ? Cela se discute au premier entretien. Personne ne peut le savoir à l'avance.
Prendre rendez-vous

Dites-nous où vous en êtes. Et parlez de cette démarche à votre gastro-entérologue : beaucoup y sont favorables en complément, et il connaît votre situation mieux que quiconque. Posez-nous votre question ou prenez rendez-vous. Où que vous soyez dans le monde, la consultation par vidéo offre le même entretien et la même séance qu'en cabinet, sans ajouter un déplacement à votre agenda. Nous recevons ainsi des personnes depuis la France, le Québec, le Maroc et bien au-delà. Le mode d'emploi est ici.
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Questions fréquentes sur l'Hypnose et les MICI
Non, et nous sommes catégoriques. C'est une maladie inflammatoire chronique qui relève d'un suivi spécialisé et de traitements de fond. L'hypnose ne la traite pas, ne la guérit pas et ne remplace rien.
Rien ne le démontre, et nous ne le prétendrons pas. Méfiez-vous de tout site qui l'affirme.
Beaucoup de personnes décrivent une recrudescence en période difficile, et le lien entre stress et poussées reste discuté. Ce qui est sûr, c'est que vivre avec une MICI est stressant en soi. Et surtout : une poussée n'est jamais votre faute.
Non. Cette décision appartient exclusivement à votre gastro-entérologue. Nous ne vous demanderons jamais de modifier un traitement et n'exprimerons aucun avis sur votre prise en charge.
C'est l'un des motifs les plus fréquents et les plus utiles sur ce sujet. La préparation d'un examen se travaille bien, et souvent assez vite.
C'est fréquent. Ce tableau ressemble souvent à un syndrome de l'intestin irritable, terrain où l'hypnose est bien mieux documentée. Parlez-en à votre gastro-entérologue, puis voyez notre page dédiée.
C'est le symptôme le plus fréquemment cité, et le plus sous-estimé. Le travail porte sur le sommeil, la récupération et la façon de composer avec une énergie limitée. Signalez-la aussi à votre médecin : plusieurs causes traitables peuvent y contribuer.
C'est possible, mais cela relève d'un diététicien ou d'un nutritionniste, pas de nous. Dans une MICI, une alimentation mal encadrée expose à des carences. Nous ne donnons aucun conseil alimentaire.
Le rapport au corps, à l'intimité et au regard des autres se travaille, et c'est un motif légitime. Dites-le au premier contact.
Sources et références
En français
- Maladie de Crohn — Ameli, Assurance Maladie
- afa Crohn RCH France — association nationale de patients · dossier Hypnose et MICI
- Crohn et Colite Canada — organisme national de patients
- Apports de l'hypnose dans la prise en charge de la maladie de Crohn : intérêts et résultats préliminaires de l'étude HypnoCrohn — revue Hegel, 2022
- Gueguen, J., Barry, C., Hassler, C., & Falissard, B. (2015). *Évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose*. Inserm. inserm.fr
Étude citée sur l'Hypnose
- Review article: gut-directed hypnotherapy in the management of irritable bowel syndrome and inflammatory bowel disease (2015). Alimentary Pharmacology & Therapeutics, 41(11), 1104-1115. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25858661
L'hypnose telle que pratiquée par les membres de Solutions Hypnose est une approche d'accompagnement complémentaire. Elle ne constitue ni un acte médical, ni un diagnostic, ni une psychothérapie au sens réglementaire, et elle ne remplace en aucun cas une consultation, un suivi ou un traitement prescrit par un professionnel de la santé.
Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles mentaux ou les maladies. Ils ne demandent jamais l'arrêt ou la modification d'un traitement en cours : cette décision relève exclusivement de votre médecin.
Aucun résultat ne peut être garanti. Les témoignages et exemples présentés sur cette page décrivent des expériences individuelles et ne préjugent pas de ce que vous vivrez.
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Page rédigée par Julie Rocque
hypnothérapeute
partenaire de Solutions Hypnose.