L'Hypnose pour la Dépendance affective et la Peur de l'abandon

Il ou elle est parti travailler ce matin comme tous les jours. Vous lui avez déjà écrit deux fois. Pas de réponse, et votre ventre se serre. Vous savez qu'il ou elle est occupé, vous le savez vraiment, mais une petite voix vous demande s'il ou elle ne s'éloigne pas, s'il ou elle ne va pas finir par partir.

Alors vous faites attention. Vous dites oui quand vous pensez non, vous évitez les sujets qui fâchent, vous vous effacez un peu plus chaque mois. Le plus difficile n'est pas d'aimer. C'est de ne plus savoir exister quand l'autre n'est pas là.

Vous n'êtes ni faible ni « trop sensible » : la dépendance affective est une façon d'aimer apprise tôt, souvent pour de bonnes raisons, et elle se travaille.

Une personne seule, de dos, assise devant une grande fenêtre ouverte sur un mur de briques

Si vous avez des idées noires en ce moment, arrêtez de lire et appelez.

Au Québec : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553), 24 h/24, ou texto 535353 · Info-Social 811 option 2.

Ailleurs au Canada : 988, appel ou texto.

En France : 3114, gratuit, 24 h/24.

La peur d'être quitté peut devenir insupportable, surtout au moment d'une séparation, et ces lignes sont tenues par des professionnels.

Qu'est-ce que la Dépendance affective ?

La dépendance affective, c'est avoir besoin de l'autre pour se sentir exister. Pas seulement l'aimer ou tenir à lui : avoir le sentiment que sa présence, son attention et son approbation sont indispensables pour aller bien. Quand il s'éloigne, même un peu, l'angoisse monte. Quand il revient, elle retombe, jusqu'à la fois suivante.

Au cœur du sujet, il y a presque toujours la peur de l'abandon. La crainte d'être quitté, rejeté, remplacé, souvent sans raison concrète. Elle peut se loger dans le couple, mais aussi en amitié, en famille, au travail. Elle pousse à tout faire pour garder l'autre : s'adapter, se taire, donner sans compter, accepter ce qui ne nous convient pas.

Ce n'est pas un diagnostic. L'expression ne figure dans aucune classification médicale. Il existe un trouble de la personnalité dépendante, décrit par le Manuel MSD comme un besoin persistant et excessif d'être pris en charge, avec une peur d'être abandonné par ceux dont on dépend, mais il est diagnostiqué par un professionnel de la santé et la plupart des personnes qui se reconnaissent dans cet article n'en relèvent pas.

D'où vient la peur de l'abandon

Les chercheurs qui étudient l'attachement chez l'adulte en ont fait une dimension à part entière. Ils parlent d'« anxiété d'attachement » : la crainte d'être rejeté ou abandonné, le besoin d'être rassuré, l'inquiétude de ne pas être aimé autant qu'on aime. Elle se mesure par questionnaire et varie beaucoup d'une personne à l'autre ; tout le monde en a un peu, certains beaucoup.

Elle s'installe souvent tôt. Un parent absent, imprévisible ou débordé, un déménagement, un divorce vécu enfant, une place qu'il fallait mériter : l'enfant apprend que l'amour peut disparaître et qu'il faut le surveiller. Des années plus tard, l'adulte continue d'appliquer cette leçon, même avec quelqu'un de fiable. Ce n'est pas une faute, c'est une protection qui a fait son temps.

Elle se distingue de la jalousie, même si les deux se croisent. La jalousie se concentre sur un rival et pousse à vérifier ; notre article L'Hypnose pour mieux gérer la Jalousie en décrit la mécanique. Ici, c'est le lien lui-même qui inquiète, et la peur de ne pas savoir vivre sans lui.

L'impact de la Dépendance affective au quotidien

Des mains qui tiennent un téléphone dans la pénombre d'un appartement

L'attente occupe une place énorme. Un message sans réponse, un appel manqué, une soirée où l'autre sort sans vous, et la journée bascule. On relit la conversation, on cherche ce qu'on a pu dire de travers, on imagine la suite. Beaucoup de personnes décrivent un téléphone qu'elles n'arrivent pas à poser, et un soulagement immense quand il vibre enfin. Ce soulagement est réel, mais il dure peu, et il apprend au cerveau que l'inquiétude était justifiée : la prochaine attente sera plus difficile encore.

On s'efface pour ne pas déranger. Dire non devient risqué, exprimer un désaccord aussi. On renonce à des amis, à des activités, à des envies, sans toujours s'en rendre compte. Avec le temps, on ne sait plus très bien ce qu'on aime, en dehors de ce que l'autre aime.

Les ruptures sont vécues comme des effondrements. Pas seulement de la peine : le sentiment de ne plus exister, et la tentation de se raccrocher à n'importe quelle relation pour ne pas rester seul. Notre article sur la rupture amoureuse s'adresse à ce moment-là.

Et l'estime de soi s'use. À force de chercher dans le regard de l'autre la preuve qu'on a de la valeur, on finit par ne plus la trouver ailleurs.

Un point que cette page doit dire clairement.

Si vous restez dans une relation parce que vous avez peur d'être seul, mais que vous y êtes humilié, surveillé, isolé de vos proches ou menacé, ce n'est pas votre dépendance qui est le problème principal, et vous n'avez rien provoqué.

Québec : SOS violence conjugale, 1 800 363-9010, 24 h sur 24, ou par texto au 438 601-1211 si un appel n'est pas possible.

France : 3919, Violences Femmes Info, gratuit, anonyme, 24 h sur 24, ouvert aussi à l'entourage.

En cas de danger immédiat, 911 au Québec, 17 en France.

Les approches reconnues en dehors de l'Hypnose

  • Un psychologue ou un psychothérapeute, surtout si la peur de l'abandon est ancienne, très intense, ou liée à une histoire personnelle difficile. Les approches cognitivo-comportementales et psychodynamiques sont celles que décrit le Manuel MSD pour le trouble de la personnalité dépendante.
  • Un médecin, si la peur s'accompagne de crises émotionnelles violentes, de gestes impulsifs, de comportements qui vous mettent en danger, ou d'une humeur durablement basse. Le Manuel MSD décrit la peur de l'abandon comme un trait central du trouble de la personnalité borderline, qui demande une évaluation et un suivi spécifiques.
  • Une thérapie de couple, quand la relation s'est organisée autour de votre besoin d'être rassuré.
  • Et un réseau à reconstruire, amis, famille, activités, pour que votre équilibre ne repose plus sur une seule personne.

L'hypnose se place en complément de ces approches, jamais à leur place.

Ce que l'Hypnose peut apporter

Commençons par ce qu'elle ne fait pas. Elle ne vous rendra pas indifférent aux autres, et ce serait un mauvais objectif : tenir à quelqu'un rend vulnérable, c'est le prix de l'attachement. Elle ne garantit pas que l'autre restera. Elle ne remplace ni un suivi psychologique, ni un avis médical, ni une thérapie de couple. Et elle ne promet aucun résultat.

Elle ne cherchera pas non plus à vous rassurer. C'est contre-intuitif, mais la réassurance venue de l'extérieur, qu'elle vienne du partenaire ou du praticien, apaise un moment et entretient la boucle. Le travail vise plutôt une sécurité que vous pouvez trouver en vous.

Ce qu'un accompagnement vise

  • Apaiser la montée d'angoisse quand l'autre s'éloigne : un message sans réponse, un départ, une soirée seul. C'est souvent là que tout se joue, et c'est travaillable.
  • Retrouver un espace à soi. Réapprendre à passer du temps seul sans le vivre comme un abandon, à reconnaître ses propres envies, à les dire.
  • Revenir sur la blessure d'origine, quand il y en a une, pour que l'adulte cesse de rejouer une scène d'enfant à chaque silence.
  • Renforcer l'estime et l'amour de soi, pour que la valeur qu'on se donne ne dépende plus uniquement du regard de l'autre. C'est aussi le terrain de nos pages sur l'estime de soi et l'amour de soi.
  • Oser poser des limites : dire non, exprimer un désaccord, sans avoir l'impression de risquer toute la relation.

L'autohypnose fait partie du travail. Un exercice court, à pratiquer à heure fixe, et non en réponse à une crise d'angoisse : sinon il deviendrait un rituel de réassurance de plus.

Ce que dit la recherche

Il n'existe pas d'étude portant spécifiquement sur l'hypnose et la dépendance affective. Nous préférons l'écrire que le laisser deviner.

Ce qui est documenté, c'est l'effet de l'hypnose sur l'anxiété en général, avec de meilleurs résultats en complément d'autres interventions psychologiques qu'utilisée seule ; notre page que dit la science sur l'hypnose fait le point. Les travaux sur l'attachement montrent par ailleurs que l'anxiété d'attachement est étroitement liée à la façon dont on régule ses émotions, ce qui rejoint ce que nous travaillons en séance.

Un exemple d'accompagnement : le cas de Julien

Exemple illustratif. Le prénom est modifié et le cheminement décrit n'engage que la personne qui l'a vécu.

Un jeune homme debout près d'une fenêtre lumineuse, le regard tourné vers l'extérieur

Julien est venu après sa troisième rupture en quatre ans. Il le disait lui-même : dès qu'il était en couple, il s'oubliait. Il renonçait à ses soirées entre amis pour être disponible, écrivait plusieurs fois par jour, et vivait chaque retard de réponse comme le début de la fin. Ses compagnes finissaient par étouffer, et chaque départ confirmait ce qu'il redoutait. En parlant, un souvenir est revenu : un père qui partait des semaines sans prévenir, et un petit garçon qui guettait la voiture à la fenêtre. Le travail n'a pas porté sur ses ex. Il a porté sur ce moment où l'angoisse montait, sur le petit garçon à la fenêtre, et sur ce que Julien aimait faire quand il était seul.

Ce cas décrit un cheminement possible. Il ne prédit celui de personne. Le rythme et les résultats varient d'une personne à l'autre, et aucun accompagnement ne peut garantir un résultat.

Le déroulement d'un accompagnement

L'entretien. Ce que vous vivez concrètement, depuis quand, dans quelles relations, ce que la peur vous pousse à faire et ce qu'elle vous a déjà coûté. Le praticien cherchera aussi à s'assurer que votre situation ne relève pas d'abord d'un suivi psychologique ou médical, ou d'une ressource d'aide si la relation vous met en danger.

Un objectif concret, formulé ensemble. Pas « ne plus avoir peur d'être quitté », qui ne se décrète pas. Plutôt : passer une soirée seul sans attendre un message, dire non à une demande qui ne me convient pas, reprendre une activité abandonnée.

L'induction. Un état naturel d'attention focalisée, que vous connaissez déjà sans le nommer. Vous restez conscient, vous entendez tout, vous pouvez parler et vous arrêter quand vous le souhaitez.

Le travail. Sur ce sujet, il porte sur la montée d'angoisse, sur la blessure d'origine quand il y en a une, sur l'estime de soi et sur la capacité à poser des limites.

Le prolongement. Un exercice d'autohypnose à pratiquer à la maison, et une étape à franchir d'ici la prochaine fois.

Le nombre de séances se définit lors du premier entretien. La dépendance affective relève d'un travail de fond, plutôt que d'une séance unique.

Prendre rendez-vous

Deux fauteuils face à face dans un bureau clair de Solutions Hypnose

Décrivez-nous votre situation. Le premier entretien sert d'abord à comprendre ce que vous vivez, dans quelles relations, et ce que vous attendez de l'accompagnement. Il sert aussi à vérifier que votre situation ne relève pas d'abord d'un psychologue, d'une thérapie de couple, d'un médecin ou d'une ressource d'aide : si c'est le cas, nous vous le dirons franchement. L'hypnose vient en complément de ces suivis, jamais à leur place.

Par vidéo, où que vous soyez dans le monde : le même entretien et la même séance qu'en cabinet. Le mode d'emploi est ici.

En cabinet, nos praticiens reçoivent à Montréal, Québec, Laval, Sherbrooke, Gatineau, Paris, Lille, Montpellier, Strasbourg, Casablanca…

Pour nous joindre : posez-nous votre question ou prenez rendez-vous.

Et si c'est la relation elle-même qui est en question, voyez notre page sur la vie amoureuse et le couple.

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Questions fréquentes sur l'Hypnose pour la Dépendance affective et la Peur de l'abandon

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Sources et références

Sur la dépendance et la peur de l'abandon

Sur l'attachement chez l'adulte

  • Fraley, R. C., Waller, N. G., & Brennan, K. A. (2000). An item response theory analysis of self-report measures of adult attachment. Journal of Personality and Social Psychology, 78(2), 350-365. doi.org/10.1037/0022-3514.78.2.350. L'outil de mesure de l'anxiété d'attachement.
  • Mikulincer, M., & Shaver, P. R. (2019). Attachment orientations and emotion regulation. Current Opinion in Psychology, 25, 6-10. doi.org/10.1016/j.copsyc.2018.02.006. Le lien entre attachement et régulation des émotions.

Sur l'Hypnose et l'anxiété

  • Valentine, K. E., Milling, L. S., Clark, L. J., & Moriarty, C. L. (2019). The Efficacy of Hypnosis as a Treatment for Anxiety: A Meta-Analysis. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 67(3), 336-363. doi.org/10.1080/00207144.2019.1613863. Porte sur l'anxiété en général, pas sur la dépendance affective.

Et les articles voisins

L'hypnose telle que pratiquée par les membres de Solutions Hypnose est une approche d'accompagnement complémentaire. Elle ne constitue ni un acte médical, ni un diagnostic, ni une psychothérapie au sens réglementaire, et elle ne remplace en aucun cas une consultation, un suivi ou un traitement prescrit par un professionnel de la santé.

Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles mentaux ou les maladies. Ils ne demandent jamais l'arrêt ou la modification d'un traitement en cours : cette décision relève exclusivement de votre médecin.

Aucun résultat ne peut être garanti. Les témoignages et exemples présentés sur cette page décrivent des expériences individuelles et ne préjugent pas de ce que vous vivrez.

En cas de détresse importante, de symptômes physiques inexpliqués ou de pensées suicidaires, contactez sans délai un médecin, les services d'urgence ou une ligne d'aide.

Julie Rocque

Page rédigée par Julie Rocque
hypnothérapeute
partenaire de Solutions Hypnose.
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