L'Hypnose et le TDAH chez l'Enfant
Le carnet de liaison. Encore. La même remarque que le mois dernier, formulée un peu autrement.
Les devoirs qui devaient prendre vingt minutes et qui en prennent deux heures, avec deux disputes au milieu. Le manteau oublié pour la troisième fois. L'invitation à un anniversaire qui n'arrive pas.
Et puis il y a ce que votre enfant vous dit un soir, dans le noir, et que vous n'oublierez pas : qu'il est nul, ou qu'il est méchant, ou qu'il n'y arrive jamais.
C'est souvent cette phrase-là qui amène les parents à chercher autre chose. Pas les notes.
À lire avant tout le reste. L'hypnose ne traite pas le TDAH et n'améliore pas l'attention de votre enfant. Aucune donnée solide ne permet de l'affirmer. Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental. Son diagnostic et sa prise en charge relèvent de professionnels habilités : pédiatre, pédopsychiatre, neuropédiatre, psychologue ou neuropsychologue selon le parcours. Au Québec, l'évaluation des troubles neurodéveloppementaux est une activité réservée. Ce que l'hypnose peut accompagner, c'est ce qui s'accumule autour : l'anxiété, le sommeil, l'estime de soi, la honte d'être celui qu'on reprend tout le temps. Chez un enfant, ce n'est pas un détail. C'est souvent ce qui décidera de sa scolarité. Une séance requiert l'accord d'un parent ou du titulaire de l'autorité parentale, ainsi que l'accord de l'enfant.
Qu'est-ce que le TDAH chez l'Enfant ?
C'est un trouble neurodéveloppemental lié au fonctionnement du cerveau. Il ne résulte ni d'un défaut d'éducation, ni d'un manque de volonté.
On en distingue trois présentations : à prédominance inattentive, à prédominance hyperactive et impulsive, et mixte.
Un point à ajouter, parce qu'il change le regard : le TDAH s'accompagne très souvent d'autre chose. Troubles des apprentissages, anxiété, troubles du sommeil, tics ou TOC. Ces difficultés associées pèsent parfois davantage que l'attention elle-même, et elles se repèrent lors de l'évaluation.
Avant tout, l'évaluation. Beaucoup de choses ressemblent à un TDAH chez un enfant : un manque de sommeil, un problème de vue ou d'audition non repéré, un trouble des apprentissages, une anxiété, un harcèlement, ou une période difficile à la maison. Faire la part des choses demande une évaluation. Elle prend du temps, elle est parfois longue à obtenir, et elle vaut l'attente : elle détermine tout ce qui suivra, y compris les aménagements scolaires. Commencez par votre pédiatre ou votre médecin de famille. Nos hypnothérapeutes ne posent aucun diagnostic et n'évaluent aucun trouble.
L'école, et c'est souvent le levier le plus rapide. Un diagnostic ouvre droit à des aménagements : temps supplémentaire, place adaptée, consignes fractionnées, outils numériques. Au Québec, cela passe par un plan d'intervention ; en France, par un plan d'accompagnement ou un projet personnalisé selon la situation. Ces dispositifs changent le quotidien d'un enfant bien plus vite que n'importe quel accompagnement extérieur, et ils sont largement sous-demandés parce que les familles ignorent qu'ils existent.
L'impact au quotidien

À l'école. Les apprentissages, oui, mais surtout le statut. Un enfant repris dix fois par jour devient dans sa propre tête celui qui dérange, et ses camarades le rangent dans la même case — c'est aussi le terrain du stress scolaire. À la maison. Les devoirs, les matins, les transitions. Beaucoup de parents décrivent une relation qui se réduit peu à peu à une suite de consignes et de rappels, ce qui est épuisant pour tout le monde. Dans les relations. Les règles du jeu, l'attente de son tour, les malentendus. Les invitations qui s'espacent.
Le sommeil, très souvent touché, ce qui aggrave tout le reste dès le lendemain matin — notre page sur les troubles du sommeil en parle.
Et l'estime de soi. C'est le vrai enjeu de l'enfance, et c'est ce qui se joue le plus vite. Un enfant qui entend chaque jour qu'il pourrait s'il voulait finit par en tirer une conclusion sur lui-même, et cette conclusion peut le suivre trente ans. Les adultes diagnostiqués tard le racontent tous. Quand l'inquiétude domine, voyez aussi notre page sur l'anxiété chez l'enfant.
Ce qui existe, et dans quel ordre
- Une évaluation diagnostique, en premier.
- Les aménagements scolaires, souvent le levier le plus rapide.
- La guidance parentale, c'est-à-dire un accompagnement des parents dans les stratégies du quotidien. C'est l'approche la mieux documentée chez l'enfant, et elle passe en premier chez les plus jeunes.
- Un traitement médicamenteux si le médecin l'estime nécessaire, décision qui n'appartient qu'à lui.
- L'orthopédagogie ou l'orthophonie, quand un trouble des apprentissages est associé.
- Le sommeil, à traiter pour lui-même.
- Les associations de familles, qui informent et soutiennent.
L'hypnose s'ajoute à cette liste, sur la part émotionnelle.
L'Hypnose et le TDAH chez l'Enfant : ce qu'elle peut accompagner
Pourquoi nous ne proposons pas de « bouton de concentration »
On propose parfois à l'enfant d'imaginer un bouton de concentration sur lequel il pourrait appuyer, ou un ancrage du type « je suis concentré ». L'intention est bonne, l'effet ne l'est pas.
Un enfant avec TDAH n'a pas un problème de volonté : il a un fonctionnement cérébral particulier. Lui donner un bouton, c'est lui dire que l'attention est à sa main. Le jour où il appuie et que ça ne marche pas — et ce jour arrive —, il en tire la seule conclusion possible à son âge : il n'a pas assez essayé. On ajoute ainsi un échec de plus à un enfant qui en collectionne déjà.
Ce qui se travaille utilement, à la place : revenir à sa tâche après une interruption sans se démolir, repérer qu'on est parti ailleurs, retrouver du calme quand la frustration monte. Ce ne sont pas des interrupteurs, ce sont des habiletés, et on peut échouer sans être en faute.
Ce que l'accompagnement peut viser
- L'estime de soi. C'est l'apport principal. Un enfant qui reprend confiance travaille mieux ; l'inverse n'est pas vrai.
- L'anxiété, très fréquemment associée, notamment l'anxiété de performance à l'école.
- Le sommeil, souvent le premier changement remarqué par les parents.
- La frustration et la colère, en installant un temps entre le déclencheur et la réaction.
- La honte, celle d'être toujours celui qu'on reprend.
- Ses forces, à condition de ne pas romancer. Le TDAH n'est pas un super-pouvoir, et le présenter ainsi sonne faux pour un enfant qui vient de rater son contrôle. En revanche, un enfant qui n'entend parler que de ses difficultés a besoin d'entendre autre chose.
Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles neurodéveloppementaux. Ils ne demandent jamais l'arrêt, la réduction ou la modification d'un traitement, et n'expriment aucun avis sur une médication. Aucune amélioration scolaire ou comportementale ne peut être promise.
Pourquoi les enfants y entrent facilement
Ils vivent naturellement dans l'imaginaire, aiment les histoires et les jeux de rôle. Une séance ressemble davantage à une histoire qu'à un rendez-vous — c'est ce que décrit notre page sur l'hypnose pour les enfants.
Ce que dit la recherche
Il n'existe pas de données solides sur l'hypnose et le TDAH. Ce qui est documenté, c'est son effet sur l'anxiété : une méta-analyse de 2019 réunissant quinze études rapporte un effet moyen important, meilleur en complément d'autres interventions qu'utilisée seule. Cela concerne la part anxieuse, pas le trouble.
Un exemple d'accompagnement : le cas de Nora
*Exemple illustratif, construit à partir de situations fréquemment rencontrées. Il ne s'agit pas du témoignage d'une personne réelle.*

Nora, 9 ans, était suivie depuis deux ans, avec un plan d'intervention à l'école et un traitement. Ce qui inquiétait ses parents n'était plus l'attention : c'était qu'elle avait commencé à dire qu'elle était nulle et qu'elle refusait d'essayer, parce que, disait-elle, de toute façon elle allait se tromper. Le travail n'a pas porté sur la concentration. Il a porté sur ce qu'elle se disait au moment précis où elle abandonnait, sur ce qu'elle pouvait faire d'autre à cet instant, et sur une histoire qu'elle a elle-même construite en séance, où le personnage rate et continue quand même.
Une partie du travail a concerné ses parents, notamment sur ce qu'on dit après une erreur.
Cet exemple décrit un accompagnement possible. Il ne prédit pas celui de votre enfant. Le rythme et les résultats varient d'un enfant à l'autre, et aucun accompagnement ne peut garantir un résultat.
Le déroulement d'une séance d'Hypnose sur ce sujet
Le contact préalable, avec vous. Un échange avant toute séance pour comprendre la situation, savoir où en est le parcours de soin, et vérifier que nous sommes la bonne ressource. Il arrive que la réponse soit non.
Votre enfant doit être volontaire. C'est une condition. Montrez-lui la photo ou la vidéo de présentation du praticien et laissez-le décider.
L'entretien, puis la séance. On commence avec les parents, puis en tête-à-tête avec l'enfant, sauf s'il souhaite votre présence. La partie hypnose dure entre 30 et 45 minutes selon l'âge.
Ce qui s'y passe. Une histoire, un jeu, un dessin, un personnage. L'enfant reste conscient, entend tout, et peut arrêter quand il veut.
Le moniteur vidéo. Certains praticiens proposent de suivre la séance depuis la salle d'attente, sans le son. Cette option existe pour que vous n'ayez pas à choisir entre votre tranquillité d'esprit et l'intimité dont votre enfant a besoin pour parler. Demandez-la.
Le prolongement. Un exercice court pour l'enfant, et quelques repères pour vous. Sur ce sujet, ce que les parents changent dans leur façon de réagir pèse souvent autant que les séances.
À partir de quel âge ? Dès 5 ou 6 ans selon la maturité. Par vidéo, à partir de 6 ans, en vérifiant avec le praticien.
Combien de séances ? Cela se discute lors du contact préalable. Nous ne donnons pas de chiffre à l'avance.
Prendre rendez-vous

Où que vous soyez dans le monde, la consultation par vidéo est possible dès 6 ans, en vérifiant avec le praticien. Notre article sur l'hypnose par vidéo avec les enfants explique comment elle se passe, et le mode d'emploi est ici. En cabinet, nos praticiens qui reçoivent les enfants sont au Québec à Montréal, Laval, Lachute, Saint-Jérôme, Repentigny, La Prairie, Beloeil et Québec, et en France à Paris, Brunoy, Lille, Strasbourg et Saverne. Montrez la photo ou la vidéo de présentation à votre enfant : c'est lui qui décide.
Décrivez-nous la situation. Posez-nous votre question : si une évaluation, un aménagement scolaire ou une guidance parentale nous semblent prioritaires, nous vous le dirons.
Vous êtes vous-même concerné ? Voyez notre page sur le TDAH chez l'adulte.
Où souhaitez-vous consulter ?
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Questions fréquentes sur l'Hypnose et le TDAH chez l'Enfant
Non, jamais. Nous ne demanderons jamais d'arrêter, de réduire ou de modifier un traitement, et nous n'exprimons aucun avis sur une médication. Cette décision appartient exclusivement au médecin prescripteur.
Pas la capacité attentionnelle elle-même. Ce qui se travaille, c'est l'estime de soi, l'anxiété, le sommeil et la frustration, qui pèsent souvent autant sur la scolarité.
L'hypnose est généralement bien tolérée chez l'enfant. Nous préférons cette formulation à « aucun risque », qui n'est jamais vraie d'aucune approche. Signalez tout suivi en cours au premier contact.
Commencez par votre pédiatre. Un manque de sommeil, un problème de vue ou d'audition, un trouble des apprentissages, une anxiété ou un harcèlement produisent des signes très proches et n'appellent pas la même réponse.
Dès 5 ou 6 ans selon la maturité, et dès 6 ans par vidéo.
Les tarifs varient selon le praticien : comptez environ 135 $ CAD ou 80 €. Certains praticiens délivrent des reçus que des assurances privées ou des mutuelles acceptent partiellement. Cela dépend de votre contrat et de l'affiliation du praticien : vérifiez auprès de votre assureur.
C'est fréquent : le TDAH s'associe souvent à des tics ou à un TOC. Signalez-le à votre médecin. Nous avons des pages dédiées aux tics et aux TOC.
Une chose : ce que vous dites après une erreur. « Tu as encore oublié » et « bon, on le remet où, pour la prochaine fois » ne produisent pas le même enfant au bout d'un an.
Sources et références
En français
- Trouble du neurodéveloppement/TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents — Haute Autorité de santé
- Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) — Gouvernement du Québec
- La guidance parentale — HyperSupers TDAH France
Étude citée sur l'Hypnose
- Valentine, K. E., Milling, L. S., Clark, L. J., & Moriarty, C. L. (2019). The Efficacy of Hypnosis as a Treatment for Anxiety: A Meta-Analysis. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 67(3), 336-363. doi.org/10.1080/00207144.2019.1613863 — porte sur l'anxiété, pas sur le TDAH.
L'hypnose telle que pratiquée par les membres de Solutions Hypnose est une approche d'accompagnement complémentaire. Elle ne constitue ni un acte médical, ni un diagnostic, ni une psychothérapie au sens réglementaire, et elle ne remplace en aucun cas une consultation, un suivi ou un traitement prescrit par un professionnel de la santé.
Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles mentaux ou les maladies. Ils ne demandent jamais l'arrêt ou la modification d'un traitement en cours : cette décision relève exclusivement de votre médecin.
Aucun résultat ne peut être garanti. Les témoignages et exemples présentés sur cette page décrivent des expériences individuelles et ne préjugent pas de ce que vous vivrez.
En cas de détresse importante, de symptômes physiques inexpliqués ou de pensées suicidaires, contactez sans délai un médecin, les services d'urgence ou une ligne d'aide.
Page rédigée par Daby Touré
hypnothérapeute
partenaire de Solutions Hypnose.