L'Hypnose pour Réduire sa Consommation d'Alcool
Vous n'êtes pas « alcoolique ». Le mot ne vous concerne pas, et vous avez probablement raison. Mais vous avez remarqué des choses.
Le verre du vendredi soir devenu celui du mercredi. La bouteille ouverte à deux le dimanche et finie sans y penser. Le moment, en rentrant, où vous ouvrez le frigo avant même d'avoir retiré votre manteau.
Vous n'avez rien cassé, rien perdu, personne ne vous a fait de remarque. C'est justement ce qui rend la chose difficile à regarder en face : il n'y a pas d'événement, juste une pente très douce.
Ce que l'on vit quand on boit un peu trop, un peu trop souvent
Avant de lire.
Cette page s'adresse aux personnes qui souhaitent boire moins sans être dépendantes de l'alcool. Si vous buvez tous les jours, ne réduisez pas brutalement seul : chez une personne dépendante, une baisse rapide peut déclencher un syndrome de sevrage, qui doit être encadré médicalement.
Parlez-en d'abord à votre médecin si vous vous reconnaissez dans l'un de ces points : consommation quotidienne, tremblements, sueurs, nausées ou forte anxiété lorsque vous ne buvez pas ou lorsque vous réduisez, besoin de boire le matin, antécédent de crise convulsive ou de confusion lors d'un arrêt, prise de benzodiazépines ou de somnifères, grossesse, traitement en cours.
Les lendemains de soirée coûtent plus cher qu'avant. Et cette petite négociation revient chaque soir : ce soir non, finalement si, une seule.
Que vous vous posiez la question est déjà une information. Les gens que l'alcool n'encombre pas ne se la posent pas.
Qu'est-ce que réduire sa consommation d'alcool ?
Trois situations différentes portent souvent le même nom, et les confondre conduit à se tromper d'objectif.
- L'usage à risque désigne une consommation qui n'a pas encore de conséquence visible mais qui expose à des risques pour la santé. Aucun symptôme, aucune dépendance : c'est le terrain de cette page.
- L'usage nocif désigne une consommation qui entraîne déjà des conséquences sur la santé, le travail, la famille ou la sécurité, sans qu'il y ait nécessairement dépendance.
- La dépendance ajoute une dimension physique et psychique : perte de la maîtrise de la quantité, envies impérieuses, tolérance, et signes de manque à l'arrêt. Elle relève de l'addictologie, et l'objectif s'y discute avec un médecin. Si vous vous reconnaissez là, la page utile est L'Hypnose pour le Sevrage Alcoolique.
Où placer le curseur ?
Nous ne le fixons pas à votre place et nous ne publions pas de seuil maison. Des repères de consommation à moindre risque existent, établis par les autorités de santé et révisés régulièrement : en France par Santé publique France, au Canada par le Centre canadien sur les dépendances et l'usage de substances, dont les repères ont été revus récemment dans un sens plus prudent. Les consulter vaut mieux que de se fier à une moyenne d'entourage, qui est toujours rassurante et rarement pertinente.
Réduire ou arrêter ?
Les deux objectifs sont légitimes en addictologie contemporaine, et le second n'est pas moralement supérieur au premier. En cas de dépendance, l'abstinence est généralement l'objectif le plus sûr, et c'est ce que recommandent les guides de pratique ; mais ce n'est pas le seul chemin reconnu, et ces mêmes guides demandent d'accepter l'objectif de la personne plutôt que de le lui imposer. Ce qui n'est pas négociable est ailleurs : quel que soit l'objectif, il se discute avec un médecin avant de modifier quoi que ce soit. Et nous ne vendons la modération à personne comme solution universelle.
Certains signes imposent un avis médical avant toute démarche.
Boire pour faire passer des tremblements ou une anxiété matinale, ne plus pouvoir s'arrêter une fois le premier verre pris, avoir déjà eu des convulsions ou une confusion lors d'un arrêt, prendre un traitement, être enceinte. Ces éléments méritent d'être évalués par un médecin. Toute décision concernant votre traitement appartient exclusivement au médecin qui vous l'a prescrit.
L'impact d'une consommation devenue régulière

Ce qui pèse, dans cette zone grise, se voit peu de l'extérieur. Il y a le sommeil, d'abord : l'alcool endort vite et réveille au milieu de la nuit, si bien qu'on dort plus mal en croyant dormir mieux. Il y a l'énergie du lendemain, et cette impression d'être légèrement en dessous de soi sans savoir pourquoi. Il y a l'humeur, parce que l'alcool apaise sur le moment et que l'anxiété remonte le lendemain et dans les jours qui suivent, après un épisode de forte consommation : c'est ce qui explique pourquoi on boit précisément quand on se sent mal.
Il y a la charge mentale de la négociation quotidienne, qui use plus que la consommation elle-même. Il y a le budget. Et il y a, souvent, quelque chose de plus discret : la sensation de ne plus vraiment choisir quelque chose qu'on faisait par plaisir.
Les approches reconnues en dehors de l'hypnose
Le point d'entrée, c'est votre médecin. Un simple questionnaire de repérage, en consultation, situe la situation mieux que des mois d'autoévaluation. Le médecin peut aussi écarter ce qui se cache parfois derrière une consommation qui augmente : anxiété, épisode dépressif, douleurs, troubles du sommeil.
- Les consultations d'addictologie existent en France comme au Québec, sont accessibles sans étiquette, et travaillent aussi bien la réduction que l'arrêt.
- La psychothérapie, en particulier les thérapies cognitives et comportementales et l'entretien motivationnel, dont l'apport est documenté dans ce domaine.
- L'entraînement à l'autocontrôle comportemental, qui est l'intervention psychosociale la mieux appuyée lorsque l'objectif est précisément de réduire.
- Les traitements médicamenteux, prescrits et surveillés par un médecin, y compris dans une logique de réduction.
- Les lignes d'écoute et les outils officiels, gratuits et anonymes, listés en bas de page.
- Les groupes d'entraide, dont la forme varie : abstinence stricte pour certains, approches plus souples pour d'autres.
L'hypnose se place en complément de ces approches, sur le versant des automatismes et des émotions.
Ce qu'un accompagnement en hypnose peut viser
Commençons par ce que l'hypnose ne fait pas.
Elle ne fixe pas votre objectif à votre place. Elle ne traite pas une dépendance et n'a pas sa place seule dans cette situation. Elle ne vous dégoûtera pas de l'alcool : les suggestions d'aversion ne font pas partie de notre pratique. Elle ne renforce pas votre volonté, car la volonté n'est pas le levier, et quiconque vous dit le contraire n'a pas regardé ce qui se passe réellement à dix-neuf heures. Et elle ne garantit aucun résultat.
Ce qu'un accompagnement vise :
- Défaire l'automatisme. Le premier verre est rarement une décision : c'est un enchaînement, arriver, poser ses clés, ouvrir le frigo. Le travail consiste à séparer la situation du geste, par le même mécanisme d'apprentissage qui les avait liés.
- Rendre au verre son statut de choix. Pas l'interdire : pouvoir dire oui vraiment, ou non vraiment, à un moment donné.
- Confier à autre chose ce que l'alcool venait faire : décompresser, marquer la fin de la journée, tenir une soirée, alléger une émotion.
- Traverser les situations sociales sans que ce soit une épreuve, ce qui est le point d'échec le plus fréquent.
- Apaiser ce qui alimente la consommation, notamment l'anxiété de fin de journée et les difficultés de sommeil.
Si votre objectif est une pause d'essai plutôt qu'un changement durable, l'entrée se fait ici : L'Hypnose pour le Dry January.
Quand la réduction ne suffit plus
Il faut le dire franchement, parce que peu de sites le font : la réduction n'est pas toujours un objectif tenable.
Certains signes indiquent qu'il faut rediscuter l'objectif avec un médecin plutôt que persévérer seul. Vous fixez une limite et elle ne tient pas, semaine après semaine, malgré une intention sincère. Le premier verre déclenche les suivants sans que la décision vous appartienne encore. Vous buvez pour faire passer un malaise physique. Votre entourage s'en inquiète, même maladroitement. Vous cachez, vous minimisez, vous comptez à voix haute autrement qu'en pensée.
Rien de tout cela ne vous disqualifie ni ne vous enferme. Cela indique seulement que le bon interlocuteur, à cette étape, n'est pas un hypnothérapeute. Nous vous le dirons si nous le constatons au premier entretien, et cela fait partie du travail.
Ce que dit la recherche
La recherche sur l'hypnose et l'alcool est rare et ne permet pas de conclure. Il vaut mieux l'écrire que de l'habiller.
Un essai randomisé norvégien publié en 2019 a comparé des séances d'hypnose ericksonienne à l'entretien motivationnel chez des personnes hospitalisées pour un trouble de l'usage d'alcool. Trente et une personnes y ont participé, ce qui est beaucoup trop peu pour trancher. Les deux groupes ont réduit leur consommation, et l'écart en faveur de l'hypnose à un an n'a pas atteint le seuil de signification statistique. Les auteurs notent que seuls deux essais contrôlés randomisés existaient alors sur ce sujet.
Une revue Cochrane consacrée à l'hypnothérapie pour l'arrêt du tabac aboutit à une conclusion comparable : les données ne permettent pas d'établir une supériorité sur d'autres approches comportementales, et si un bénéfice existe, il est au mieux modeste.
Ce qui est documenté dans ce domaine, ce sont les approches d'addictologie : repérage précoce, interventions brèves, entretien motivationnel, thérapies cognitives et comportementales, entraînement à l'autocontrôle, traitements médicamenteux quand ils sont indiqués, et groupes d'entraide. L'hypnose vient en appui de ce cadre, pas à sa place.
Un exemple d'accompagnement : le cas de Bertrand

Bertrand attendait sa conjointe, qui rentrait tard, pour dîner ensemble. Entre son retour à lui et son arrivée à elle, il y avait une heure et demie. Le verre d'apéritif en occupait le début, puis un deuxième, parfois un troisième. C'était devenu quotidien sans qu'aucune décision n'ait jamais été prise. Le premier entretien a servi à vérifier qu'il n'y avait pas de dépendance physique, puis à regarder cette heure et demie de près. Elle n'était pas seulement vide : elle était traversée par des choses plus encombrantes que l'ennui, la solitude et des pensées sur l'âge qui venait. Le travail a porté là, et sur ce qui pouvait occuper autrement ce début de soirée.
> « Je croyais que le problème était le vin. Le problème, c'était la salle à manger entre dix-huit et dix-neuf heures trente. » > Bertrand, prénom modifié
Il décrit aujourd'hui une consommation devenue irrégulière, sans l'avoir comptée.
*Chaque situation est différente. Le cheminement de Bertrand lui appartient et ne préjuge en rien de ce que vous vivrez.*
Le déroulement d'une séance sur ce sujet
L'entretien. Vos habitudes réelles (quand, où, avec qui, dans quel état), votre sommeil, votre contexte médical et vos traitements. Et les questions de repérage figurant en haut de cette page. Si elles indiquent une dépendance, nous vous orienterons vers un médecin avant d'aller plus loin, et nous vous le dirons sans détour.
L'objectif. Formulé ensemble, en situations plutôt qu'en décompte. Par exemple : que le retour à la maison ne passe plus par le frigo, ou pouvoir s'arrêter après le premier verre lors d'un repas.
L'induction. Un état naturel d'attention focalisée que vous connaissez déjà. Vous restez conscient, vous entendez tout, vous pouvez parler et vous arrêter quand vous le souhaitez.
Le travail. Sur ce sujet, il porte le plus souvent sur la séparation entre un moment de la journée et le geste qui s'y est accroché, sur les ressources capables de rendre le service que le verre rendait, et sur l'aisance à refuser en société. Aucune suggestion d'aversion n'est utilisée.
Le retour et l'exercice. Un échange sur ce que vous avez vécu, et un exercice d'autohypnose à emporter, souvent destiné au créneau précis où l'automatisme se déclenche.
Le nombre de séances se définit lors du premier entretien. Les rencontres fonctionnent en cabinet comme en visioconférence.
Prendre rendez-vous

Le premier entretien sert précisément à déterminer si l'hypnose est la bonne ressource pour votre situation, et une réponse claire, y compris « voyez d'abord votre médecin », fait partie du travail. Posez-nous une question ou prenez rendez-vous. Toute l'équipe de Solutions Hypnose reçoit à Montréal, Québec, Laval, Sherbrooke, Gatineau, Paris, Lille, Montpellier, Strasbourg et Casablanca, et par vidéo où que vous soyez dans le monde. Le nombre de séances se définit lors du premier entretien.
Pour le cadre commun à toutes ces questions, notre page L'Hypnose pour l'Alcool et la Réduction de la Consommation réunit ce que l'hypnose peut et ne peut pas, et les situations où la première étape est un médecin.
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Questions fréquentes sur l'Hypnose pour Réduire sa Consommation d'Alcool
Non. La réduction est un objectif reconnu en addictologie et elle convient à beaucoup de situations. En cas de dépendance, l'abstinence est généralement l'objectif le plus sûr, mais les recommandations demandent d'abord d'accepter l'objectif de la personne plutôt que de le lui imposer : la question se discute avec un médecin. Nous ne la tranchons pas à votre place.
Non. L'état hypnotique est un état d'attention focalisée, pas un sommeil ni une mise sous influence : les travaux disponibles ne montrent pas de perte de contrôle sur ses propres actes, et une personne à qui l'on dit qu'elle peut résister à une suggestion y résiste effectivement. Vous restez conscient, vous entendez tout, et vous gardez à tout moment la capacité de refuser une suggestion, de parler ou d'interrompre la séance.
L'hypnose est une approche non médicamenteuse qui s'ajoute à votre suivi sans interférer avec lui : dites-nous ce que vous prenez lors du premier entretien. L'interaction entre un traitement et l'alcool est en revanche une question strictement médicale. Toute décision concernant votre traitement appartient exclusivement au médecin qui vous l'a prescrit, et nous ne vous demanderons jamais de le modifier.
La psychothérapie est un cadre réglementé, exercé par des professionnels dont le titre est protégé, et qui peut porter sur l'ensemble du fonctionnement psychique et sur des troubles constitués. L'hypnose telle que nous la pratiquons est un accompagnement plus circonscrit, centré sur un objectif précis et sur les automatismes qui s'y rattachent. Pour un trouble de l'usage d'alcool, l'addictologie reste la référence.
Non, et nous ne le cherchons pas. Les suggestions d'aversion ne font pas partie de notre pratique : l'idée a été essayée dès les années 1950 et testée dans des essais contrôlés qui n'ont montré aucun avantage sur les prises en charge habituelles. Le travail porte sur les situations et sur ce que le verre venait remplir.
C'est l'un des objectifs les plus demandés, et l'un des plus concrets à travailler. La difficulté n'est presque jamais l'envie : c'est le regard des autres et la gêne d'avoir à se justifier. Une partie du travail consiste à rendre le refus banal, pour vous d'abord, pour les autres ensuite.
Elle peut l'être, mais la première démarche est un rendez-vous médical, et pas pour la forme : une consommation quotidienne installée expose à un syndrome de sevrage en cas de baisse rapide. Voyez votre médecin, et lisez notre page consacrée à l'hypnose et au sevrage alcoolique.
Le nombre de séances se définit lors du premier entretien, en fonction de votre situation. Personne ne peut vous l'annoncer avant de vous avoir rencontré.
Sources et références
Lignes d'aide
- Québec : Drogue : aide et référence, 1 800 265-2626 (ou 514 527-2626 dans la région de Montréal), gratuit, confidentiel, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7.
- Québec : Info-Social : 811, option 2.
- France : Alcool info service, 0 980 980 930, appel anonyme et non surtaxé, de 8 h à 2 h, 7 jours sur 7.
- Urgences : 911 au Québec, 15 ou 112 en France.
- En cas de détresse ou de pensées suicidaires : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) au Québec, 24 h sur 24 ; 3114 en France, gratuit et confidentiel, 24 h sur 24.
Sources
- Santé publique France, *Comment réduire les risques de la consommation d'alcool ?* : les repères de consommation à moindre risque en France.
- Centre canadien sur les dépendances et l'usage de substances, *Repères canadiens sur l'alcool et la santé* : rapport final, 2023.
- Gouvernement du Québec, *Consommation d'alcool et d'autres drogues*.
- Barnes J., McRobbie H., Dong C. Y., Walker N., Hartmann-Boyce J., *Hypnotherapy for smoking cessation*, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2019, CD001008.
- Shestopal I., Bramness J. G., *Effect of Hypnotherapy in Alcohol Use Disorder Compared with Motivational Interviewing: A Randomized Controlled Trial*, Addictive Disorders & Their Treatment, 2019, 18(3), 169-175 (doi 10.1097/ADT.0000000000000170). Essai sur trente et une personnes, résultat non significatif.
L'hypnose telle que pratiquée par les membres de Solutions Hypnose est une approche d'accompagnement complémentaire. Elle ne constitue ni un acte médical, ni un diagnostic, ni une psychothérapie au sens réglementaire, et elle ne remplace en aucun cas une consultation, un suivi ou un traitement prescrit par un professionnel de la santé.
Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles mentaux ou les maladies. Ils ne demandent jamais l'arrêt ou la modification d'un traitement en cours : cette décision relève exclusivement de votre médecin.
Aucun résultat ne peut être garanti. Les témoignages et exemples présentés sur cette page décrivent des expériences individuelles et ne préjugent pas de ce que vous vivrez.
En cas de détresse importante, de symptômes physiques inexpliqués ou de pensées suicidaires, contactez sans délai un médecin, les services d'urgence ou une ligne d'aide.
Page rédigée par David Veilleux
hypnothérapeute et coach PNL
partenaire de Solutions Hypnose.