L'aide de l'Hypnose dans le Sevrage Alcoolique
Le sevrage alcoolique est une démarche médicale, et l'hypnose n'y a aucune place.
Ce dont parle cette page, c'est ce qui vient après : les mois où le plus dur est passé et où pourtant rien n'est réglé.
Le mariage auquel il faut aller, la bouteille qu'un collègue ouvre au bureau, la fin de journée qui ne ressemble plus à rien, et la phrase qui revient : un seul, ça ne compte pas.
Ce que l'on vit après un sevrage alcoolique
Le sevrage alcoolique est une démarche médicale.
N'arrêtez jamais brutalement seul si vous buvez tous les jours. Chez une personne dépendante, l'arrêt non encadré, ou une réduction rapide, peut provoquer un syndrome de sevrage allant, dans les formes sévères, jusqu'aux convulsions et au delirium tremens, qui sont des urgences vitales.
L'arrêt est possible, et il s'organise : votre médecin, un service d'addictologie ou un centre de réadaptation en dépendance détermineront le cadre adapté, ambulatoire ou hospitalier, et le traitement nécessaire.
L'hypnose n'a aucune place dans le sevrage lui-même. Elle peut accompagner ce qui vient ensuite, en complément d'un suivi. C'est de cela que parle cette page.
Urgence : 911 au Québec, 15 ou 112 en France. Lignes d'aide au bas de la page.
Vous avez traversé les premiers jours, encadré. Vous avez tenu les premières semaines. Et maintenant vous découvrez l'autre partie du travail, celle dont personne ne vous avait parlé avec autant de détails.
Il y a aussi ce que les autres vous renvoient. Ceux qui surveillent. Ceux qui insistent. Ceux qui ont l'air déçus quand vous refusez, comme si c'était contre eux.
Si vous êtes ici, vous avez déjà fait la partie que beaucoup n'arrivent pas à faire. Ce qui reste n'est pas une question de force de caractère : c'est un travail de reconstruction de la vie quotidienne, et il se fait avec du monde autour.
Qu'est-ce que le sevrage alcoolique ?
Le sevrage désigne l'arrêt de l'alcool chez une personne dépendante, et le syndrome que cet arrêt déclenche dans l'organisme.
Il faut distinguer trois choses que le langage courant confond.
- Le syndrome de sevrage est la réaction physique à l'arrêt : tremblements, sueurs, nausées, accélération du cœur, anxiété, troubles du sommeil. Dans les formes sévères, il peut aller jusqu'aux crises convulsives et au delirium tremens, qui sont des urgences médicales. C'est pour cette raison que l'arrêt s'encadre.
- Le sevrage thérapeutique est la prise en charge de cette phase : évaluation médicale, cadre ambulatoire ou hospitalier selon la situation, traitement, surveillance. Il dure le temps qu'il faut et il ne se décide pas seul.
- L'après-sevrage, ou phase de maintien, est tout le reste : les mois et les années qui suivent, les déclencheurs, la vie sociale à reconstruire, la question de la rechute. C'est ici que l'hypnose peut avoir une place, en complément d'un suivi en addictologie.
Si vous n'êtes pas dépendant et que votre objectif est de boire moins, la page utile est L'Hypnose pour Réduire sa Consommation d'Alcool.
Le suivi après sevrage n'est pas une précaution facultative.
C'est la partie du parcours qui décide de la suite. Les traitements d'aide au maintien de l'abstinence, quand ils sont indiqués, relèvent d'une prescription et d'une surveillance médicale. Toute décision concernant votre traitement appartient exclusivement au médecin qui vous l'a prescrit, et nous ne vous demanderons jamais de l'arrêter ni de le modifier.
L'impact de l'après-sevrage au quotidien

Les difficultés de l'après-sevrage ne ressemblent pas à celles du sevrage. Il y a le sommeil, qui met longtemps à se réorganiser. Il y a l'humeur, souvent instable pendant des semaines. Il y a les émotions qui reviennent sans filtre, parce que l'alcool en amortissait une partie depuis des années, et que la colère, la tristesse ou l'ennui se présentent d'un coup à visage découvert. Il y a la vie sociale, qui se réduit parfois brutalement quand une partie des relations était organisée autour du verre. Il y a le travail, avec ses pots et ses déjeuners. Il y a les proches, dont la vigilance est bienveillante et pesante. Et il y a le temps libre, qui apparaît en grande quantité et qu'il faut apprendre à remplir.
Chacun de ces points est un déclencheur possible. Les nommer à l'avance vaut mieux que de les découvrir un samedi soir.
Les approches reconnues en dehors de l'hypnose
Le point d'entrée et le pilier, c'est le suivi médical et addictologique. Il ne s'arrête pas avec la fin du sevrage ; c'est même là qu'il devient le plus utile.
- Les consultations d'addictologie et les centres de réadaptation en dépendance, qui assurent le suivi au long cours. Au Québec, chaque région dispose d'un centre de réadaptation en dépendance accessible via le CLSC ou le 811.
- Les traitements d'aide au maintien de l'abstinence, prescrits et surveillés par un médecin.
- La psychothérapie, notamment les thérapies cognitives et comportementales, dont la prévention de la rechute est un domaine bien établi.
- Les groupes d'entraide, Alcooliques anonymes et autres, qui figurent parmi les approches les mieux appuyées pour le maintien de l'abstinence, et dont l'apport principal est de rompre l'isolement.
- Le soutien de l'entourage, et parfois un accompagnement pour l'entourage lui-même, qui traverse aussi quelque chose.
- Les lignes d'écoute gratuites et anonymes, listées au bas de cette page, y compris pour les moments où appeler quelqu'un qu'on connaît est impossible.
L'hypnose se place en complément de ce dispositif, sur le versant des automatismes, des émotions et de la confiance.
Ce qu'un accompagnement en hypnose peut viser
Commençons par ce que l'hypnose ne fait pas, et cette liste compte plus que la suivante.
Elle ne remplace pas le sevrage médical et n'intervient pas pendant celui-ci. Elle ne remplace ni un suivi en addictologie, ni un traitement, ni un groupe d'entraide. Elle ne protège pas de la rechute et ne peut rien garantir à ce sujet. Elle ne vous dégoûtera pas de l'alcool : nous n'utilisons aucune suggestion d'aversion. Et elle ne vous endort pas ni ne vous fait rien faire contre votre gré.
Ce qu'un accompagnement vise, avec l'accord de l'équipe qui vous suit :
- Repérer et désamorcer les déclencheurs : un lieu, une heure, une personne, une émotion, une odeur. Les nommer à l'avance et préparer ce qui se passe quand ils se présentent.
- Traverser une émotion sans substance. C'est le cœur du travail : l'alcool a longtemps rendu ce service, et il faut que d'autres ressources le rendent à leur tour.
- Apaiser l'anxiété et les difficultés de sommeil qui accompagnent souvent les premiers mois.
- Reconstruire un regard sur soi qui ne soit pas organisé autour de la honte, parce que la honte est un carburant de rechute et non un frein.
- Préparer les situations à risque identifiées : un mariage, des vacances, un départ à la retraite, un deuil, un changement de rythme.
Sur la rechute
Une rechute n'est pas un effondrement moral ni la preuve que rien n'a servi. Dans les parcours de dépendance, elle est fréquente, souvent traversée plusieurs fois, et elle fait partie de ce que les équipes soignantes anticipent explicitement.
Ce qui distingue les trajectoires, ce n'est pas l'absence de rechute : c'est ce qui se passe dans les heures et les jours qui suivent. Un verre repris peut rester un épisode, ou redevenir une habitude, et ce qui fait basculer d'un côté ou de l'autre est presque toujours la même chose : le silence. Prévenir quelqu'un rapidement, reprendre contact avec l'équipe qui vous suit, appeler une ligne d'écoute la nuit même : ces gestes-là changent la suite.
Si cela vient de vous arriver, ce n'est pas le moment de disparaître. Les numéros sont au bas de cette page.
Ce que dit la recherche
Il faut être direct : la recherche sur l'hypnose et l'alcool est rare et ne permet pas de conclure.
Un essai randomisé norvégien publié en 2019 a comparé des séances d'hypnose ericksonienne à l'entretien motivationnel chez des personnes hospitalisées pour un trouble de l'usage d'alcool, dans le cadre d'un programme de soins par ailleurs intensif. Trente et une personnes y ont participé, ce qui est beaucoup trop peu pour trancher. Les deux groupes ont réduit leur consommation, et l'écart en faveur de l'hypnose à un an n'a pas atteint le seuil de signification statistique. Les auteurs relèvent que seuls deux essais contrôlés randomisés existaient alors sur cette question, et envisagent eux-mêmes plusieurs lectures de leur résultat, dont celle où ni l'hypnose ni l'entretien motivationnel n'ajoutent grand-chose au programme de soins lui-même.
Une revue Cochrane consacrée à l'hypnothérapie pour l'arrêt du tabac aboutit à une conclusion comparable : les données ne permettent pas d'établir une supériorité sur d'autres approches comportementales, et si un bénéfice existe, il est au mieux modeste.
Notre position en découle directement. Ce qui est documenté dans la dépendance à l'alcool, ce sont les prises en charge d'addictologie. Nous proposons l'hypnose comme un appui possible à l'intérieur de ce cadre, et nous préférons l'écrire que de citer des travaux qui ne disent pas ce qu'on leur fait dire.
Un exemple d'accompagnement : le cas de Gérard

Gérard est venu consulter après de longues années d'abstinence, sans rechute. Ce n'était pas le passé qui l'amenait : c'était son départ à la retraite, trois mois plus tard. Toute son organisation quotidienne, horaires, trajets, repères, allait disparaître d'un coup, et il savait que sa consommation, autrefois, s'installait dans les périodes sans structure. Le travail a porté sur ce changement de rythme : ce qu'il voulait réellement faire de ces journées, et ce qui remplacerait les repères qui tombaient. Son suivi médical, lui, n'a pas été interrompu ; nous avons travaillé à côté, pas à la place.
> « Je ne suis pas venu parce que ça allait mal. Je suis venu parce que je voyais arriver quelque chose et que je préférais m'y préparer. » > Gérard, prénom modifié
*Chaque situation est différente. Le cheminement de Gérard lui appartient et ne préjuge en rien de ce que vous vivrez.*
Le déroulement d'une séance sur ce sujet
L'entretien. Où vous en êtes dans votre parcours, qui vous suit, quels traitements sont en cours, et depuis quand. Si vous n'êtes pas encore entré dans une démarche de soins, ou si votre consommation est toujours quotidienne, nous vous orienterons vers un médecin ou un service d'addictologie avant toute chose : l'hypnose ne se substitue pas à cette étape, et nous ne la commencerons pas à sa place.
L'objectif. Formulé ensemble, et toujours modeste et concret. Par exemple : traverser un mariage de famille, retrouver un sommeil moins haché, ou préparer une période dont vous savez qu'elle sera difficile.
L'induction. Un état naturel d'attention focalisée que vous connaissez déjà. Vous restez conscient, vous entendez tout, vous pouvez parler et vous arrêter quand vous le souhaitez.
Le travail. Sur ce sujet, il porte le plus souvent sur les déclencheurs identifiés, sur les ressources permettant de traverser une émotion sans substance, sur l'apaisement de l'anxiété, et sur la préparation de situations précises. Aucune suggestion d'aversion n'est utilisée.
Le retour et l'exercice. Un échange sur ce que vous avez vécu, et un exercice d'autohypnose à emporter, souvent conçu pour les moments où l'envie monte et où personne n'est joignable.
Le nombre de séances se définit lors du premier entretien. Les rencontres fonctionnent en cabinet comme en visioconférence.
Prendre rendez-vous

En complément de votre suivi, jamais à sa place. Une question avant de vous décider ? Écrivez-nous : une réponse claire, y compris « ce n'est pas le bon moment pour nous », fait partie du travail. Vous pouvez aussi prendre rendez-vous directement. Toute l'équipe de Solutions Hypnose reçoit à Montréal, Québec, Laval, Sherbrooke, Gatineau, Paris, Lille, Montpellier, Strasbourg et Casablanca, et par vidéo où que vous soyez dans le monde. Le nombre de séances se définit lors du premier entretien.
Pour le cadre commun à toutes ces questions, notre page L'Hypnose pour l'Alcool et la Réduction de la Consommation réunit ce que l'hypnose peut et ne peut pas, et les situations où la première étape est un médecin.
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Questions fréquentes sur l'aide de l'Hypnose dans le Sevrage Alcoolique
Non, en aucun cas. Chez une personne dépendante, l'arrêt de l'alcool peut provoquer des complications graves et doit être encadré médicalement. Aucun praticien ne devrait vous proposer d'arrêter sous hypnose sans suivi médical. L'hypnose intervient après, en complément.
Non. L'état hypnotique est un état d'attention focalisée, pas un sommeil ni une mise sous influence : les travaux disponibles ne montrent pas de perte de contrôle sur ses propres actes, et une personne à qui l'on dit qu'elle peut résister à une suggestion y résiste effectivement. Vous restez conscient, vous entendez tout, et vous gardez à tout moment la capacité de refuser une suggestion, de parler ou d'interrompre la séance.
Oui. L'hypnose est une approche non médicamenteuse qui s'ajoute à votre suivi sans interférer avec lui. Dites-nous ce que vous prenez lors du premier entretien. Toute décision concernant votre traitement appartient exclusivement au médecin qui vous l'a prescrit : nous ne vous demanderons jamais de l'arrêter ni de le modifier, même si tout va bien.
La psychothérapie est un cadre réglementé, exercé par des professionnels dont le titre est protégé, et qui peut porter sur l'ensemble du fonctionnement psychique et sur des troubles constitués. L'hypnose telle que nous la pratiquons est un accompagnement plus circonscrit, centré sur un objectif précis et sur les automatismes qui s'y rattachent. Dans la dépendance à l'alcool, l'addictologie reste la référence.
Non, et nous ne le cherchons pas. Les suggestions d'aversion ne font pas partie de notre pratique : l'idée a été essayée dès les années 1950 et testée dans des essais contrôlés qui n'ont montré aucun avantage sur les prises en charge habituelles. Elle installe un rapport de force qui ne tient pas dans le temps.
Une rechute est fréquente dans ces parcours et ne remet pas en cause ce qui a été construit. Le geste utile est immédiat : prévenir quelqu'un, reprendre contact avec l'équipe qui vous suit, ou appeler une ligne d'écoute le soir même. Si la consommation quotidienne a repris, un avis médical est nécessaire avant tout nouvel arrêt.
Probablement pas. Voyez plutôt notre page sur l'hypnose pour réduire sa consommation d'alcool, ou, pour une pause d'essai, celle consacrée au Dry January.
Le nombre de séances se définit lors du premier entretien, en lien avec le reste de votre suivi. Personne ne peut vous l'annoncer avant de vous avoir rencontré.
Sources et références
Lignes d'aide
- Québec : Drogue : aide et référence, 1 800 265-2626 (ou 514 527-2626 dans la région de Montréal), gratuit, confidentiel, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7.
- Québec : Info-Social : 811, option 2 ; le centre de réadaptation en dépendance de votre région, via votre CLSC.
- Québec : Alcooliques anonymes, entraide entre pairs, partout dans la province.
- France : Alcool info service, 0 980 980 930, appel anonyme et non surtaxé, de 8 h à 2 h, 7 jours sur 7.
- Urgences : 911 au Québec, 15 ou 112 en France.
- En cas de détresse ou de pensées suicidaires : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) au Québec, 24 h sur 24 ; 3114 en France, gratuit et confidentiel, 24 h sur 24.
Sources
- Gouvernement du Québec, *Consommation d'alcool et d'autres drogues* : information officielle sur les effets, la dépendance et les ressources.
- Alcool info service (Santé publique France) : information, orientation et entretiens avec des professionnels.
- Barnes J., McRobbie H., Dong C. Y., Walker N., Hartmann-Boyce J., *Hypnotherapy for smoking cessation*, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2019, CD001008.
- Shestopal I., Bramness J. G., *Effect of Hypnotherapy in Alcohol Use Disorder Compared with Motivational Interviewing: A Randomized Controlled Trial*, Addictive Disorders & Their Treatment, 2019, 18(3), 169-175 (doi 10.1097/ADT.0000000000000170). Essai sur trente et une personnes, résultat non significatif.
L'hypnose telle que pratiquée par les membres de Solutions Hypnose est une approche d'accompagnement complémentaire. Elle ne constitue ni un acte médical, ni un diagnostic, ni une psychothérapie au sens réglementaire, et elle ne remplace en aucun cas une consultation, un suivi ou un traitement prescrit par un professionnel de la santé.
Nos praticiens n'évaluent pas et ne traitent pas les troubles mentaux ou les maladies. Ils ne demandent jamais l'arrêt ou la modification d'un traitement en cours : cette décision relève exclusivement de votre médecin.
Aucun résultat ne peut être garanti. Les témoignages et exemples présentés sur cette page décrivent des expériences individuelles et ne préjugent pas de ce que vous vivrez.
En cas de détresse importante, de symptômes physiques inexpliqués ou de pensées suicidaires, contactez sans délai un médecin, les services d'urgence ou une ligne d'aide.
Page rédigée par Jean-Marie Balestrat
hypnothérapeute et coach PNL
partenaire de Solutions Hypnose.